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Frédéric Pellerin : 100% analogique
Musique

Frédéric Pellerin : 100% analogique

Le chanteur des Madcaps, Frédéric Pellerin, vient de lancer son premier album en solo. Entrevue avec celui qui se fait appeler Rico.

Ça fait déjà deux ans que Frédéric Pellerin planche plus sérieusement sur They Call Me Rico, son projet solo. Vraiment solo, puisqu’il y joue le rôle d’homme-orchestre.

"Être seul permet de contrôler les dynamiques. De faire les choses que tu veux, quand tu veux. Et le contact avec le public est plus facile. Par contre, si tu te plantes, t’es tout seul, laissé à toi-même, soulève-t-il. C’est beaucoup de travail, mais c’est un beau défi."

They Call Me Rico oscille entre le folk et le blues. "C’est posé, plus acoustique. La voix devient l’élément principal."

Les influences du blues des années 30 à 50 sont palpables. "Je retourne aux sources. Quand j’étais jeune, j’écoutais de vieux vinyles de mes parents qui traînaient chez nous, dont les interprètes reprenaient de vieux bluesmen." L’album homonyme de They Call Me Rico comporte 14 titres à la fois bruts et éclatés, alternant entre pièces originales et réinterprétations. "Je veux transmettre la musique des années passées. Je n’ai pas choisi de chansons connues, car je ne veux pas tirer profit du succès des autres. C’est un peu ça la démarche blues et country traditionnelle", explique Frédéric Pellerin.

CHANGEMENT DE CASSETTE

En réaction à la musique formatée et à la recherche d’un son plus authentique, le musicien a enregistré son matériel sur des bobines magnétiques à huit pistes. "C’est enregistré live, en temps réel. C’est mixé, mais sans retouches. Ça n’a pas été trafiqué."

Selon lui, le ruban magnétique offre une pureté, une chaleur dans le son qu’on ne retrouve pas sur les supports numériques. Numérisé à la dernière minute, son album est offert en formats CD, vinyle, et… cassette!

Selon Frédéric Pellerin, on assiste présentement à un renouveau de la cassette, en particulier dans le milieu de la musique noise, underground et industrielle. "Une cassette est un objet moins cher qu’un CD, et un peu plus culte. Puis, c’est drôle, la cassette offre un côté musique de route, un peu trucker, que je trouvais sympathique." Un code de téléchargement de l’album est offert à l’achat des formats vinyle et cassette.

Le Trifluvien d’origine a lancé son album le 18 octobre dernier au Gambrinus. "C’est une façon de saluer le fait que je viens de là. Et puis ça démarre toujours bien de faire ça devant la famille et les amis", explique celui pour qui c’est devenu une tradition de débuter par la cité de Laviolette. "On l’a fait quelques fois avec Madcaps." Pour l’occasion, il était accompagné sur scène du guitariste Nicolas Grimard (Caïman Fu), du bassiste Dominic Laroche (Steve Hill & The Majestiks), de l’harmoniciste Christian Vézina et du trio vocal Triaz.

À l’aube du 15e anniversaire d’existence du groupe Madcaps, le chanteur assure qu’il ne délaissera pas son groupe montréalais, loin de là. "Madcaps, c’est la base. J’y reviens toujours! En fait, les deux projets se complètent plutôt bien."

They Call Me Rico
They Call Me Rico
(Voxtone Records)