

Megadeth : Retour aux sources
Megadeth n’est pas superstitieux et continue d’écrire son histoire avec un 13e album tout simplement nommé Thirteen. Que pourrait-il bien arriver de grave à un groupe qui a déjà survécu à tout?
Antoine Léveillée
Depuis deux ans, la formation Megadeth écrit un nouveau chapitre de son histoire déjà très rock’n’roll. Le retour du bassiste et membre fondateur David Ellefson (après sept ans d’absence, une cure et quelques poursuites judiciaires) aux côtés de Dave Mustaine y est pour quelque chose. Le 20e anniversaire de l’album fétiche Rust in Peace a été souligné avec une tournée en 2010 et le groupe, qui a connu son lot de déboires, a renoué avec l’équilibre et le studio pour nous présenter l’album Thirteen à l’automne 2011, premier album pour le bassiste avec Megadeth depuis The World Needs a Hero.
Ellefson ne fait pas trop d’histoires autour de ce retour inespéré. Revenir au sein de Megadeth était, semble-t-il, tout ce qu’il y avait de plus naturel pour l’artiste. Même la sortie de l’autobiographie Mustaine: A Heavy Metal Memoir n’a pas jeté d’huile sur le feu ni même réveillé quelques vieilles discordes. "Dave m’en parlait souvent avant la tournée anniversaire de Rust in Peace, précise Ellefson. Il m’avait déjà envoyé quelques passages qui me concernaient afin d’avoir mon opinion et ainsi s’assurer qu’il n’y aurait pas de malentendus. Dave est bourré de talent pour raconter des histoires! Pour être franc, je n’ai pas lu le livre d’un seul trait; je l’ai gardé sur ma table de chevet tout au long de la tournée et j’en ai lu quelques extraits. C’est toujours pareil: quelqu’un raconte une histoire et l’autre a sa propre version des faits. Mais ce livre n’est pas seulement l’histoire de Megadeth, c’est surtout l’histoire de Dave. Il a eu toute la liberté pour la raconter et c’est ce qui compte."
Le retour à la création du tandem Mustaine-Ellefson a réveillé quelques bons souvenirs. Lorsqu’ils ont concocté Thirteen, les musiciens ont décidé de retourner dans les archives du groupe et d’en extraire quelques maquettes afin de composer un album qui fait écho à leurs classiques des années 80 et 90. "Millenium of the Blind, par exemple, me rappelait l’époque où Marty Friedman et Dave s’échangeaient les solos en studio. Il y a eu quelques moments magiques! À cette époque, on composait vraiment en groupe et on s’échangeait des idées. Nick Menza [à la batterie jusqu’en 1998] avait une grande influence sur l’élaboration de certaines chansons. À titre d’exemple, la pièce Hangar 18 [sur Rust in Piece] et New World Order, qu’on trouve sur Thirteen. En fait, Nick était passionné par les histoires de paranos, c’était le conspirationniste du groupe!" souligne-t-il en riant.
La maturité est maintenant au rendez-vous dans le groupe, qui se retrouve à la tête du Gigantour en compagnie de Motörhead. Mais malgré la fin des excès en tout genre, quelques traits de caractère ne changent pas. "La méthode Megadeth reste la même et se résume en deux mots: fast and furious. Thirteen, c’est ça! En 10 semaines, tout était fait, comme pour Peace Sells… But Who’s Buying? il y a plus de 30 ans. Lorsqu’on est sous pression, il y a un sentiment d’urgence. C’est direct, c’est brutal et souvent, ça donne du bon travail."