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Musique

O Linea : La société des loisirs

Avec Distractions, son quatrième album, la formation rock O Linea s’amuse ferme en livrant un disque à mi-chemin entre l’artisanat et la gastronomie.

Deux ans après La bête de l’homme, un brûlot particulièrement éclaté, O Linea revient à la charge avec Distractions, un album résolument plus rock que punk. «Je suis content qu’on n’ait pas joué safe avec ces chansons», confie d’emblée Julien Vézina, chanteur et principal compositeur du projet, faisant référence aux premiers disques du groupe classés – bien malgré O Linea – dans le sillon punk rock. «J’ai senti qu’on voulait nous faire marcher dans un sentier déjà tracé, alors que mes influences musicales, elles, sont beaucoup plus variées», ajoute-t-il en pointant les attentes de certains mélomanes.

Et ça s’entend sur Distractions. Ton mur de lamentations, la pièce d’ouverture, en témoigne tout spécialement alors qu’O Linea s’adonne à un rock aussi carré qu’harmonique précédé d’un préambule… vaguement country. «Y a une chose qui m’obsède: je ne veux pas refaire la même chanson, encore moins le même album», glisse Vézina quand on l’interroge sur la palette sonore de l’œuvre. «La composition, pour moi, c’est comme de l’artisanat: je m’enferme dans ma chambre et je me fais du fun. Répondre à des commandes, comme faire “du bon vieux O Linea”, ne m’amuserait pas autant. Ça m’emmerderait. D’où le fait que je tente de prendre des avenues différentes», fait-il valoir avant d’y aller d’une comparaison plus gastronomique. «C’est comme faire du sucre à la crème à la maison, en fait! Je le fais pour moi avant tout.»

Troisième parution dans la discographie d’O Linea – quatrième, en fait, si on compte le détour anglophone Straight Line Strategy –, Distractions est le premier album à avoir été enregistré dans les règles de l’art: en studio et en compagnie d’un réalisateur expérimenté en la personne de Jérôme Boisvert (qui a également collaboré avec Les Trois Accords et Rouge Pompier par le passé). «Ça a amené un certain relâchement. On ne voulait pas se casser la tête», tranche Vézina, indiquant que plusieurs facettes de la production ont été léguées au nouveau venu. Libéré de ces obligations, le collectif s’est lancé à tombeau ouvert. «Ça a aussi mené à une création plus spontanée», précisera le chanteur par la suite.

Plus que 37 galettes!
Quatuor qui soulignait son dixième anniversaire l’année dernière, O Linea explique sa longévité par… son manque d’ambition. «On ne s’est jamais fixé de buts à la “ça, c’est le style d’album qu’on doit faire” ou “ça, c’est le genre de concert qu’on doit livrer”. On ne s’est donc jamais dit: “Si on ne vend pas tel nombre d’exemplaires, on stoppe tout!”» Puis, Vézina s’arrête et se reprend, annonçant un objectif en apparence farfelu, mais qui n’est finalement pas si con que ça. «On blague souvent qu’on fera 40 CD. C’est un peu niaiseux, mais ça repousse notre deadline à une date tellement ultérieure qu’on ne l’atteindra jamais. En attendant, on s’amuse!»

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