The Menzingers en concert à Montréal : Tailler sa place
Musique

The Menzingers en concert à Montréal : Tailler sa place

La sensation punk rock The Menzingers poursuit sa tournée ainsi que son cheminement dans la cour des grands.

C’est un scénario maintes fois répété: des instrumentistes d’un bled perdu se retrouvent et forment un groupe. Des dizaines de chansons et des milliers de kilomètres plus tard, le projet est accueilli à bras ouverts par une étiquette de disques réputée. Là où l’histoire surprend, c’est par le choix des acteurs: le label est Epitaph (Weezer, Pennywise, Social Distortion, etc.), le patron est Greg Graffin (leader de Bad Religion reconnu pour sa grande gueule et non pas ses accolades) et le quatuor est The Menzingers, un escadron punk rock de Scranton en Pennsylvanie, ville davantage associée à la version américaine de The Office, où la série est campée, qu’à un terreau riche en musique décapante.

«Honnêtement, je ne sais toujours pas où nous en sommes», lance Greg Barnett, chanteur du collectif alors coincé dans une camionnette de tournée roulant vers Richmond, en Virginie. «Je crois que l’on s’insère bien dans cette communauté – on peut maintenant dire que nous sommes “amis” avec Greg Graffin, ce qui est quand même épatant –, et à l’image des artistes qu’on vénérait il y a des années et avec lesquels on joue maintenant en concert, j’espère qu’on arrivera à se tailler une place, mais surtout qu’on y parviendra en faisant les choses à notre façon», ajoute-t-il en faisant référence, notamment, aux Bouncing Souls – qui accompagnaient The Menzingers au Pouzza Fest l’année dernière – et à Hot Water Music, qui ramènera le quatuor de Scranton à Montréal dans quelques jours à peine.

Sans pression

Bien qu’actifs depuis 2006, The Menzingers se sont surtout fait remarquer du grand public l’année dernière, dès la parution d’On the Impossible Past, leur troisième album – le premier sous étiquette Epitaph –, qui a profité d’un accueil dithyrambique de la part des mélomanes et des médias (le portail Metacritic – qui collige les critiques musicales de plusieurs publications – lui donne d’ailleurs une note de 93%). Un an plus tard, le collectif demeure satisfait. «Souvent, lorsqu’on est musiciens, on va justement repenser à des œuvres antérieures et se dire: “Je changerais bien un détail ici et là”, mais ce n’est vraiment pas le cas ici en ce moment», affirme Barnett avant d’ajouter qu’«en prime, c’est toujours aussi agréable de l’interpréter sur scène».

Ce succès d’estime et populaire n’est toutefois pas sans conséquence. En plus des fans déjà conquis, The Menzingers doivent maintenant se frotter à des foules de plus en plus nombreuses. «Ce qui fait que les attentes du public sont maintenant vraiment élevées, confie le chanteur. La clé est de ne pas trop s’en soucier, toutefois, afin de ne pas réagir à ça de façon extravagante, sans lien avec ce qu’on faisait sur scène ou sur disque auparavant. Mais ça demeure quand même excitant, donc positif!» Un bon buzz, quoi.