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Musique

Avec pas d’casque : Avec du talent

À l’orée d’un concert fort attendu – et de son dixième anniversaire –, Avec pas d’casque revient sur la création de sa plus récente œuvre, la notion de succès et des histoires de serveuses.

Malgré une année 2012 «grand V» – pour reprendre l’expression du chanteur et cinéaste Stéphane Lafleur – ponctuée de prestations courues et de la parution d’un CD apprécié autant par les mélomanes que par la critique et l’industrie (Astronomie a été récompensé au Gala de l’ADISQ ainsi qu’au GAMIQ), les gaillards derrière le quatuor folk demeurent toujours aussi modestes en abordant le projet. «On m’accuse souvent de fausse humilité, mais ça prend du temps à constater [l’engouement] lorsque tu es à l’intérieur du band.» Comme si ce n’était pas assez, l’effervescence entourant Dommage que tu sois pris, un mini-album dévoilé plus tôt ce mois-ci, met à nouveau à l’épreuve la bonhomie du collectif. 

Poésie de fonds de tiroirs 

Disque ponctué de chansons déjà appréciées en concert, mais finalement mises de côté à l’époque de la création du fameux Astronomie, Dommage que tu sois pris a notamment permis à Avec pas d’casque de «vider ses tiroirs». «Ce ne sont pas des chansons mal aimées, précise Lafleur. Elles ne cadraient tout simplement plus dans le contexte d’Astronomie qui, sans être un album-concept, avait quand même une couleur particulière», fait-il valoir par la suite tout en indiquant que le temps limité pour terminer l’œuvre a aussi influencé la sélection… tout comme les commentaires des fans du groupe. «Dans le lot de chansons Dommage que tu sois pris, il y en a qu’on joue souvent en concert et pour lesquelles on se faisait demander quand on allait les enregistrer… et pourquoi elles n’étaient pas sur Astronomie

Du succès au souper 

Alors que la troupe rejoint autant le grand public que les mélomanes de l’underground, le succès est finalement quantifiable pour Avec pas d’casque. «On reçoit davantage de courriels!» plaisante Lafleur. Et son collègue Mathieu Charbonneau (aussi actif au sein des Luyas) d’ajouter: «On prévoit engager un ami à cet effet. Sa job sera de répondre “non” et il sera payé à la réponse!» Puis, Stéphane reprend son sérieux. «C’est drôle, le rapport qu’on a avec “le succès” – pis là, tu peux écrire que je mime les guillemets avec mes doigts –, mais je me rappelle un concert à l’extérieur. On mangeait au restaurant tout près de la salle de spectacle et la serveuse nous a demandé si on était le groupe qui jouait en soirée. Évidemment, elle n’avait jamais entendu parler de nous et nous a répondu: “Alors vous attendez que ça fonctionne? Lâchez pas en tout cas!” C’est quoi notre objectif en fin de compte? Faire des shows? Si c’est faire des shows dans une salle qui peut accueillir 100 spectateurs et que t’arrives presque à la remplir, est-ce que tu seras plus content de jouer ensuite dans une salle qui peut en accueillir 750? Peut-être, peut-être pas. Nous, on apprécie ce qu’on a.» 

Camaraderie à carreaux 

Près de 10 ans après la formation du duo par Lafleur et Joël Vaudreuil, devenu trio, puis quatuor avec le recrutement de Nicolas Moussette et de Mathieu Charbonneau, le meilleur demeure à venir pour les sans casque. «Tu sais, tous les bands ont des hauts et des bas, mais pour ce groupe-là, chaque show semble être l’affaire la plus le fun au monde dans le moment présent. Idem pour les répétitions. Ça crée un environnement de créativité hyper ouvert, où n’importe quoi pourrait arriver!» fait valoir Charbonneau. Et Lafleur de conclure: «C’est niaiseux, mais j’ai hâte d’entendre ce qui s’en vient pour le band! J’ai hâte de savoir où on s’en va avec ça!»

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