Quasar : Par tous les bouts
Musique

Quasar : Par tous les bouts

Le quatuor de saxophones Quasar se joue des règles et souffle dans son instrument par tous les bouts dans De Bach à Zappa

Des quatuors à cordes, on en croise à tous les coins de rue (et dans tous les cinq à sept de chambre de commerce). Des quatuors vocaux, on en a entendu un et un autre et un autre. Mais des quatuors de saxophones? Ce genre de formations appartenait, croyait-on, à un monde fantasmatique où Kenny G est adulé de tous. «C’est une formation qu’on ne voit pas tant que ça, en effet, mais il y en a un peu partout dans le monde. C’est une formation standard, quoi», assure pourtant Marie-Chantal Leclair qui souffle dans un sax soprano aux côtés de Mathieu Leclair (sax alto), André Leroux (sax ténor) et Jean-Marc Bouchard (sax baryton) au sein de Quasar.

Les quatre musiciens, qui ont en 1994 fait vœu de répandre la bonne nouvelle de la musique contemporaine, ouvrent la porte sur un répertoire tristement méconnu dans De Bach à Zappa (les deux génies balisant leur univers), spectacle/mise en bouche permettant aux néophytes de se frotter, sous le signe du ludisme, aux œuvres de compositeurs d’ici, dont Leclair parle avec passion. «Les gens connaissent peu la richesse de nos compositeurs, pourtant il y en a beaucoup et ils sont bons. C’est notre terroir. Je discutais avec quelqu’un récemment qui me disait: "Moi, je trouve important de faire découvrir les fromages québécois." Elle se réjouissait, à juste titre, qu’on mange plus que du P’tit Québec. On devrait penser la même chose quand il est question de musique.» Créées en laboratoire spécialement pour le quatuor, les pièces de Michel Frigon et Gilles Tremblay côtoieront des extraits de L’art de la fugue de Bach et des retranscriptions pour anches de Zappa pendant ce concert à l’image de l’éclectisme de Quasar, aperçu autant aux côtés d’orchestres symphoniques qu’en compagnie de DJ électros. 

Beau saxo

Loin de porter le lourd poids de la tradition qui pèse sur les épaules du piano ou du violon, l’instrument jeune depuis 1846 qu’est le saxophone suppose un vaste monde de possibles ne demandant qu’à être conquis par les libres penseurs de Quasar. «Le terrain d’exploration est très ouvert, de plus en plus de compositeurs écrivent pour cet instrument-là. C’est notre trip d’imaginer de nouvelles façons de jouer du saxophone. Dans la pièce de Michel Frigon Geyser Ghetto, qui fait écho musicalement au phénomène des geysers, on enlève les becs des instruments, on fait des bruits de souffle dans les tuyaux, on fait résonner l’instrument de manière différente. On l’explore par tous les bouts.»

Récemment réhabilité en musique pop grâce aux efforts plus ou moins ironiques de Bon Iver, Destroyer et autres Peter Peter, le saxophone, longtemps synonyme de Muzak ou de trame sonore pour porno cheap, tire sa singularité de sa capacité d’adaptation, estime Leclair. «C’est un instrument très physique. Le saxophone, c’est la respiration, la vibration, l’agilité. C’est la puissance des cuivres et la virtuosité des bois réunies.»

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