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Alice In Chains : De la viande et des muscles
Musique

Alice In Chains : De la viande et des muscles

Selon Jerry Cantrell d’Alice In Chains, l’un des aspects les plus satisfaisants liés au fait d’avoir une longue carrière, c’est de voir son public se renouveler.

Lors de sa parution en mai dernier, le cinquième album d’Alice In Chains, The Devil Put Dinosaurs Here, s’est hissé à la deuxième position du top 200 du palmarès canadien de Billboard. Bien sûr, on pourrait affirmer que cet accueil positif est dû au fait qu’Alice In Chains est un groupe phare des années 1990 et de la scène grunge, mais ça n’explique pas tout: «Il y a une part de chance dans la longévité d’un groupe. Heureusement, on a eu la chance de créer une musique qui semble signifier quelque chose pour beaucoup de gens, et qu’ils l’ont transmise à leur tour. La musique, c’est quelque chose qu’on fait circuler, qu’on propage autour de soi», répond le guitariste et chanteur Jerry Cantrell pour expliquer le fait qu’il voit des gens de tous les âges aux concerts du groupe qu’il a cofondé en 1987 avec le chanteur Layne Staley, décédé en 2002.

Des débuts du groupe à son retour sur scène en 2005 et après l’arrivée du chanteur William DuVall, on peut dire qu’Alice In Chains en a vu de toutes les couleurs, ne serait-ce qu’en matière de changements technologiques: «C’est vrai que l’industrie de la musique a beaucoup changé, mais je ne peux pas dire que les choses ne vont pas aussi bien qu’avant, car j’ai moi-même fait partie d’un mouvement où la musique et l’industrie ont changé. Le fait que ça me soit arrivé veut dire que ça va se produire à nouveau. Peut-être que les opportunités ne sont plus ce qu’elles étaient; peut-être que la valeur de la musique diminue et que c’est plus difficile pour les jeunes groupes. Mais encore, le fait que je sois passé à travers veut dire que d’autres vont y arriver aussi. Chaque génération a ses propres défis à relever», estime le musicien.

En ce qui concerne l’impact d’Internet et des réseaux sociaux sur les groupes, son opinion est plus mitigée: «C’est génial d’être facilement en contact avec les gens, mais en même temps, je me dis parfois qu’on se porterait peut-être mieux si on n’était pas toujours aussi impliqués dans la vie des autres. Mais bon, qui suis-je pour dire ce qui est bien ou pas?»

Sur The Devil Put Dinosaurs Here, le quatuor, qui comprend aussi le batteur Sean Kinney et le bassiste Mike Inez, maintient le cap avec un rock pesant défini par son caractère lugubre. Cantrell affirme que ça fait 25 ans qu’on lui demande si le style de musique d’Alice In Chains reflète la personnalité de ses membres: «La musique est une forme d’art qui est à la fois délibérée et naturelle. D’un accord tacite, j’imagine, on a choisi une voie directe, sans fioritures et sans gras. Juste de la viande et des muscles. Ç’a toujours été notre marque de fabrique. Cela dit, la forme d’art ne définit pas la personne et il suffit de nous côtoyer pendant 10 minutes pour comprendre à quel point on aime s’amuser. C’est lorsqu’il est question de musique qu’on reprend notre sérieux.»