Dossier municipal : D'autres quartiers des spectacles
Dossier municipal

Dossier municipal : D’autres quartiers des spectacles

Après le Plateau et le Mile-End, on constate un engouement particulier pour l’offre culturelle d’Hochelaga-Maisonneuve. Bref retour sur cette effervescence. 

Quelques semaines après le concert de Joseph Edgar donné à l’Espace Public dans le cadre de la cinquième édition de l’événement multiculturel Zone Homa, un autre événement d’envergure se trame déjà: un nouveau festival musical, Hochelaga BAR-B-Q, se tiendra dans le même quartier les 20 et 21 septembre. Pour Pierre Larivière, agent culturel à la Maison de la culture Maisonneuve (située où ça? Rue Ontario!), ce feu roulant d’activités dans Hochelaga n’a rien de surprenant.

«C’est là depuis longtemps, en fait. Coup de cœur francophone est né dans le quartier, au Cégep Maisonneuve. Il y a Orgues et Couleurs, il y a les Petits Bonheurs ainsi que plein d’autres festivals et activités qui sont issus d’Hochelaga-Maisonneuve.» Selon le principal intéressé, la promotion de la programmation étonnante de l’Esplanade du Parc olympique (où food trucks, Kent Nagano et le groupe punk-rock Pennywise se côtoient) ne serait pas étrangère à ce regain d’intérêt qui demeure louable.

«C’est toujours un peu difficile, à moins de jouer la carte du secteur défavorisé qui se prend en main, etc.», poursuit M. Larivière. «Si on ne met de l’avant que l’offre culturelle, je crois qu’il y aura toujours des préjugés défavorables par rapport à l’offre au centre-ville. On a presque les mêmes problèmes que des secteurs éloignés comme Rivière-des-Prairies ou encore les régions!»

Malgré les projecteurs braqués sur le Quartier des spectacles, M. Larivière constate un renouveau auprès du public, formé de nouveaux résidents d’Hochelaga-Maisonneuve parfois plus fortunés qui investissent davantage dans l’offre culturelle de l’arrondissement. «Le quartier évolue et change. Pour y être né et y avoir vécu depuis plus de 30 ans, je dirais qu’on parle plus de mixité que de « gentrification »», fait valoir l’agent culturel, en insistant sur la plupart des condos du quartier qui se sont construits dans les anciennes usines. «C’est donc un phénomène un peu différent, même si la cohabitation n’est pas toujours évidente!», glisse-t-il ensuite.

D’où l’importance des maisons de la culture dans de tels quartiers, selon M. Larivière. «C’est une façon de rendre accessible la culture, mais aussi de conscientiser les gens qu’on peut réaliser de grandes choses dans un quartier dit défavorisé», explique-t-il avant de mentionner que les ressources allouées pourraient être plus considérables. «C’est un travail de longue haleine, car les gens qui sont déjà loin de la culture – qui n’ont pas l’habitude de courir les spectacles, etc. – il faut quasiment les sortir de leur salon. Comment rejoindre la dame sur la rue Desjardins? En l’invitant à venir voir des concerts gratuits au Festival de Jazz? Ce n’est pas la culture au quotidien, ça. Ça doit se passer dans son milieu, dans une maison de la culture, par exemple, ou encore dans une petite salle de spectacle ou le Théâtre Denise-Pelletier.»

Ainsi, M. Larivière souhaite qu’on décentralise davantage la culture. «J’arrive de vacances à Lyon, car, quand on parle de capitales de culture, il faut voir ce qui se fait ailleurs, et c’est décentralisé. Partout en France, y’a un événement, une organisation, une volonté que la culture joue un rôle important. Pourquoi, à Montréal, doit-on concentrer l’ensemble de nos moyens au centre-ville? Je crois que c’est faire fausse route, car on a des forces vives dans chacun des quartiers.»

Détails et programmation complète de la Maison de la culture Maisonneuve sur facebook.com/mc.maisonneuve. Pour plus d’informations sur Hochelaga BAR-B-Q: facebook.com/hochelagabbq.