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Jacquemort : Jacquevit
Musique

Jacquemort : Jacquevit

Avec Malajube en jachère, le claviériste Thomas Augustin profite du temps libre pour remettre son groupe Jacquemort sur les rails avec la parution de La montagne de feu

Les téléphones intelligents de musiciens peuvent s’avérer de véritables mines d’or d’idées de chansons. Sous forme de mémos vocaux, elles sont enregistrées à gauche et à droite, à toute heure du jour et de la nuit, essentiellement pour ne pas être oubliées le lendemain. Ces cinq dernières années, alors qu’il se trouvait aux quatre coins du globe avec Malajube ou bien pénard chez lui comme en 2012, une année pendant laquelle les Jubes ont cessé progressivement leurs activités avant d’entrer en hibernation en 2013, le claviériste Thomas Augustin accumulait les fichiers audio.

«Je suis un gars qui aime beaucoup archiver ses idées de création, confie-t-il. Comme ce sont principalement des séries d’accords ou des mélodies jouées au piano ou au synthétiseur, je les nomme Piano 1, Piano 2, Piano 3… Pour l’album, je pense que je me suis rendu à Piano 165

Lancé le 26 novembre, le disque en question, La montagne de feu, est le premier album complet de Jacquemort, une formation au sein de laquelle Thomas Augustin chante et joue du clavier. Tel qu’entendu sur un premier maxi paru en 2007, la bête n’est pas tellement loin des salves rock progressives et épiques de Malajube. En ce sens, les fans ne devraient pas être trop dépaysés, bien que le musicien cherche à s’affranchir de son autre groupe tout en assumant la ressemblance. «Avec Malajube, je n’ai jamais soumis mes chansons aux autres membres. Je me vois davantage comme un complément, comme un gars qui amène des idées de mélodies et d’arrangements. Forcément, on doit y sentir une signature sonore commune. Je ne peux pas renier mon identité sonore, mais avec Jacquemort, l’accent est davantage mis sur les claviers et le chant. Il y a aussi plus de mélancolie.»

Chose certaine, Augustin s’est entouré de musiciens agiles alors que les différentes textures sonores et structures progressives des chansons demandent une certaine dextérité. «J’aime que les chansons prennent le temps de transporter l’auditeur. J’accorde beaucoup d’importance aux couplets et aux refrains, mais je dirais que les ponts et les conclusions de chansons sont encore plus importants. Nous souhaitions laisser de la place aux instruments afin que les claviers et les guitares vivent et se répondent entre eux.»

Si l’album est porteur d’une mélancolie, la faute revient en partie au vide créé par la pause de Malajube dans la vie d’Augustin, mais surtout à une récente séparation sur le plan amoureux. «Le premier texte que j’ai écrit pour l’album était celui d’Adieu mes chats. C’est bizarre de voir ses chats disparaître de la maison du jour au lendemain. Mais c’est sûr que ma vie a complètement changée l’an dernier. J’ai dû trouver de quoi m’occuper: donner des cours de piano, jouer avec Elisapie Isaac, composer la musique du documentaire Sur la banquise. J’aborde en partie cette période de changement sur le disque, mais je m’assure que mes textes soient assez ouverts et pas trop explicites pour que tout le monde puissent s’y identifier peu importe leur vécu. Je cherche dans mon quotidien un sentiment spécifique, mais qui peut être appliqué à de multiples situations. C’est pour moi la clé d’un bon texte.»

À vous de les décoder selon votre propre trousseau.

Le 27 novembre au Divan orange

jacquemort.bandcamp.com