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Les Incendiaires : Retour vers le futur
Musique

Les Incendiaires : Retour vers le futur

Amoureux des musiques indé de la décennie 80, Les Incendiaires offre un deuxième album rock accrocheur et bourré de références musicales et cinématographiques.

La quintette menée par le chanteur et compositeur Rudy Berhnard a beau s’appeler Les Incendiaires, le groupe montréalais n’est pas du genre à foutre le feu sans raison. Au contraire, une simple entrevue avec Berhnard confirme que chaque pas effectué par la formation rock pop est réfléchi et pris au sérieux.

Prenez la pochette du premier album, Mono No Aware, paru en 2009. On y voyait une femme, poitrine dévêtue, tenir un verre de lait avec son masque de chat. «C’était un clin d’oeil à la pochette du simple What Difference Does It Make? des Smiths où l’on voit l’acteur Terence Stamp tenir un verre de lait. Le chat (on lui a remis un chandail depuis), c’est notre mascotte, un peu comme Eddy et Iron Maiden. On a choisi l’animal parce qu’avant de s’appeler Les Incendiaires, notre groupe s’appelait Les Chats.»

Lancé cette semaine, le deuxième album des Incendiaires, Unica, fait référence à la pochette d’I’m Your Man de Leonard Cohen, alors que la femme à la tête de chat tient cette fois une banane dans ses mains. «On conserve la référence sexuelle avec la banane, et c’est aussi un hommage à Lou Reed et son Velvet Underground», poursuit Rudy Berhnard.

Musicalement, les mélomanes qui ont découvert le groupe aux Francouvertes en 2011 ou sur les ondes de CISM avec la pièce Amants d’immeubles reconnaîtront les références aux années 1980 si chères aux Incendiaires, alors que le chant de Rudy rappelle celui de Nicolas Sirkis d’Indochine. L’un des membres fondateurs du groupe français, Dominik Nicolas, participe même au compact des Incendiaires. «Lorsqu’on parle des années 1980, les gens ont une image souvent négative de la musique qu’on y faisait. On pense vite au spray net, aux moustaches et à la musique commerciale de l’époque. Ma vision de cette période musicale n’a rien à voir avec ces clichés. Dès l’âge de 4 ans, j’écoutais à répétition la cassette 7000 danses d’Indochine. À l’adolescence, j’ai découvert The Cure et les Smiths. J’ai compris que j’avais un faible pour les sons de guitare cristallins et les effets de chorus ou de flanger

Si les textes évoquent à leur tour le romantisme des Smiths ou l’univers fantasmagorique décalé de The Cure, ils sont aussi bourrés de références cinématographiques. Voilà rien de surprenant considérant que les deux principaux compositeurs du groupe, Rudy Berhnard et Frédéric Otis, se sont rencontrés alors qu’ils travaillaient dans le même club vidéo. «Le titre du premier extrait, Stella, est un clin d’oeil au personnage d’Un tramway nommé désir, alors que l’histoire s’inspire de l’ambiance mystérieuse et sombre des Griffes de la nuit. Une autre pièce du disque, Dans son cheval, est inspirée par le film L’oeuf du serpent d’Ingmar Bergman. J’aime intellectualiser notre démarche créatrice. J’aime savoir qu’il y a un fond créatif autre que ma seule subjectivité. J’intègre d’autres œuvres dans mes chansons; à ceux qui ont l’œil de lynx de les décoder.»

Les Incendiaires

Unica

(Indépendant)

Lancement le 13 décembre à la Casa del Popolo