

L’Œil de Poisson – Noël sous les lasers : Ensemble, c’est tout
Envie de vivre quelque chose d’unique et de fou à l’approche des fêtes? Pourquoi pas un Noël sous les lasers en compagnie de créateurs éclectiques?
Sous ce titre intrigant se cache un véritable spectacle multidisciplinaire non moins fascinant car exceptionnel: pour un soir seulement, artisans du théâtre, de la chanson, du cinéma et du cirque se mélangeront pour proposer une comédie musicale relatant le tournage d’un film de science-fiction, le tout sous la supervision du duo d’artistes Rocket Team Team Rocket (RTTR), alias Frédérique Laliberté et Boris Dumesnil-Poulin. Le jeune binôme – chacun a son collectif d’artistes de son côté – dispose d’un mode de création bien spécial, en équipe. La jeune femme explique: «On a pitché le script de base, et après ça il s’est construit. Il y a beaucoup de choses qui se passent dans le scénario qui proviennent des collaborateurs.» Son comparse abonde dans le même sens: «À la première réunion, on a eu des inputs de la part de tout le monde. Par exemple, l’idée d’amener un trampoline sur scène, ça vient de Blaise [Carrier-Chouinard, à la scénographie]. L’histoire s’est construite d’elle-même dans un naturel déconcertant, hallucinant.»
Partir de rien et essayer quelque chose de nouveau, c’est un peu la raison d’être de Rocket Team Team Rocket, selon son cofondateur: «Dans le principe de gang qu’on a utilisé, chacun tire la couverture de son côté. La couverture peut donc juste être plus grande. On a amené chacun à travailler ensemble et chacun avait une spécialité dont on avait besoin.» Adepte du renforcement positif constant qui permet de surmonter en équipe les difficultés rencontrées, Dumesnil-Poulin souligne que «voir le résultat final sera intéressant, mais le plus important c’est le voyage, le processus de création en équipe». Dans toute cette aventure, Rocket Team Team Rocket fait office de coordonnateur, mais pas de metteur en scène: chacun y a mis son grain de sel. Un Noël sous les lasers jouira donc de la collaboration de plusieurs noms de divers horizons, dont Gab Paquet et Ogden, alias Robert Nelson d’Alaclair Ensemble pour la musique – le premier écrira des chansons spécialement pour le spectacle, tandis que le second, retenu à Montréal ce soir-là, livrera par vidéo un free rap en anglais. Dans la fiction, ces deux-là incarneront respectivement Lucifer et Dieu dans un combat chanté!
Dans la salle, le public assistera autant au film projeté qu’au tournage de celui-ci: les mises en abîme et les différents niveaux de fiction seront donc de mise. Mais que les spectateurs ne soient pas pris de panique devant l’éventuelle complexité du projet, nous rassure Boris Dumesnil-Poulin: «Tout au long du spectacle, il y aura des explications sur ce qui est en train d’arriver. Il y aura un acteur dissimulé dans le public, qui joue le rôle du gros épais, qui comprend les choses évidentes et les dit à haute voix.» Un Noël sous les lasers est donc un «vrai spectacle, pas juste une activité sociale», avec une histoire et une structure habilement construite par ses protagonistes.
L’envers du décor sera ainsi volontairement à vue dans cette production, ce qui est une caractéristique importante de sa génétique. Ricardo Savard, qui joue son propre rôle, soit celui d’un cinéaste qui a la complexe tâche de filmer l’action sur scène en plans-séquences projetés au mur, a tout de suite adhéré au mode de fonctionnement des deux artistes: «Leur démarche en art implique d’accepter les ficelles, de les mettre en avant-plan. Vouloir les cacher, ça demande quelque chose qui enlève du plaisir, et ils ne veulent pas gâcher le leur.» Le vidéaste souligne aussi que la peur des embûches n’est pas un frein à la création du duo Laliberté/Dumesnil-Poulin, bien au contraire. Un Noël sous les lasers sera, selon lui, «payant pour tout le monde», dans le sens noble du terme, grâce aux multiples échanges d’idées qui auront circulé durant le mois et demi de répétitions.
Ce projet s’inscrit dans une certaine tradition à L’Œil de Poisson, comme l’explique Jeanne Couture, coordinatrice à la programmation: «À chaque fin d’année, comme nous ne présentons pas d’exposition, nous programmons un gros projet éclatant qui sort de l’art visuel uniquement accroché aux murs. On délègue le contrat à des artistes différents, et cette année on a demandé à Rocket Team Team Rocket. On avait envie de les voir s’éclater!» Une belle carte blanche qui devrait donner un résultat aux multiples couleurs et qui sera visible un soir seulement: prière de réserver.
Vendredi 13 décembre à 19h30 L’Œil de Poisson (Complexe Méduse)