PyPy : Comme des enfants
Musique

PyPy : Comme des enfants

«Nouveau» collectif rock hétéroclite réunissant des musiciens aguerris, PyPy brouille les cartes avec Pagan Day, son premier album. 

Bien qu’actif depuis des années  on a notamment vu la bande à Pop Montréal en 2013 ainsi qu’à Québec au festival OFF en 2010 , PyPy semble rejoindre ces jours-ci un public loin des cercles initiés alors que des médias et blogues d’ici, mais aussi d’ailleurs, attendent avec impatience la parution de Pagan Day, un premier LP aux pièces qui ont bien failli demeurer entre les murs du local de répétition de l’ensemble.

«Nous n’étions pas censés faire un album, en fait», lance d’emblée la chanteuse Annie-Claude Deschênes qui en compagnie de ses camarades de Duchess Says Simon Says et Phil Clem, font front commun avec Roy Vucino (Red Mass, CPC Gangbangs et plusieurs autres projets) pour former le groupe rock expérimental. «L’histoire, c’est que Roy, à un moment donné, pendant une répétition, a confié qu’il ne voulait plus jouer ces tounes-là. Je lui ai donc dit: « Euh, OK. On recommence à zéro ou quoi? », puis Simon a ajouté: « D’accord, mais il faudrait au moins les archiver avant. » Alors on s’est retrouvés dans un studio pendant une fin de semaine et on a fait ça.»

Bien que les fils de leurs instruments se soient croisés à de nombreuses reprises (Vucino, Says et Clem ont collaboré à la trame sonore du film Fubar, Roy et Annie-Claude se sont aussi distingués au sein du collectif d’improvisation Les Enfants Sauvages, etc.), les musiciens formant PyPy ont jeté les bases du projet dans un local de répétition qu’ils partageaient. «C’était quand même un projet fait on the side», rétorque Vucino avant de faire valoir que «c’est un projet dans lequel on s’est embarqués, qui a pris vie et qui est devenu ce que c’est: un groupe qu’on apprête différemment de nos autres projets». Comment, justement?

Le spaghetti incident

Comme Vucino et Deschênes – qui se partagent ici le micro – sont des bêtes de scènes réputées en plus d’être des musiciens insufflant une direction artistique assumée à leurs créations, on aurait pu croire que les prises de bec seraient inévitables au sein de cette galère. Les compères nous rabrouent sur-le-champ.

«Pas vraiment!», tranche Roy. Annie-Claude tente une explication: «Je ne vois pas comment ça pourrait arriver. Les deux projets [PyPy et Duchess Says] ne viennent pas me chercher de la même façon. Duchess Says, c’est viscéral et personnel. PyPy, c’est plus ludique et joyeux.» Son collègue en rajoute: «C’est vrai. C’est s’amuser d’une nouvelle façon. C’est un peu comme des enfants – pas que c’est enfantin ou naïf, loin de là! –, mais il y a cette idée du farfelu, du jeu.»

Idée qui rejoint également leur modus operandi, d’ailleurs. Ainsi, PyPy a avisé son étiquette de disque que les autres projets des musiciens font en sorte qu’ils peuvent difficilement prévoir une tournée pour Pagan Day, malgré le buzz médiatique entourant le quatuor. «On n’avait pas de « but ultime » avec ce projet, pas d’objectifs ou d’attentes. C’est juste pour le plaisir de le faire», affirme Vucino avant de confier que cette vision enjouée déborde jusqu’à la facture graphique du collectif. «Ce n’est pas, par exemple, parce que certaines chansons sont dark que le visuel va l’être. « Ah? Poser avec du spaghetti sur la tête? Pourquoi pas! » C’est réfléchi, ça se tient, quand même, mais ça demeure quand même lousse… même que nous ne sommes pas toujours d’accord sur certaines idées, mais on les pousse quand même, pour le fun, pour voir où elles iront…»

Puis, la question tant attendue…

Volet souvent écarté dans bon nombre d’entrevues, «Quelle est la petite histoire derrière le nom du groupe?» semblait toutefois une question tout à fait pertinente ici.

Bien que la pochette de Pagan Day soit ornée du symbole mathématique (qui, lorsque dit en français, donne un tout autre sens au nom du groupe), le matériel publicitaire du projet, lui, est coiffé d’un dessin de tarte qui laisse croire que la prononciation anglophone («pie, pie») est à favoriser. Deschênes et Vucino, eux, haussent tout simplement les épaules. «Y’a assurément un lien pythagorien», fait valoir Roy. «Et tout le monde dans le band aime les pâtisseries», renchérit Annie-Claude. C’est finalement le premier qui vendra la mèche: «On voulait aussi quelque chose qui avait de nombreuses prononciations. On aimait le fait que ça pouvait être écrit et prononcé n’importe comment.»

  • Annie-Claude: Il y en a qui disent «pipi», d’autres c’est «pie, pie». J’ai même entendu «pee, why, pee, why»!
  • Voir: Et toutes ces prononciations sont bonnes?
  • Roy: Oui.
  • Annie-Claude: On n’y a pas trop pensé nous-mêmes, de toute façon!

Pagan Day

(Slovenly Records)

Disponible le 11 février

Concerts de lancements à Québec le 14 février au Cercle et à Montréal le 15 au TRH Bar (3699, Saint-Laurent)

Album en écoute actuellement en écoute ici.

À visionner: ce qui inspire PyPy

Nous avons demandé à Annie-Claude Deschênes et Roy Vucino de nous présenter cinq objets qui les inspirent. Nous n’avons pas été déçus.

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