Quatuor Molinari/Forêt : Forêt vierge
Montréal en lumière 2014

Quatuor Molinari/Forêt : Forêt vierge

Près d’un an après la sortie de son premier album, reçu avec éloges par la critique, le groupe Forêt se fait encore rare sur scène. Une occasion de découverte à saisir.

Si on a pu le voir aux FrancoFolies, au Festival de musique émergente ou au Festival d’été de Québec, on ne peut pas dire que la pop atmosphérique de Forêt ait été surexposée durant l’année qui vient de passer. Il plane donc sur le projet d’Émilie Laforest (voix, composition) et Joseph Marchand (guitare, composition) une aura de mystère qui lui sied très bien. Rencontrée autour d’un café, la chanteuse explique: «On n’était pas très enthousiastes à l’idée de faire une tournée des bars, alors on a plutôt choisi de miser sur quelque chose de spécial, d’événementiel, et c’est là qu’est arrivé Frédéric avec ce concept.»

Frédéric Lambert est altiste au sein du Quatuor Molinari, l’un des fleurons de notre scène de musique contemporaine, qui récolte année après année des prix saluant sa valeur. Ces dernières années, le Quatuor a choisi de sortir de sa zone de confort en collaborant sur scène avec Pierre Lapointe, Philippe B ou Avec pas d’casque; c’est dans cet esprit qu’est née l’idée d’une collaboration avec Forêt. «On a choisi de s’associer avec des artistes francophones, j’insiste là-dessus, parce qu’il y a bien sûr des projets anglophones intéressants, mais il nous tenait à cœur de contribuer à notre façon au répertoire francophone. L’album de Forêt m’a fait triper, ajoute Lambert, il faut que je sois fan pour penser à ce genre de collaboration.»

Forêt et le Quatuor Molinari partagent un goût certain pour l’expérimentation, et leur rencontre s’inscrit dans une mouvance qui annonce des changements intéressants aussi bien dans le monde de la «pop» que dans l’univers de la musique contemporaine. Le Quatuor Molinari jouera lors de ce concert une œuvre du compositeur R. Murray Schafer, dont il s’est fait le spécialiste, et le public de Forêt y retrouvera sans doute ses points de repère. Frédéric Lambert explique: «C’est peut-être à travers la poésie, qui fait partie du processus de création de Forêt, que nos deux univers se rejoignent.» Notons d’ailleurs que les poésies de Kim Doré sont également à la base des quatre nouvelles pièces que l’on pourra découvrir en concert. «On reste quand même dans une facture assez pop», explique Émilie, insistant sur le côté organique de la rencontre entre les genres. «Parmi les 12 musiciens, poursuit-elle, il y aura le Quatuor et trois cuivres, mais aussi une basse, une batterie, des synthétiseurs, etc.». Forêt n’est pas ancré dans un seul modèle, mais bénéficie vraiment d’une géométrie variable qui orbite autour du duo central, qui se condamne ainsi en quelque sorte à un perpétuel renouvellement.

Ajoutons que l’ensemble interprétera des orchestrations de Mélik-Alexandre Farhat, un complice fréquent de Joseph Marchand, et qu’il évoluera dans une scénographie de Max-Otto Fauteux. «On va sans doute enregistrer quelques-uns des meilleurs arrangements de ce concert, mais il n’y aura pas de disque live», promet la chanteuse. Et l’altiste de conclure: «Il faut que les gens puissent dire: « Moi, j’y étais! »»

Le 21 février à 20h

À l’Usine C, dans le cadre de Montréal en lumière

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