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Timber Timbre : Pellicules et touches d'ivoire
Musique

Timber Timbre : Pellicules et touches d’ivoire

La tête dans les années 1970, la formation Timber Timbre parle de vieux claviers et de films hollywoodiens mythiques pour présenter son nouvel album, Hot Dreams.

«C’est ma dernière journée tranquille avant de ne plus avoir de vie pendant deux mois», lance le multi-instrumentiste Simon Trottier. Le lendemain de notre entretien, il prenait l’avion avec le reste des membres de Timber Timbre. Destination: Austin, au Texas, où la formation présentait au festival SXSW les pièces de Hot Dreams, son tout nouvel album composé entre Los Angeles, Banff, Calgary et Montréal.

Mené par la voix chaude et singulière de Taylor Kirk, le groupe installé sur l’île du maire Coderre revient à la charge avec un album folk sombre dont lui seul a le secret: enveloppant, tout aussi romantique que mystérieux et encore une fois très imagé, cinématographique.

Si le son est toujours aussi organique, la palette sonore du groupe s’est quant à elle élargie alors qu’une dizaine de claviers ont été utilisés pour l’album. Aux orgues déjà présents dans le répertoire de Timber Timbre s’ajoutent même quelques synthétiseurs analogues. «Après avoir finalisé nos compositions et enregistré les pistes de basse et de percussions au Banff Centre, un centre de création situé au cœur des Rocheuses, nous sommes allés au National Music Centre de Calgary», explique Trottier qui s’est davantage investi dans la production, coréalisant Hot Dreams avec Taylor Kirk. «Ils ont au-dessus de 1000 instruments de musique, là-bas. Nous avions accès à une grande pièce avec un paquet de claviers: Mellotron, Farfisa, Wurlitzer, Harpsichord, Fender Rhodes, Vox Continental, Chamberlin M1, Hammond… Pour un musicien, c’était le rêve. Nous avions un système d’enregistrement Pro Tool sur une table à roulettes que nous poussions d’instrument en instrument. Nous avions même accès à un des rares derniers claviers Novachord encore jouables sur terre!»

Malgré tout, le disque ne dépaysera pas les fans des précédents Timber Timbre (2009) et Creep On Creepin’ On (2011). La transition se fait en douce même si la formation emprunte aussi au passage des sonorités western spaghetti. «Il y a exactement un an, Taylor Kirk a passé quelques semaines à Laurel Canyon (un quartier huppé de Los Angeles), où il a composé une partie du disque. La première chanson de l’album, Beat the Drum Slowly, parle d’ailleurs d’Hollywood, et je crois que le séjour a amené Taylor dans un esprit nostalgique du cinéma américain des années 1970: Rosemary’s baby et Chinatown de Roman Polanski, Taxi Driver de Martin Scorsese ou Dirty Harry de Don Siegel. Nous échangions d’ailleurs les trames sonores de ces films. Ça se ressent sur Hot Dreams

Présente sur l’album, la violoniste Mika Posen n’accompagnera toutefois pas le groupe en spectacle, du moins pas pour l’instant, puisque la musicienne a été recrutée par la sensation danoise Agnes Obel avec qui elle joue depuis un an. Simon Trottier et Taylor Kirk seront donc rejoints sur scène par le batteur Olivier Fairfield et Mathieu Charbonneau (The Luyas, Avec pas d’casque). «Nous devrions jouer à Montréal cet automne [NDLR: le 19 septembre au Métropolis]. Vous allez voir, le spectacle devrait rocker un peu plus que les précédents.»

En attendant, on se laisse aisément bercer par Hot Dreams.

Timber Timbre

Hot Dreams

(Arts & Crafts)

Disponible dès le 1er avril

En écoute intégrale sur voir.ca dès le 24 mars