EM15 (Elektra/Mutek) : Mariage numérique
Musique

EM15 (Elektra/Mutek) : Mariage numérique

EM15: E comme dans Elektra, M comme dans Mutek et 15 comme dans 15 ans. Les deux festivals montréalais soulignent leur anniversaire en plein Printemps numérique. 

Le premier Printemps numérique est en branle. Montréal vibre davantage en sons et lumières par les temps qui courent. Les festivals Elektra et Mutek, deux entités au cœur du Printemps, proposent ce mois-ci une programmation conjointe pour leurs 15 ans d’existence. Alain Mongeau, fondateur et directeur général et artistique de Mutek, discute de ces noces de cristal avec le milieu des arts numériques.

«Là où Elektra et Mutek se rejoignent, c’est sur le plan des performances audiovisuelles, explique-t-il. Pour ce qui est de EM15, y’a une portion plus Mutek et une portion plus Elektra, qui est le marché des arts numériques. Notre préoccupation était de faire un ensemble, travailler à faire une offre intégrée dans laquelle les gens vont pouvoir embarquer sans devoir se demander: tel événement vient de Mutek ou d’Elektra?»

En décembre dernier, EM15 confirmait une troisième entité importante dans l’organisation de l’événement: le Musée d’art contemporain de Montréal. Quoique la décision de faire du musée le centre névralgique d’EM15 se soit prise sur le tard, avoue le patron de Mutek, le festival n’a pas hésité à reconfigurer ses activités autour du MAC tant la rencontre avec l’institution a été déterminante.

«L’idée est qu’on vient s’insérer entre deux expositions. Les dates ne concordaient pas tout à fait et le MAC a dû déplacer certaines choses. Ça a été beaucoup de travail de leur côté, ce qui illustre la volonté qu’ils avaient à prendre part à EM15. Pour une grosse machine, ce n’était pas facile de se revirer aussi rapidement que ça.»

EM15 s’inscrit tout naturellement dans le cadre du Printemps numérique puisque les deux festivals étaient au cœur des discussions dès le départ, il y a quelques années, avec entre autres la SAT. «Il y a deux ans, on a considéré ça de façon plus sérieuse parce qu’on se disait que ce serait intéressant de valoriser davantage le milieu, se remémore Alain Mongeau. Finalement, l’idée étant flottante, la CRÉ (Conférence régionale des élus) a décidé de convoquer le milieu. Ça a donc pris quelqu’un un peu à l’extérieur pour lancer la machine. Dans ce contexte-là, on s’est dit que ça pourrait être intéressant de travailler ensemble, de synchroniser nos dates avec Elektra pour marquer un moment fort dans le Printemps.»

Le plus gros des petits et le plus petit des gros

Malgré la fragilité financière de Mutek, dont le budget est plus ou moins resté le même en dix ans selon les dires d’Alain Mongeau  «on est comme le plus gros des petits et le plus petit des gros, mais on est vraiment coincés dans cette zone», dit-il , le festival peut toutefois se targuer d’avoir une solide réputation. Ça en dit long de la qualité d’un festival lorsque des artistes exceptionnels tels Moderat et Nils Frahm lui restent fidèles. Et grâce à ses cellules à Mexico (Mutek MX) et à Barcelone (Mutek ES), créées respectivement en 2003 et en 2009, le festival a maintenant de bons points d’ancrage à l’international.

«On essaie de procurer le meilleur contexte possible sur le plan technique, logistique pour les artistes. Souvent, ils débarquent quelque part, jouent et repartent le lendemain. Nous, une partie de notre philosophie c’est de dire aux artistes: « Restez pour la durée du festival ». Malgré une certaine croissance, Mutek est toujours resté à dimension humaine. Ça a créé des échanges, ça permet aux artistes de développer un rapport « affectif », entre guillemets. Pour les artistes locaux, c’est différent, y’a un rapport de proximité. Tim [Hecker] a toujours fait partie de la trajectoire Mutek, par exemple. Poirier et Akufen également.»

EM15: Les suggestions d’Alain Mongeau

1- Soirée d’ouverture Totally Tubular (27 mai, 21h, MAC): «Je trouve que c’est un moment clé parce que ça incarne l’essence de la rencontre entre Mutek, Elektra et le MAC. L’ambiance qui va avoir à cette soirée-là va être assez déterminante sur l’ensemble du festival.»

2- A/Visions 1: Arty Apparatus (28 mai, 19h30, Impérial): «Nicolas Bernier et Martin Messier sont des artistes montréalais qui ont été à la fois du côté d’Elektra et du côté de Mutek. De toute la programmation, ce sont les artistes locaux qui sont le plus présents sur la scène internationale et ils présenteront ici une première mondiale.»

3- Richie Hawtin (29 mai, 22h, Métropolis): «Ça va être un spectacle vraiment audiovisuel. Il y a toute une scénographie qui a été développée, qu’on va mettre en place juste pour cette soirée-là qui va en mettre plein la vue et qui donnera la mesure du type de soirée qu’on fait au Métropolis.»

Du 27 mai au 1er juin em15.ca