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Musique

St. Vincent au FIJM et au FEQ : Diva alternative

Certains diront que St. Vincent est la Bowie des années 2010, une artiste complexe et mystérieuse. Chose certaine: on a affaire à une femme dotée de super pouvoirs musicaux qui s’amuse à déconstruire la pop pour mieux la réassembler. Entrevue avec une grande dame du rock.

Le téléphone a sonné, l’indicatif régional 416 s’est affiché et, au bout du fil, c’était l’attaché de presse de la chanteuse. «Attendez, je vous passe Annie.» Attrapée au vol dans un marathon promotionnel orchestré par sa maison de disques, St. Vincent avait la mèche courte à quelques heures de son spectacle à NXNE à Toronto. Fatiguée, impatiente, peu volubile. «Je déteste faire des entrevues pour la presse écrite. Vous déformez toujours mes propos.» Comme entrée en matière, on a déjà vu plus chaleureux. Difficile de percer la coquille de celle qui s’appelle réellement Annie Clark, superstar de la blogosphère qui a auparavant été choriste pour Sufjan Stevens et, avant ça, membre des Polyphonic Spree.

Force est de constater que la belle a plus d’amis chez les musiciens que dans la colonie journalistique. En 2012, elle faisait équipe avec David Byrne de feu Talking Heads pour la composition d’un album en duo. Un disque intitulé Love This Giant qui semble avoir influencé l’auteure-compositrice-interprète américaine, ne serait-ce que pour l’arrivée des cuivres dans son univers musical. Dis-moi, Annie, est-ce que David Byrne a laissé une marque sur toi? «Ce serait trop simpliste de dire ça.» Mais encore? «C’était super de travailler avec lui. Ce n’était pas une relation de type étudiant versus professeur. C’est quelqu’un de curieux qui veut apprendre au contact des autres.»

Fille dans le vent

Plus populaire que jamais, St. Vincent a eu l’occasion de faire du développement de public en accompagnant les Black Keys en tournée et en chantant Lithium avec les membres restants de Nirvana à leur cérémonie d’intronisation au Rock and Roll Hall of Fame. Elle a aussi mis en musique le défilé de Diane von Fürstenberg à la Fashion Week de New York et lancé sa gamme de cafés sous la marque californienne Intelligentsia.

Et comme si ce n’était pas assez, Annie Clark a succédé à Miley Cyrus, Lady Gaga, Beck, Drake et Justin Timberlake en étant choisie comme invitée vedette à la mythique émission Saturday Night Live. Ça, c’était en mai dernier.

Trois mois plus tôt, St. Vincent lançait son quatrième disque solo en carrière, un opus homonyme et «un album de party qui pourrait jouer à des funérailles», comme elle l’a déjà décrit à la presse. Elle revient sur ses dires: «Je voulais faire un disque avec des rythmes qui feraient danser les gens, mais je voulais intégrer du pathos et de l’humanité dans les paroles. […] Je voulais avoir du plaisir à jouer les chansons sur scène et c’est à ça que je pensais en les écrivant. Aujourd’hui, c’est difficile d’attirer l’attention du public parce que tout le monde est sur son téléphone.»

Soucieuse «d’offrir une expérience globale», mademoiselle Clark mise tout sur les deux musiciens qui l’accompagnent en tournée, ses interprétations senties et… la danse. Contemporaine de surcroît. «Je voulais des chorégraphies divertissantes. J’ai été aidée d’Annie-B Parson qui travaille aussi avec Baryshnikov.» Interrogée sur ses inspirations au rayon danse, elle me répond candidement qu’elle s’intéresse au travail de Beyoncé, mais qu’elle voue aussi une grande admiration à Pina Bausch. «Je m’intéresse beaucoup à la danse. J’ai des amis interprètes ou chorégraphes chez moi, à New York.»

En spectacle à l’Impérial de Québec le vendredi 4 juillet à 20h (dans le cadre du Festival d’été de Québec; premières parties Thus:Owls et San Fermin), puis le 5 juillet au Métropolis de Montréal, dans le cadre du FIJM.

ilovestvincent.com

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