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Rufus Wainwright et sa Prima Donna au FIJM: un soir à l'opéra
Musique

Rufus Wainwright et sa Prima Donna au FIJM: un soir à l’opéra

Rufus Wainwright présentait un concert spécial en deux temps samedi et dimanche à la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des arts, dans le cadre du Festival international de jazz de Montréal.

Le compositeur était fort heureux d’être de retour à la maison (il vit à Toronto depuis quelques années, nous a-t-il dit) pour y présenter enfin son opéra Prima Donna, mis en scène en premier lieu à Londres en 2009. Lorsqu’on l’avait interviewé en mars, il s’était avoué un peu amer que l’Opéra de Montréal n’ait jamais retenu Prima Donna dans sa programmation. Et quoique son opéra n’ait pas été présenté en version intégrale à la Place des arts ce week-end, Rufus était plus que reconnaissant que cette production puisse finalement voir le jour à Montréal. Il a remercié trois fois plutôt qu’une André Ménard et le FIJM lors de la soirée de samedi.

Provoquant frissons et émotions, Prima Donna a été joué par un orchestre d’une quarantaine de musiciens et trois interprètes (dont deux locaux, la soprano bien connue Lyne Fortin et le ténor Antonio Figueroa, ainsi que la new-yorkaise Kathryn Guthrie) avec brio, quoiqu’on aurait pris quelques décibels de plus pour entendre l’orchestre davantage.

C’était lendemain de la fête du Canada lorsqu’on a vu Rufus sur scène et l’interprète nous a réitéré l’importance de l’écriture de cet opéra en langue française. Chapeau.

Néophyte d’opéra moyenne que je suis (et qui, je crois, composait aussi une bonne partie du public), j’aurais aimé quand même avoir les paroles en main pour la compréhension du propos de l’oeuvre. Toutefois, le film de Francesco Vezzoli projeté derrière l’orchestre permettait de comprendre les grandes lignes de cette histoire de star d’opéra qui tente un retour. Mais somme toute l’émotion y était et les trois interprètes et l’orchestre ont fait du très bon boulot.

Suite à la présentation de Prima Donna (version concert), Rufus Wainwright y est allé de plusieurs pièces au piano, ou seulement au micro, accompagné par le même orchestre. La plupart des chansons étaient tirées des albums Want One et Want Two (mais aussi une autre de sa récente parution autour de l’oeuvre de Shakespeare ainsi que Tiergarden dédiée à son mari, présent à la Salle Wilfrid-Pelletier). Joliment orchestrées, plutôt en douceur, la musique donnait à Cigarettes and Chocolate Milk et Vibrate, par exemple, un nouveau souffle fort convainquant. Suite au crescendo jouissif de I Don’t Know What It Is, c’était immédiatement l’ovation.

L’élément clé de ce concert était la voix de M. Wainwright, qui résonne et qui chamboule toujours aussi fort. Nous avons vécu une autre soirée grandiose, preuve du talent de ce grand artiste et interprète.

Finalement, notons aussi le passage de Martha Wainwright sur scène aux côtés de son frère puisque ce fût un fort beau moment. Martha était un peu réticente à chanter en duo The Last Rose of Summer, pièce adorée de leur mère, puisque c’était une demande de dernière minute, mais son apport à la chanson était sublime.

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Le FIJM se poursuit jusqu’à samedi. montrealjazzfest.com