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Vie de tournée
Musique

Vie de tournée

En cette saison estivale où la route est bonne, nous avons sondé quelques musiciens ainsi qu’un technicien de scène afin d’en apprendre plus sur les réalités de la vie de tournée. 

«J’adore le moment où on vient me chercher devant chez nous, que je rentre mes trucs dans la camionnette et qu’on part.» Safia Nolin en est à sa première grande année de vie de tournée. Après la sortie de son premier album chez Bonsound en septembre 2015, les concerts en compagnie de son guitariste Joseph Marchand se sont multipliés. Les artistes québécois comme Safia passent une bonne partie de leur carrière à se déplacer pour faire la rencontre des publics en concert.

«Ce week-end, je m’en vais à Tadoussac, et je me rappelle que c’était le premier concert que je faisais sur la route en tant que chanteur, en 2001. Ça fait 15 ans, le temps passe!», nous raconte Dumas, qui a cumulé environ 1200 spectacles en carrière, majoritairement au Québec. «J’avais 21 ans. J’avais jamais vraiment voyagé au Québec, donc à chaque fois c’était de la nouveauté: la Gaspésie, le Lac-Saint-Jean, etc. C’était la première fois que je voyais ces lieux-là. Quand j’ai fait l’album Le cours des jours, j’ai pratiquement fait deux tournées de suite, en band puis en solo. Je suis allé à Fermont, à Yellowknife, partout… des places où j’aurais pas eu le réflexe d’aller sans la musique», dit-il.

Solids
Solids

Chaque tournée est différente: le rythme et le parcours sont propres à chacune. Au Québec, puisque les diffuseurs proposent surtout des concerts les week-ends, un cycle se produit: l’artiste est sur la route pendant quelques jours, puis revient à la maison, puis repart quelques jours plus tard. Il y a aussi de plus longues tournées d’environ 10 dates (ou deux semaines) lorsque les artistes québécois prennent part au Réseau des Organisateurs de Spectacles de l’Est du Québec (ROSEQ), par exemple. Quand la tournée mène un peu plus loin, comme aux États-Unis ou en Europe, un groupe peut maximiser son temps à l’extérieur et faire plusieurs spectacles pendant quelques semaines consécutives, puis revenir à la maison, comme c’est le cas pour le trio rock montréalais Solids. Et, parlant de tournée, il ne faut pas oublier ces gens qui en vivent, les guerriers dans l’ombre: les techniciens de scène. Patrick «Frenchie» Ouimet, qui est technicien à la batterie pour le groupe islandais Of Monsters and Men ainsi qu’Arcade Fire, dit être sur la route de 9 à 10 mois par année.

Les hauts et les bas

Le rythme d’une tournée est appelé à changer d’année en année. Parfois, c’est nécessaire de ralentir. Solids nous dit prévoir passer de 150-200 concerts à 100 cette année, et Stéphanie Boulay nous explique que le groupe qu’elle forme avec sa cadette Mélanie, Les Sœurs Boulay, est passé d’un maximum de six concerts par semaine à quatre, après deux années particulièrement chargées en 2013 et 2014. «On a coupé le kilométrage et ça change beaucoup la donne. On a moins de shows, donc on arrive vraiment à savourer la tournée, nous dit-elle au bout du fil. Chaque fois qu’on joue, on est vraiment contents d’être là et de voir l’équipe et le public.»

Safia Nolin en tournée
Safia Nolin en tournée
Safia Nolin en tournée
Safia Nolin en tournée

Si Safia Nolin tripe à partir en tournée, elle explique toutefois que ces allers et retours peuvent créer des hauts et des bas. «Tu pars cinq jours, disons, et tu t’habitues à être sur la route, et tu reviens en ville et t’as un down. Moi, mes downs sont extrêmes, parce que je ne suis jamais grise. Quand je suis revenue d’une tournée de 10 jours avec Louis-Jean Cormier, je trouvais ça vraiment difficile parce qu’il faut que tu te réhabitues à revenir chez toi. Et le moment où tu te réhabitues à vivre tout seul chez toi, il faut que tu repartes. C’est de la merde, mais c’est hot. Quand je suis chez moi, j’aime vraiment ça, et quand je suis en tournée, j’aime ça aussi, mais y a un entre-deux que j’haïs.»

De son côté, Stéphanie Boulay y trouve son bonheur dans ce genre d’horaire. «Aujourd’hui, tout le monde est au bureau et moi j’ai pas de show, donc je suis libre comme l’air. Je peux pas vivre avec la routine. Donc, de ne pas en avoir, c’est super précieux. C’est des hauts et des bas d’adrénaline qui, personnellement, me rendent bien dans ma vie. Le fait d’avoir parfois du stress, des relâchements, des grosses vagues d’amour et des moments plus solitaires, pour moi, c’est l’équilibre parfait. J’adore faire de la route.»

Je me suis rendu compte que j’étais allée 10 fois à Rouyn dans ma vie, mais que je savais même pas comment me diriger dans la ville parce que j’avais toujours quelqu’un qui me conduisait et qu’on ne voyait que le circuit jusqu’à la salle. C’est cool, mais y a ben des places où je retournerais pour mon fun et j’aurais une expérience totalement différente.

Stéphanie Boulay

Tourisme express

Le goût de la route se développe vite chez les artistes puisqu’elle apporte son lot de découvertes et d’aventures. «À L’Anse-Saint-Jean, j’ai pêché. Tsé, c’est malade!», lance Safia Nolin. Après 15 ans de vie de tournée, Dumas estime que c’est difficile de s’en passer. «C’est comme un muscle. J’arrête jamais trop longtemps de faire des shows parce que j’ai peur que quand je recommence, mon aisance sur scène ne revienne plus.»

Pour Solids, souvent en tournée d’environ un mois hors du pays, et pratiquement sans répit, «l’adrénaline prend le dessus assez vite et ça nous permet de garder un certain momentum», explique le chanteur et guitariste Xavier Germain Poitras. «Les congés – même si on les apprécie toujours quand on en a –, c’est souvent plus propice aux dérapages, donc on en sort souvent encore plus fatigués que la veille.»

«Il y a beaucoup de frais inhérents au fait de tourner à l’étranger (permis de travail, billets d’avion, location d’équipement notamment), explique le guitariste du groupe Guillaume Chiasson. L’idée est de faire le plus de spectacles possible pour amortir ces frais.»

Rejoint en Europe, le trio nous assure toutefois qu’il y a des journées de repos. «Quand on tourne en Europe, par exemple, on se garde toujours quelques jours au début du voyage pour casser le décalage horaire, et d’autres à la fin pour décompresser un peu; sur cette tournée-ci, on a pu passer du temps à Bordeaux avant de partir et on finit ça à Prague dans une semaine. La dernière fois, c’était Amsterdam et Barcelone; ça pourrait être pire.»

Dumas
Dumas
Les Sœurs Boulay, Photo: Audrey Canuel
Les Sœurs Boulay, Photo: Audrey Canuel

Dans la majeure partie des cas, le résumé d’une journée de tournée va ainsi: route, test de son, souper, spectacle. «Quand la distance à parcourir est pas trop intense ou qu’on ne se lève pas trop tard, on peut se permettre de rajouter un peu de tourisme ou du flânage dans tout ça», dit Xavier. Tous les groupes et artistes questionnés pour ce dossier disent ne pas avoir beaucoup de temps pour visiter les villes en tournée. C’est du tourisme express, nous confirme Dumas, alors que Guillaume Chiasson nous dit qu’il y a une multiplication de petits moments d’attente en tournée (attendre le test de son, attendre dans la van, etc.), ce qui rend le tourisme moins évident.

«L’année passée, je suis allée à Rouyn pour le FME, mais comme spectatrice, nous dit Stéphanie Boulay. Je me suis rendu compte que j’étais allée 10 fois à Rouyn dans ma vie, mais que je savais même pas comment me diriger dans la ville parce que j’avais toujours quelqu’un qui me conduisait et qu’on ne voyait que le circuit jusqu’à la salle. C’est cool, mais y a ben des places où je retournerais pour mon fun et j’aurais une expérience totalement différente.»

S’activer vs party

Au Québec, quand les artistes ont plus d’expérience de tournée, ils peuvent développer leurs repères. Ces lieux permettent aux musiciens loin de la maison de retrouver sur la route quelque chose de familier. «Quand je vais à Chicoutimi, je vais toujours chez le même disquaire, un monsieur qui vend des disques dans le sous-sol de la Tabagie CM, confie Dumas. L’Étape est aussi un grand classique universel dans le parc des Laurentides. J’arrête toujours à l’hôtel La Ferme de Baie-Saint-Paul. Le Québec a tellement changé en 15 ans. Aujourd’hui, tu manges bien partout. En tournée, on a beaucoup de spots culinaires! La tournée a changé aussi. Y a plus de lieux de diffusion pour la relève qui commence. Y a plus de jeunes dynamiques qui lancent des brasseries. Pis c’est sûr que dans les lieux incontournables, en tournée, y a quelques brasseries!»

Frenchie
Frenchie

Pour Patrick «Frenchie» Ouimet, qui dit avoir visité 68 pays en 14 ans de carrière, il est possible de faire un deux en un en jumelant le tourisme express à l’activité physique. «À chaque journée de congé, je cours entre 5 et 15 kilomètres. C’est un moyen extraordinaire de visiter une ville et de me tenir en forme physiquement et mentalement sur la route.»

Même son de cloche pour Dumas qui dit avoir entrepris la course il y a quelques années. «Quand j’ai plusieurs shows, j’essaie d’aller courir tous les jours.» Du côté de Solids, c’est un peu de course pour Xavier et un peu de yoga pour le batteur Louis Guillemette quand le temps le permet. «Les journées se ressemblent énormément en tournée, mais en même temps, on essaie de se planifier des activités ou bien, entre le soundcheck et le show, d’aller se lancer la balle ou aller au go-kart», ajoute Stéphanie Boulay.

Et est-ce que ces artistes sont sages ou sur le party en tournée? «On essaie de faire une balance entre les deux, mais c’est certain qu’on se retrouve souvent sur le party “malgré nous”!, dit Xavier Germain Poitras. J’imagine que ça fait partie du deal.» Son collègue Guillaume Chiasson rétorque: «Notre santé nous fait généralement signe lorsqu’il est temps d’être plus sages.»

Alors que Safia Nolin dit être la personne la moins sur le party mais aimer veiller tard, son amie Stéphanie Boulay dit s’être assagie entre les deux tournées des Sœurs Boulay. «C’est arrivé à nouveau quelques fois de se péter la face et d’être wild, mais se lever scrap pour faire un spectacle et ne pas avoir dormi et avoir une journée de marde… on essaie de pas trop le faire. Pour la tournée de notre premier album, on était un peu invincibles et on avait envie de profiter de la vie. On pensait pas trop à ça, mais on s’est rendu compte que justement, c’est là que le fun arrêtait d’arriver, quand on était trop lendemain de veille pour en profiter et donner un bon show.»

«Frenchie», lui, a déjà été fêtard, mais son métier lui tient trop à cœur pour gâcher un concert. «Il y a 100 000 personnes qui regardent le show, le batteur a besoin de moi et je m’endors car j’ai trop fêté hier? Non, je ne me permettrais pas de faire cette erreur. Je suis très chanceux d’être où je suis maintenant et j’ai besoin de tout mon corps et ma tête pour bien effectuer mon travail. Mais je prends encore une bière avec les techniciens et le groupe de temps en temps.»

J’essaie de faire une sieste. Pour beaucoup de musiciens, la “power nap” de 20 minutes, c’est toujours gagnant. Ça donne un boost. J’avais lu la biographie de Johnny Cash et il disait qu’il faisait toujours une petite sieste parce que ça ramenait sa voix. Je sais pas si c’est vrai, mais j’essaie de faire ça.

Dumas

L’horaire

Souvent, la bière est bien méritée puisque les journées peuvent être épuisantes pour les musiciens et les techniciens en tournée. Lorsqu’on regarde un exemple d’horaire de Dumas avec lui sur son cellulaire, le groupe bouge dès 8h30 et ne terminera sa journée qu’à 23h après le concert. «J’essaie de faire une sieste. Pour beaucoup de musiciens, la “power nap” de 20 minutes, c’est toujours gagnant. Ça donne un boost. J’avais lu la biographie de Johnny Cash et il disait qu’il faisait toujours une petite sieste parce que ça ramenait sa voix. Je sais pas si c’est vrai, mais j’essaie de faire ça.»

Les Sœurs Boulay voyagent actuellement avec trois techniciens de scène et un musicien. Si un concert est à moins d’une heure et demie de Montréal – à Saint-Jean-sur-Richelieu, par exemple –, les techniciens remplissent le camion de tournée et partent vers 10h30 pour se rendre à la salle à midi. «Ils font le montage de la scène et des décors jusqu’à 15h30, précise Stéphanie. On arrive ensuite et on fait le test de son jusqu’à 17h environ. On va manger jusqu’à 19h. Souvent, ma sœur et moi regardons ensemble une dernière fois notre plan de match pour le concert. On se maquille, on joue. Après le show, on signe des autographes. On sort de là entre 23h et minuit. C’est des longues journées, surtout pour les techniciens qui font parfois 12 heures.»

Frenchie
Frenchie

Patrick «Frenchie» Ouimet confirme que pour les tournées à grand déploiement sur lesquelles il travaille, il faut être dévoué à son travail parce que l’horaire peut être intense. Pour un concert en salle, il commence sa journée à 11h et termine en fin de soirée. En mode festivals, il se lève avant le soleil. «Dans ces cas-là, nous devons monter la scène avant l’ouverture de l’événement, car nous sommes en tête d’affiche donc nous prenons beaucoup de place. J’arrive vers 5h. Les techniciens vidéo, du son et de l’éclairage font leur travail et la scène est montée par nos charpentiers. Ensuite, c’est l’installation des instruments.» S’ensuit un test avec les micros et les haut-parleurs et Frenchie peut profiter de sa journée avant de revenir sur scène vers 19h pour tout remettre en place pour le concert.

Les précieux

L’aide de techniciens comme Patrick est précieuse en tournée. La relation entre chanteurs et musiciens accompagnateurs ou techniciens se doit d’être tout en confiance et le respect doit être mutuel. «Les artistes m’engagent, car ils veulent pouvoir jouer sans avoir à se soucier de rien. Je suis là pour leur donner confiance, un sourire, bien faire sonner la batterie, et qu’ils profitent de leur spectacle autant que moi!» Et il ajoute que les liens d’amitié peuvent rester forts. «Même si je ne travaille plus avec Simple Plan, on se parle encore, ils m’invitent à leurs mariages. Arcade Fire m’invite à ses fêtes, je passe même Noël avec eux!»

Les tournées de la plupart des artistes québécois sont à bien plus petite échelle, mais le sentiment est le même: ça doit être agréable et vrai avec les gens qui accompagnent les artistes en tournée. «Tu passes tellement de temps avec ces gens-là, dit Safia Nolin. Des fois, avec mon guitariste Joseph, on se voit pendant quatre jours de suite, 24 heures sur 24, sauf quand il est aux toilettes. T’as intérêt à bien t’entendre avec eux!»

«La dernière grosse période de shows qu’on a faite dernièrement, c’était en revenant de Gaspésie, dit Stéphanie Boulay. Après beaucoup d’heures de route entre chaque concert, je me suis tournée vers tout le monde et j’ai dit: “Ostie, je vous haïs! Je vous aime, mais je vous haïs!” Et tout le monde comprenait ce que je voulais dire. On n’avait pas besoin de jouer de jeu ou se cacher, on était écœurés de se voir et on en riait.»

Le «truck» Légaré

Les musiciens et les techniciens passent deux heures sur scène ensemble chaque soir de concert, mais tellement plus de temps ensemble dans un camion. Ce camion est communément appelé «un Légaré» chez les artistes montréalais (Location Sauvageau fait aussi bonne figure dans la province). «Au Québec, je pense que la plupart des musiciens voyagent en van louée chez Légaré, dit Dumas. Y a de quoi que j’aime là-dedans: y a plein d’affaires qui ont changé en tournée, mais les Econoline ont jamais changé!»

Dumas
Dumas, Photo: Jimmi Francoeur

«Ce qui se dit dan’ van reste dan’ van», dit Dumas qui nous avoue tout de même être un irréfutable DJ de route! «C’est souvent moi qui mets la musique, je suis un peu stressant avec ça! Ça change la vague de la journée, mais aussi du show. Je suis convaincu que si t’es un bon DJ dans la van, le show le soir va être bon.»

Si Safia Nolin prévient que faire de la tournée est un métier vraiment sédentaire – elle a eu des problèmes de hanche à force d’être dans la même position pendant des heures –, elle dit toutefois trouver en ces camions Légaré une seconde maison. «J’aime vraiment les vans, c’est comme ta maison. Ça m’a marquée en Europe, alors qu’on a fait 7000 kilomètres en 19 jours. On dormait dans un hôtel différent tous les soirs, mais toutes nos choses restaient dans la van. On était tout le temps dans la van, je me suis mise à l’aimer! Je m’attache, c’est confortable.»

Positif/Négatif

Tous les musiciens questionnés pour ce dossier disent que la vie de tournée, aussi épuisante qu’elle puisse être, apporte surtout du positif. «C’est certain qu’après quelques milliers de kilomètres et plusieurs semaines de nuits de sommeil de quatre ou cinq heures, on devient un peu exténués, affirme Xavier Germain Poitras. Mais évidemment, tout le reste fait que ça en vaut la peine; les rencontres qu’on fait, les endroits que nos hôtes nous font découvrir dans chaque ville où on passe, les petites bières d’après-show qui se transforment en nuit blanche, etc. Au bout du compte, la fatigue, c’est vraiment pas cher payé pour tout ça.»

«Y a presque pas de mauvais côtés à la tournée, à part s’ennuyer de chez soi et manquer des spectacles à Montréal», dit Safia Nolin qui, heureusement, pourra attraper Radiohead à Montréal ce mois-ci.

Mais pour les relations amoureuses et la vie de famille, la tournée représente son lot de sacrifices. «Frenchie», qui n’est à la maison que quelques semaines par année, en sait quelque chose. «C’est difficile, mais maintenant avec Skype, FaceTime et les textos, c’est plus accessible de parler à ma copine. Il y a une dizaine d’années, il fallait acheter des cartes d’appel et trouver une cabine téléphonique, sinon les factures de cellulaire pouvaient facilement dépasser les 1000$. Aujourd’hui, il faut apprendre à s’exprimer différemment afin de développer une chimie et une complicité parce que la personne n’est pas à côté de toi au quotidien. J’ai la chance d’avoir une blonde super indépendante et très occupée, donc le temps passe vite. Et quand on se retrouve à la maison, j’ai tout mon temps pour elle.»

«C’est difficile de bâtir des relations à long terme, parce qu’il faut trouver quelqu’un qui va accepter le fait que tu pars souvent, croit Stéphanie Boulay. Pour les femmes, au moment où t’as un enfant, t’as pas le choix de prendre une pause ou du moins de ralentir la cadence. Je suis pas rendue là du tout, mais j’y pense parce que je sais que je devrai planifier mes trucs en conséquence puisque c’est difficilement mariable.»

Dumas, qui a un fils de quatre ans, explique qu’il y a des tournées plus intenses, en été, par exemple, mais que la tournée n’est pas une béquille à sa vie de famille. «Je suis parti parfois plus longtemps le week-end, mais le reste de la semaine, je suis souvent chez nous. J’ai la chance de pouvoir passer beaucoup de temps avec mon fils. Pour moi, c’est pas une contrainte. Ce métier au contraire me donne la chance de passer plus de temps en famille.»

En début de carrière, il fut un temps où Dumas partait sur la route et ne savait pas s’il allait avoir un public. Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, il sait un peu plus à quoi s’attendre puisque les gens réagissent à ses publications. Mais hier comme aujourd’hui, il profite toujours autant de ces moments précieux que représentent la route et la tournée. «Avec les années, ce que j’ai appris, c’est qu’on faisait le party et on continue à le faire, mais je fais plus de course et j’essaie de rester plus en forme pour la tête parce que l’éloignement avec la famille, c’est plus compliqué que quand t’as 21 ans. Y a de quoi d’exotique de partir sur la route quand t’es jeune, et j’ai encore hâte de prendre la route et de voir ce qui va arriver. Il y aura toujours quelque chose d’aventurier là-dedans.»

Si les routes changent et les habitudes des musiciens évoluent avec le temps, le bonheur de partir en tournée, lui, restera toujours aussi puissant.

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