ABAKOS: L'habit ne fait pas le moine
Musique

ABAKOS: L’habit ne fait pas le moine

Pierre Kwenders et Ngabonziza Kiroko (Dear Denizen) font équipe pour un nouveau projet de « future soul », une musique résolument actuelle teintée par leurs origines.

Abacost : « costume masculin en tissu léger congolais, anciennement zaïrois, composé d’une veste à manches longues ou courtes, sans col, porté sans chemise ni cravate. » La définition du Wiktionnaire donne le ton, mais omet d’évoquer le lien étroit entre le vêtement et l’histoire politique congolaise. Mis en marché dans les années 1970 pour contrer l’influence coloniale, l’abacost (une contraction de l’expression « à bas le costume ») a, finalement, été presque exclusivement porté par les hommes de pouvoir. Une contradiction en soi.

Ce choix de nom, marquant et fort, n’est toutefois pas issu d’une réflexion conceptuelle prétentieuse. Au contraire. Ngabonziza Kiroko a d’ailleurs réfléchit longuement avant de répondre à la question qu’on lui a lancé en ce sens, comme pour éviter qu’on leur prête de fausses intentions, qu’on les comprenne mal. « On n’a pas voulu faire d’allusion politique. […] En fait, c’est super ironique et c’est juste un clin d’œil à notre enfance, c’est tout. »

Abakos (Crédit: Spencer Edwards)
Abakos (Crédit: Spencer Edwards)

Les chansons de Ngabô (pour les intimes) et Pierre Kwenders, « le dernier empereur bantou », témoignent de leurs rencontres mais aussi de leurs voyages au fil des années et bien au-delà de leur mère patrie. C’est, par ailleurs, à Nashville que les Montréalais d’adoption les ont enregistrées aux côtés du trio local Basecamp. Des stars du web qui comptent leur nombre d’écoutes sur Soundcloud par centaines de milliers. C’est eux, à titre de réalisateurs, qui sont à la base des superpositions de couches florissantes des trois plages du EP à naitre. « À la base, Ngabô avait travaillé les démos puis, ensuite, on est partis [les rejoindre], raconte Kwenders. C’est avec eux qu’on a, genre, mis de l’ampleur sur la production des chansons, mis un peu plus de chair autour de l’os. […] On voulait aussi avoir un son plus jeune, parce qu’ils sont un peu plus jeunes que nous, mais en restant fidèles à nous-même, à notre identité, et ça a marché parfaitement. »

Nés sous une bonne étoile

Les astres étaient alignés pour les deux amis. De passage dans la capitale du country, qui (Ô surprise !) abrite toutefois moult artistes électro, leur destin a croisé celui de l’auteur-compositeur-interprète britannique Jamie Lidell. La concrétisation d’un souhait dont Kiroko, un « super fan » de son propre aveux, n’osait même pas rêver. « Le truc, c’est que c’était presque accidentel en fait. On ne savait même pas qu’il habitait là. Il est ami avec les gars de Basecamp et, pendant qu’on travaillait sur les chansons là-bas, ils nous ont dit « si ça vous dérange pas, on pourrait peut-être aller travailler avec Jamie… » Nous, on se demandait c’était qui, Jamie. Et ça tombe que c’était Jamie Lidell ! […] C’est vraiment un magicien, pour vrai. »

C’est avec lui, à ses côtés, qu’ils ont composé New Constellations, la carte de visite de leur premier maxi. Idem pour une chanson au titre encore gardé secret qui sortira sur le EP suivant, au printemps prochain si tout se passe comme prévu. « [Elle] était sur un certain BPM, qui était beaucoup plus rapide… C’est lui qui a eu l’idée de la changer, de la ralentir et ça a donné une nouvelle identité à la chanson. »

En attendant de dévoiler leur jeu, de montrer toutes leurs cartes, ABAKOS a su rapidement gagner la confiance des organisateurs de festivals québécois. Après un premier tour de chant officiel au FJM, voilà que le duo (accompagné d’un multi-instrumentiste) prendra d’assaut le FME puis le nouveau bébé du FEQ, St-Roch Expérience.

Samedi le 3 septembre à minuit (Scène Évolu-Son, Rouyn-Noranda)
Samedi le 17 septembre à 22h (L’Anti, Québec)
Sortie du premier EP: 30 septembre

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