FME 2016 jour 4: le sprint final
Musique

FME 2016 jour 4: le sprint final

La musique se faisait apaisante et consolante avant-hier en clôture du FME. Comme si les responsables de la programmation avaient prévu notre fatigue de surlendemains de brosses. 

C’est au Parc botanique à Fleur d’Eau qu’on entame l’ultime journée, bercés par la bruit des fontaines et le folk des cousins liégeois de Bears of Legend, le sextuor Dan San. Une cure pour les oreilles malmenées par les systèmes de son poussés à leur maximum toute la fin de semaine durant.

Les harmonies sont divines, il y a même une des voix qui sort du lot pour nous rappeler celle du chanteur de Alt-J. On est dans notre zone de confort, le son est impeccable et le violon vient ajouter une belle dose de poésie dans ce cadre déjà bucolique.

Dan San (Crédit: Alicia Beauchemin)
Dan San (Crédit: Alicia Beauchemin)

15h30. Direction le Théâtre Paramount pour un concert bonifié de Dear Criminals, proposition en apparence positivement fucked up sur papier. Avec 2GPU, c’était le titre de ce spectacle multidisciplinaire  créé par David Paquin et son équipe du programme de Création et nouveaux médias de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, le public était amené à vivre un genre de voyage astral 3D au son de leur électro aussi sensuel qu’inquiétant.

Une expérience psychédélique et presque spirituelle, d’autant plus que la voix de Frannie Holder (Random Recipe) et l’orgue synthétique se faisaient presque ecclésiastique par moments.

Ni plus ni moins que mon coup de coeur de festival.

Dear Criminals
Dear Criminals (Crédit: Alicia Beauchemin)

À peine sortis de la salle, on traverse la rue pour un 5 à 7 au Bar Le Groove avec Paupière. Une formation regroupant Pierre-Luc Bégin (feu Polipe, We Are Wolves), Éliane Préfontaine ainsi que Julia Daigle, hit girl devant l’éternel et artiste visuelle d’exception.

Un trio de chuchoteurs qui cultivent une présence scénique décalée, un stylisme rétro-gardiste. On fait vite d’entrer dans leur délire, de se laisser séduire par leur instrumentation ultra minimaliste (un drum électronique, des pads, un clavier) et leurs textes évocateurs.

Paupière (Crédit: Alicia Beauchemin)
Paupière (Crédit: Alicia Beauchemin)

Il ne faudrait tout de même pas négliger le 7e art, ni oublier de s’alimenter. L’équipe de Voir a donc choisi de pimenter le temps mort (environ 2h sans show) d’un nachos copieux et d’une projection de Nitro Rush.

Notre collègue Olivier Boisvert-Magnen était aux anges.

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Visiblement ému par la tendre relation père-fils des deux protagonistes, il nous a livré cette critique à brûle-pour-point.

« Ce que j’aime beaucoup de ce film, c’est qu’on sent qu’au Québec on a le sens du montage, on dirait qu’on sait comment construire une belle histoire pour nous tenir en haleine pendant une heure trente. Tout le long, j’étais submergé par ces histoires et ces péripéties qui sont, ma foi, extrêmement bonnes. On dirait que j’étais un acteur dans le film, je me sentais impliqué. Alors, j’ai adoré. »

Fin de l’intermède cinéphile. Cap sur l’Agora des Arts, pleine à craquer, pour un concert de Tire le Coyote auquel on ne pourra tristement pas assister, faute de place. Qu’à cela ne tienne: on a pu se reprendre avec The Barr Brothers et leur rock planant aux accents country.

The Barr Brothers (Crédit: Alicia Beauchemin)
The Barr Brothers (Crédit: Alicia Beauchemin)

Sans surprise, leur récital s’est avéré d’une grande beauté et les arrangements, somptueux, sont venus apaiser les cœurs meurtris par les excès en tout genre de ce long week-end festif. Une conclusion parfaite, dans les circonstances.