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Jesse Mac Cormack : S'enfermer et faire des disques
Musique

Jesse Mac Cormack : S’enfermer et faire des disques

Sa musique folk rock teintée de blues résonne de plus en plus ici et ailleurs. Rencontre avec Jesse Mac Cormack, un gars qui ne veut pas se brûler.

«Je veux juste faire des tounes!», lance Jesse Mac Cormack. On lui souhaite fort parce que le jeune Montréalais est l’un des chanteurs/musiciens les plus intéressants du moment. Et il semble être pas mal inspiré depuis les deux dernières années. Signé chez Secret City Records (Patrick Watson, The Barr Brothers), il a lancé trois EP entre novembre 2014 et septembre 2016. Il pense maintenant à un long jeu, «mais ce ne sera pas un long disque, dit-il. On a le “swap syndrome” aujourd’hui: quand on en a assez, on passe à autre chose».

Alors que le premier EP Music for the Soul était davantage piano-guitare-voix, le second, Crush, dévoilait Jesse Mac Cormack sous un nouveau jour blues rock. Et le troisième EP tout frais, After the Glow, poursuit dans cette nouvelle énergie. «J’aime vraiment le blues, là! Y a pas grand-chose de plus pur que ça.» Il confiera plus tard: «Ce troisième disque, je me rappelle que je voulais qu’il soit meilleur que l’autre d’avant. J’aime quand même ça me dépasser et je suis exigeant envers moi-même.»

La scène est un grand défi en ce moment pour Jesse Mac Cormack. Spectra lui a offert de belles expériences en lui proposant la première partie de Cat Power au Festival international de jazz de Montréal ainsi qu’une tête d’affiche à l’Astral pendant Montréal en lumière. Il a très bien fait. C’était un show assez intense où les basses grondaient. Mais il désire travailler sur son spectacle pour que le public s’amuse un peu plus. C’est une question de dosage, dit-il, entre des moments énergiques et d’autres plus lourds.

«Ce qui est cool en show, c’est quand les gens sont dedans en avant, qu’ils se laissent aller et que l’énergie passe. Après tous les shows et les tournées que j’ai faits, c’est comme: bon, dans le fond ça marche pas ce que je fais. Faudrait faire autre chose. Alors il faut se poser la question: qu’est-ce que tu veux faire? Tu vas voir des shows et tu vois ce que t’aimes et ce qui fonctionne avec les spectateurs et il faut trouver un compromis entre ce qui est agréable pour toi et pour eux, sans dire que ce sera de la pop bonbon.»

En Europe, là où le magazine Les Inrocks l’a déclaré «nouveau héros de la folk moderne», il y a fait de petites tournées. Aux États-Unis aussi. Mais l’attention médiatique, bof. «C’est le fun, mais c’est pas important. J’ai des alertes pour les articles qui sortent sur moi sur Internet et je les regarde jamais. J’ai tellement pas de disponibilité d’esprit pour ça. Dans un sens, je suis un peu sauvage. C’est le fun faire des spectacles, qu’il y ait du monde et que ça fonctionne, mais j’y vais vraiment pas en téteux.»

Jesse Mac Cormack, photo : Antoine Bordeleau
Jesse Mac Cormack, photo : Antoine Bordeleau

Voir: «Si tu pouvais seulement faire de la musique…»

Jesse: «C’est ça! C’est ça qui est important! Je parlais de ça avec un ami. On passe du temps à se perdre dans nos pensées. Mais on veut être musicien! Qu’est-ce qu’on attend pour s’asseoir et faire quelque chose? C’est pas important la forme que ça prend. L’important, c’est juste de faire des choses, sans se soucier de l’impact ou pas que ça aura!»

Son discours de liberté créative s’applique aussi à la vie de tournée. Il préfère moins faire de concerts pour garder toute sa tête. «Plus t’en fais, plus tu réalises c’est quoi la réalité de faire des shows. Tu te dis: “Ah, j’aimerais ça faire le tour du monde!” Et tu le fais avec ta guitare et c’est comme: “Tabarnac, chu fatigué!” C’est quand même quelque chose voyager. J’ai fait quelques tournées cette année et quand je reviens à Montréal, je suis tellement soulagé. On a fait cinq semaines aux États-Unis et – ah, mon Dieu! – je voulais m’arracher les cheveux de la tête.»

Voir: «Mais le rythme des tournées va sans doute s’accentuer pour toi.»

Jesse: «Justement, c’est important de se positionner là-dedans. C’est pas parce qu’il y a de l’offre qu’il faut que tu y ailles. Je préfère de loin moins tourner, avoir plus de temps, moins de revenus. C’est sûr qu’on aime tous ça avoir de la reconnaissance pour ce qu’on fait, mais à un certain niveau, c’est même pas important. En ce moment, j’ai juste le goût de m’enfermer, faire un disque, le sortir et en faire un autre après.»

After the Glow (Secret City Records)
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