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Musique

Harfang : Début d’une nouvelle étape

Le groupe électro-folk local voulait absolument sortir un album en 2017. Voilà qui est fait. L’année commence fort!

À chaque album, Harfang expérimente, se redéfinit. Après deux EP prometteurs et formateurs, le quintette local qui mêle électro, folk et rock planant fait le grand saut cet hiver avec un premier album complet, Laugh Away the Sun. L’œuvre a été enregistrée au studio d’un ami du groupe, ce même endroit qui a vu naître leurs précédents disques et situé dans un nouveau quartier pas très loin de sommets montagneux à Sainte-Brigitte-de-Laval. «On aime la liberté là-bas parce qu’on a accès au matériel et on a beaucoup de latitude pour ce qui est de la création et de l’expérimentation», indique le bassiste du groupe, Alexis Taillon-Pellerin.

Pour en arriver aux sessions studio cet automne, Harfang a travaillé toute l’année sur ses nouvelles compositions, dont quelques-unes vous seront peut-être familières puisque le groupe aime bien les tester en concert, nous dit Alexis. «LATS, c’est encore le même processus que pour les EP. Il a fallu expérimenter. Les choses se sont présentées comme elles étaient. Ça se passe au gré de nos idées et on les pousse plus loin. Après, on filtre les idées et on fait un tri dans les pièces, ce qui permet de cibler le son de l’album.»

Les cinq membres du groupe, qui assurent aussi la production et la réalisation de leurs disques, étaient tellement motivés et prêts à faire un album complet qu’ils se sont fixé une date de sortie avant même d’entrer en studio. «On voulait absolument sortir un album en 2017, on était rendus là, dit Alexis. On en avait besoin pour la suite des choses, pour le développement du groupe, pour aller plus loin. Pour nous, c’est carrément une nouvelle étape: un nouveau spectacle, une nouvelle tournée, de nouveaux objectifs en terme de diffusion et de production de spectacles. Faire des spectacles, c’est vraiment ce qui cimente ce groupe-là et on voulait renouer avec le sentiment d’excitation par rapport à nos pièces.»

Laugh Away the Sun est un album bien de son temps, teinté de plusieurs genres musicaux. Un peu plus électro et rock dans l’approche que ses prédécesseurs plus folk, l’album ne renie toutefois pas ses racines. La guitare acoustique y est toujours bien présente. La sublime voix haut perchée de Samuel Wagner est accompagnée de jolies envolées de guitare et les pièces font écho aux mondes pop ou folk alternatifs de Alt-J, Bon Iver, Half Moon Run, Ray LaMontagne, etc.

À l’écoute de l’album, on s’imagine déjà bien le concert live. Est-ce que ç’a été pensé en fonction de ce que vous pouvez faire sur scène? «C’est une belle observation, parce que c’est quelque chose qui a évolué dans notre façon de composer. Quand on a commencé, on faisait vraiment des adaptations de compositions pour la scène, donc le disque et le show étaient deux mondes différents, et plus ça allait, plus on s’est mis à composer en groupe au local en jammant. Maintenant, tout ce qui est studio et spectacle a vraiment une plus grande parité», confirme Alexis.

Si le groupe a amorcé ses activités autour des compositions du chanteur Samuel Wagner et que les musiciens ont plusieurs projets parallèles, aujourd’hui, tout le monde met la main à la pâte et consacre beaucoup de temps à Harfang. «Ça reste le projet principal de nous tous. On pratique plusieurs fois par semaine. Pour la composition, c’est un peu plus aléatoire. On peut passer deux ou trois mois sans rien composer comme on peut travailler quatre ou cinq tounes en même temps en un mois. Ça marche en courbe, Harfang. Y a des périodes creuses et y a des périodes où c’est extrêmement rushant, où on est débordés et anxieux, sur la crise de nerfs, etc.!»

Et dans une scène locale électronique florissante, les autres projets musicaux des membres de Harfang nourrissent leur groupe principal. «Le fait qu’on soit actifs tous les cinq à Québec à différents niveaux dans la scène locale, je pense que ç’a beaucoup teinté notre nouvel album. Samuel a sorti son premier EP de Floes cet été. Forcément, ç’a influencé un peu le son du groupe parce qu’il s’est mis à expérimenter dans l’électro. Mathieu [Rompré] a joué pour Men I Trust et Antoine [Angers] pour Fjord et Ghostly Kisses, ç’a apporté une approche minimaliste portée vers l’électro aussi. David [Boulet Tremblay] travaille comme sonorisateur pour des groupes d’ici, donc ça apporte un second regard et une touche très Québec.»

«Oui, on est inspirés de ce qui est plus connu comme Bon Iver, mais on est aussi vraiment influencés par ce qui se passe autour de nous à Québec, poursuit Alexis. On est aspergés de plein d’idées et de concepts musicaux. C’est très fraternel en musique ici, pratiquement une microsociété! En plus de se prêter de l’équipement, on se prête des idées! J’ai l’impression qu’on est en train de créer un petit mouvement et, souhaitons-le, une école de création et de musique populaire.»

Laugh Away the Sun
Disponible maintenant

26 janvier au Cercle à Québec
2 février au Divan Orange à Montréal

 

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