Nicola Cruz : Eldorado sonore
Musique

Nicola Cruz : Eldorado sonore

Il nourrit le mythe des cités d’or, la fascination des gens de sa génération pour la série d’animation homonyme. Nicola Cruz est le seul à connaître la recette de sa house plaquée 24 carats.

Des collègues outre-Atlantique ont déjà écrit que sa musique était une «révolution électro-folklorique», une déclaration pompeuse, certes, mais pas moins juste. Nicola Cruz met la musique des Andes à sa main. Il la touille, la transforme, l’incorpore à ses bidouillages informatisés. Il est l’architecte d’un son nouveau et grandement rafraîchissant, un entremetteur entre passé et présent. «J’imagine que ça m’est venu naturellement en grandissant dans une ville comme Quito, là où la tradition est très présente. En tant que musicien, je suis toujours curieux d’expérimenter et de découvrir des sonorités différentes. J’ai le sentiment que cette région, et pas seulement celle de la côte ouest du continent sud-américain, recèle des histoires et des musiciens vraiment particuliers qui méritent d’être découverts.»

Nicola Cruz (Crédit: Jessica Rangel)
Nicola Cruz (Crédit: Jessica Rangel)

Nicola Cruz: «En tant que musicien, je suis toujours curieux d’expérimenter et de découvrir des sonorités différentes.»

Né à Limoges de parents équatoriens, il regagne la mère patrie avant même de pouvoir garder un souvenir de l’Hexagone et de sa langue officielle. Sa discographie est plutôt un hommage à ses origines génétiques, à cette contrée de l’hémisphère sud qui l’a vu s’épanouir comme créateur, comme être humain. «C’est une célébration, le témoin de ma reconnaissance et mon admiration envers cette culture.» Ses paroles, lorsqu’il y en a, réfèrent justement à des contes de son coin du globe, à des légendes souvent en lien avec la création du monde. Son prochain EP, cuisiné conjointement avec le Chilien Rodrigo Gallardo, compte une reprise d’une chanson de Luzmila Carpio qui rend hommage à la guérisseuse mexicaine María Sabina. Une figure mythique bien au-delà de l’Amérique latine, une chamane que Bob Dylan et John Lennon auraient visitée.

Par-delà la Cordillère

C’est autour du rythme que se brodent les pièces de Nicola Cruz. Des cadences séduisantes et toujours mises à l’avant-plan par ce type qui, d’abord et avant tout, se décrit comme un percussionniste. «C’est comme ça que j’ai appris la musique et c’est devenu ma voix depuis, que je le veuille ou non. J’essaie de conceptualiser mes chansons, donc je choisis des instruments de percussion en fonction des thèmes. Ça peut être des percussions “montagnardes”, afro-cubaines ou du derbarke. Peu importe. Ça change toujours et c’est nice de faire des arrangements hybrides aussi.» Hybrides, oui, mais surtout métissés. On ne peut pas dire qu’on tombe des nues quand il cite Fela Kuti parmi ses influences! «L’Afrique, c’est inévitable quand tu fais de la musique.»

L’art ne connaît pas de frontières et le compositeur explore même les confins du cosmos avec les projections de l’artiste Fidel Eljuri lors de ses concerts. Nicola Cruz invite son public à se rapprocher des étoiles, à goûter à la vie en haute altitude comme à Quito, 2850 mètres au-dessus du niveau de la mer. Une expérience presque mystique.

26 août au Cercle, à Québec

27 août à la SAT, à Montréal
(Dans le cadre de MUTEK)

 

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