Ludovico Einaudi, pianiste superstar
Musique

Ludovico Einaudi, pianiste superstar

Le plus surprenant aux concerts de Ludovico Einaudi, c’est la diversité du public. Les paires de têtes blanches se mêlent aux gangs de jeunes, aux familles, aux intellectuels mélomanes et aux banlieusards de sortie. Bref, dans la foule qui s’amasse à l’entrée du Centre Bell ce mercredi soir – près de 6 000 personnes -, impossible de deviner qu’on va écouter un compositeur et pianiste classique.

Le Centre Bell justement, parlons-en : un choix de salle plutôt étonnant pour ce genre de musique, pour cet artiste passé auparavant par la Maison symphonique et la Place des Arts. Ici, c’est plutôt ambiance gradins et pop-corn. Mais pourquoi pas. Au début, on trouve que les pièces minimalistes d’Einaudi semblent assez peu à leur place dans l’immense centre sportif, réarrangé façon amphithéâtre. On imaginerait plutôt une salle intime, un rideau rouge…

Sans plus d’entrée en matière, le pianiste arrive accompagné de cinq musiciens, et le concert commence en zappant la traditionnelle première partie. Einaudi est dos au public, affairé sur son piano à queue. La mise en scène se concentre sur le grand écran derrière les musiciens, où sont projetées des images tantôt de nature, tantôt futuriste, dans des tons blancs et bleutés. Minimaliste, comme la musique.

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Le jeu de lumières est plutôt travaillé, mettant en place tout une atmosphère. Un jeu qui, on le regrette, s’emballe parfois dans des rythmes stroboscopiques pour tenter d’accompagner la musique et qui ,s’il colle bien à l’endroit, tranche un peu avec l’ambiance méditative et introspective. On a une pensée pour les éventuels épileptiques dans le public.

Le dernier album d’Einaudi, Elements, est à l’honneur dans ce setlist où se glissent aussi les classiques du pianiste, comme Nuvole Bianche ou Fly. Les arrangements soulignent particulièrement – et si joliment – le violon, mais on se dit qu’on aimerait peut-être entendre plus le piano. Sans entracte, le concert se poursuit justement avec une longue partie en solo.

Les lumières se calment, se réduisant à un simple projecteur blanc sur Einaudi qui fait montre de toute sa virtuosité. On suit les mouvements inspirés des épaules, regrettant un peu d’être installé sur la gauche, du côté des graves donc, et ne voyant pas la main droite du pianiste s’affairer sur les notes plus aigües qui dessinent les mélodies de ses superbes créations instrumentales.

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Finalement, le Centre Bell, ça marche. Peut-être justement grâce à ce contraste entre l’immensité du lieu et le minimalisme de la musique d’Einaudi, entre le public du Centre habituellement bruyant et agité et ces spectateurs de mercredi, d’un calme religieux et d’une attention appuyée pendant les deux heures de ce concert sans paroles. Finalement, la musique se fait sa place partout.

C’est cette magie qui fait que des spectateurs de plus en plus nombreux se pressent pour écouter ce pianiste italien se clamant sans étiquette, qui en est à 30 ans de carrière. Belle initiative du Festival International de Jazz que d’avoir mis Einaudi à sa programmation. Maintenant, le pianiste a un vrai public à Montréal, et ses trois concerts au Québec ont prouvé à chaque fois qu’il était plus qu’attendu. D’ailleurs, on en reprendrait bien encore.

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