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Retour sur Heavy Montréal 2018 – Jour 1 avec Napalm Death et Emperor
Musique

Retour sur Heavy Montréal 2018 – Jour 1 avec Napalm Death et Emperor

Du soleil, de la musique intense et un déluge de pluie pour couronner la première journée d’Heavy Montréal, 9e édition.

À notre arrivée sur le site du festival installé cette année sur l’île Notre-Dame, on ne peut faire autrement que constater son étendue. Ce n’est pas juste un terrain aménagé pour présenter les prestations d’une flopée de groupes métal. C’est un véritable village qui se déploie en quatre pôles d’attraction – les quatre scènes – et plusieurs allées de traiteurs et de kiosques de marchandises, sans oublier la scène Heavy Mania pour les amateurs de lutte.

Je pensais que la configuration du site rendrait les allers-retours entre la scène Heavy et la scène de l’Apocalypse fastidieux, mais ça n’a pas été le cas puisque les groupes qui m’intéressaient se produisaient sur les scènes de l’Apocalypse, de la Forêt et du Jardin. Après ces quelques considérations pratiques, passons aux choses sérieuses et en avant la musique!  

Lee Aaron. La rockeuse canadienne active depuis 1982 a affirmé être honorée de participer pour la première fois à Heavy Montréal et le public rassemblé devant la scène de l’Apocalypse semblait heureux de la retrouver. Après avoir rappelé qu’elle venait de lancer l’album Diamond Baby Blues, elle a interprété Diamond Baby, suivi de la pièce titre du disque Fire and Gasoline, sorti en 2016. On a aussi eu droit à American High, une chanson sur toutes les choses qu’on aime au sujet de nos voisins américains, selon la chanteuse. Toujours est-il que c’est pendant les chansons Sex With Love, Hands On et Watcha Do to My Body que l’ambiance a vraiment levé. Note: il y avait beaucoup de jeunes dans la foule malgré le fait que la plupart d’entre eux n’étaient pas nés quand Lee Aaron était au sommet de sa gloire dans les années 1980.

The Black Dahlia Murder a attiré une foule enthousiaste devant la scène de la Forêt et c’était pleinement mérité. Le son était si bas (ou peu élevé!) qu’il n’était pas nécessaire de mettre de bouchons. C’est pratique quand on veut jaser avec des amis, mais énervant lorsque les personnes près de soi parlent trop et nous empêchent d’entendre le groupe, sans parler des introductions aux matchs de lutte sur la scène Heavy Mania située tout près. Shhh!

On lève notre chapeau bien haut à The Black Dahlia Murder qui s’est donné à fond malgré la chaleur intense. Ils ont notamment joué Matriarch, de même que Jars, qui porte sur le cannibalisme.

Premier et seul «fail» de ma journée. Rater une grande partie de la prestation de Baroness pour aller à la tente média située à au moins un kilomètre des scènes. Je pensais que le groupe se concentrerait sur le matériel de Purple que j’ai plus ou moins apprécié. Or, la formation originaire de la Géorgie a régalé la foule avec les classiques des albums Red Album (2007), Blue Record (2009) et Yellow & Green (2012). Et que dire de la performance de la guitariste Gina Gleason qui remplace Peter Adams depuis 2017? Hallucinante!

Durant Witchcraft, en concert sur la scène de la Forêt, la voix du présentateur de Heavy Mania était tellement forte que le chanteur à fait remarquer au public qu’il s’était peut-être trompé de party. Prestation efficace dans les circonstances.

Alestorm était là pour faire la fête – il faut dire que leur mélange de power métal folk dédié aux pirates et à la bière s’y prête bien – et l’immense foule réunie devant la scène de l’Apocalypse a répondu à l’appel avec un enthousiasme débordant. La formation de Perth en Écosse a notamment joué Mexico, One More Drink, Hangover, Nancy the Tavern Wench et Captain’s Morgan Revenge sur fond de bannière colorée et de canard géant.

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Napalm Death. Je l’ai souvent dit et je le répète: c’est mon groupe préféré et sa prestation puissante m’a encore rappelé pourquoi. Derrière leur grindcore acéré, les membres du groupe britannique sont des gentlemen. Le chanteur Barney Greenway a ouvert le concert en saluant la foule compacte avec un «ça va?» de circonstance. Même s’il n’était que 17h35, la fatigue se lisait sur de nombreux visages incluant le mien. Quelques morceaux après le début de la prestation, le jet d’eau destiné à la foule a dévié sur la scène, mais ça n’a pas empêché le quatuor de livrer la marchandise. Au menu: Practice What You Preach; Standardization (où il est question du fait que les gouvernements aimeraient que les gens pensent tous la même chose); la pièce titre de Scum, le premier disque paru en 1987, soit avant la naissance de bien des personnes dans la foule, a fait remarquer Barney; Narcoleptic (inspiré par les gens qui passent à travers leur vie dans se rendre compte de ce qui se produit autour d’eux); Nazy Punks Fuck Off (des Dead Kennedys);  Greed Killing; Clouds of Cancer / Victims of Ignorance (reprise de G-Anx); Suffer the Children (20 ans après l’avoir écrite rien n’a changé, déplore Barney en introduction); Apex Predator – Easy Meet et Inside the Torn Appart pour terminer ça en beauté et en vélocité.

photo Mihaela Petrescu
photo Mihaela Petrescu

Red Fang est ma surprise du festival. Parce que je n’avais pas aimé Only Ghosts (2016), je m’attendais à rien, mais la prestation du groupe stoner métal de Portland en Oregon m’a rappelé que leur musique est beaucoup plus efficace live. Les chansons sont plus lourdes, elles ont plus de corps et rentrent dedans.

Pouf! C’est le déluge pendant une bonne quinzaine de minutes.

Malgré les shorts et les souliers mouillés, direction scène de l’Apocalypse pour le clou de ma journée: Emperor. J’aurais aimé que le son soit plus fort pour rendre avec plus de justesse la puissance de l’album Anthems to the Welkin at Dusk. Malgré tout, on a eu droit à une prestation enlevante et majestueuse qui illustre parfaitement bien pourquoi le disque paru en 1997 est le classique de la formation black métal norvégienne. Les frissons qui m’ont traversé le corps pendant une heure n’étaient pas dus juste à mes pieds trempés et à la température plus fraîche.