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Juste Robert : Sculpter des poèmes
Musique

Juste Robert : Sculpter des poèmes

L’artiste visuel de Québec sort de son atelier pour nous envelopper de sa prose avec Mon mammifère préféré, une deuxième offrande satinée de nostalgie et de lumière portée par son projet musico-poétique Juste Robert.

Il y a de ces êtres insaisissables, énigmatiques, qui traînent dans leur sillage un fascinant parfum de mystère. Jean-Robert Drouillard est de cette espèce. Artiste jusqu’au bout des griffes, il a tâté le théâtre, la photo, la peinture et le dessin avant de se tourner vers la sculpture, après des études en littérature et en création littéraire. Une poignée de lunes plus tard, tandis qu’il s’affaire à tailler de splendides œuvres d’art, la musique gravite dans son orbite.

L’année 2005 voit poindre les balbutiements de Juste Robert, un projet à forte teneur poétique. Drouillard, du haut de ses 35 ans, pince les cordes d’une guitare pour la première fois. «J’ai toujours eu ça en dedans de moi; j’ai toujours pensé et su que j’étais capable de chanter.» Ce que l’artiste n’avait pas prévu, c’est que «des phrases et des mots sont apparus» tout de suite après qu’il a fait quelques accords. Ces écrits ont trouvé refuge dans ses cahiers, en dormance pendant quelques années avant que les étoiles s’alignent. «Si je n’avais pas rencontré Hugo Lebel [membre des Goules et de Lesbo Vrouven], rien de tout ça ne serait arrivé. C’est ce garçon-là qui m’a sorti de ma cuisine.»

Si Lebel est l’agent provocateur de Juste Robert, réalisant Des autoportraits en 2014, un premier album paru sous l’étiquette P572, Benoit Pinette, alias Tire le coyote, a incité La Tribu à explorer le matériel du sculpteur-poète. Ça a cliqué: Mon mammifère préféré  sort de son terrier le 8 mars prochain.

Pochette de l'album, Mon mammifère

Qualifiant sa nouvelle offrande de «doux bordel intuitif», Jean-Robert Drouillard s’est entouré d’un essaim de musiciens exceptionnels qui ont su magnifier sa poésie. On remarque la signature de Shampouing (Benoit Villeneuve), talentueux guitariste qui a collaboré aux arrangements de son premier extrait #kanyewest et ceux de l’émouvante Des pissenlits de lumière, reprise de son premier album. L’émérite Vincent Gagnon (entendu auprès d’Hubert Lenoir récemment) s’invite également au piano et aux claviers. «Lui, je lui demande “pourquoi t’acceptes de jouer sur mon disque?”, et il me répond “tes tounes me font pleurer”.»

Le prolifique pianiste n’est pas le seul à se faire tirer les larmes par Juste Robert. En concert, Drouillard a beau jouer «tout croche de la guitare», ses textes livrés de sa voix «brute et nasillarde» et son authenticité sur les planches ont l’étrange pouvoir d’activer les glandes lacrymales. «Je chante avec mes tripes, avec mon cœur. J’aime ça comment ça vibre en dedans de moi.»

Crédit: Émilie Dumais
Crédit: Émilie Dumais

 «J’ai toujours eu ça en dedans de moi; j’ai toujours pensé et su que j’étais capable de chanter.»

– Juste Robert

À presque 49 ans, Jean-Robert Drouillard est toujours considéré comme un artiste émergent. En 2017, sa proposition francophone un peu bancale (ce sont ses mots) a été lauréate du Prix de l’enregistrement studio Sirius XM et du Prix de la chanson SOCAN remis lors du Festival en chanson de Petite-Vallée. Juste Robert a également participé aux Francouvertes la même année. Que lui réserve 2019 avec la sortie de Mon mammifère préféré? Sans attente particulière, l’humble sculpteur ne semble aucunement soucieux de son avenir en tant que musicien. «Je le vis exactement comme j’ai toujours vécu mon art: je le pitche, et après, je suis rendu à bâtir autre chose.»

On a déjà hâte de découvrir ses futures créations.

Mon mammifère préféré
(La Tribu)

Sortie le 8 mars

le 14 mars au Palais Montcalm (Salle D’Youville)
le 7 novembre au Théâtre Petit Champlain

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