Le pouls de Québec #1 : Valence
Musique

Le pouls de Québec #1 : Valence

Chaque mois, on pose notre loupe sur un projet tout neuf, enthousiasmant et issu de la vibrante scène musicale de Québec.

Nom complet : Vincent Dufour
Quartier : Saint-Sauveur
Style : Art pop
Antécédent : Medora
Équipiers : Alexis Taillon-Pellerin, Raphael Laliberté-Desgagnés, Antoine Bourque, Olivier Bresse, Aubert Gendron-Marsolais
Maison de disques : Indépendant

Valence  (crédit : Claudie Mailhot-Trottier)

Dans quel contexte est-ce que le EP est né?

J’ai écrit ça l’été dernier après avoir fini l’université. J’étais dans une passe où est-ce que je finissais mon bac en design graphique. J’avais quitté Medora, aussi, quelques mois avant. Y’a plein de choses qui s’étaient passées. On dirait qu’il bouillonnait beaucoup de sujets en moi. La plupart des gens [avec qui je suis allé à l’école] entraient sur le marché du travail ou suivaient un chemin qui était comme un peu pré-établi. La thématique de l’album est un peu en réponse à ça.

 

Tu as refusé d’entrer dans le moule et la course du quotidien, finalement?

Oui tout à fait. J’ai voulu m’affranchir des chemins déjà tracés et des activités qui stérilisent un peu notre quotidien. J’avais l’impression d’être dicté à aller vers là.

 

Sur Sophie, tu évoques des envies de fuites. Ça teinte vraiment toutes les chansons. Tout à l’heure, tu parlais de routines rushantes et de chemins déjà tracés… En même temps, c’est quand même très demandant de faire un album parce que tu as des comptes à rendre à plein de monde. Les musiciens qui t’accompagnent, ton attaché de presse, Donna qui fait les pochettes… C’est un travail d’équipe qui demande quand même une certaine discipline. Maintenant que c’est sorti, est-ce que c’est là que tu te pense que tu pourrais, je te cite, décrisser?

Pour recommencer à écrire, je pense qu’il va falloir que je me réaffranchisse de mon quotidien! J’ai bâti une nouvelle structure. […] J’ai travaillé un peu dans le milieu du design et  de la publicité. Ce qui a fini par teinter le EP, c’est pas juste la pression par rapport au fait d’avoir une carrière. Il y a de ça, mais je voulais aussi montrer qu’on est, d’une certaine manière, un peu colonisés par des espaces stérilisants comme, par exemple, les technologies. Dans le domaine du design, faut que tu crées des expériences que l’utilisateur ne fait que suivre des chemins que tu lui proposes. Ça laisse pas beaucoup d’espace libre, pas d’espace propre à l’émancipation.  Comme ce que tu retrouves dans l’art, finalement! Je me sentais complètement colonisé par mon cell que j’étais toujours en train de checker.  D’une certaine façon, ton cerveau ne laisse plus de place à l’imagination! Il ne fait que suivre des chemins préétablis. La publicité c’est ça, aussi. C’est de vouloir contrôler des comportements, de te donner une ligne à suivre….

C’est surprenant, quand même, que tu aies réussi à faire un album ensoleillé, de très joyeux dans l’instrumentation, mais avec des thèmes aussi durs. Ton timbre de voix est super doux, tu as des synthés amusants sur Jupes aquariums, un riff de guitare vraiment ludique sur Cristobal… Est-ce que c’était important pour toi de faire un contrepoids?

Oui, finalement, quand je compose, c’est en rétroaction à ces réflexions-là, c’est en réponse au cynisme, dans le fond. C’est des réflexions que je ressasse en permanence. Moi, ma façon de fuir, c’est de m’asseoir et de mettre du temps dans un projet musical. C’est ma forme de fuite. Je sais que c’est super cliché! Au final, quand je commence à composer, j’ai pas envie d’aller dans la lourdeur. Jupes aquarium, justement, parle de ça. Ça parle de me laisser dans des fantasmes ou dans la folie, d’aller toucher à des émotions qui sont pas nécessairement proposées dans notre quotidien.

 

C’est pas toi qui écrivais les mots dans Medora. C’était la tâche de Charles Côté au sein du groupe et toi, tu interprétais ses textes. Quand est-ce que tu as réalisé que tu étais toi aussi capable d’écrire des paroles?

On dirait que je sous-estimais un peu ma plume pour de la chanson. Je savais que j’étais capable d’écrire des textes, mais c’est juste que Charles le faisait dans Medora et c’était comme une mécanique qui fonctionnait bien donc on n’a jamais vraiment remis ça en question. Un moment donné, par contre, vers la toute fin, je sentais de plus en plus que j’avais envie de dire des choses. […] J’ai vraiment l’impression que ça m’a fait du bien d’écrire ce EP-là parce que j’ai exprimé, sorti quelque chose. J’ai profité totalement de ce que pouvait m’apporter une création libre.

Cristobal Cartel
Disponible maintenant

En concert :
6 juin
Au Maelstrom
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6 juillet
À la Salle Multi de Méduse (dans le cadre du Festival OFF)
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5 septembre
Au Rainbow Submarine, Rivière-du-Loup

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