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Courtney Barnett au FEQ : Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple
Musique

Courtney Barnett au FEQ : Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple

Figure de proue de la scène rock alternative, Courtney Barnett n’a pas fait mentir sa réputation. C’est à nul autre qu’une bête de scène irrésistible que les festivaliers se sont heurtés, hier soir, à l’Impérial.

Oh qu’elle sait donner un spectacle rock, cette Courtney Barnett! Au premier coup d’œil, la recette semble si simple sur scène : une chanteuse, un (timide) bassiste au visage obstrué par ses longs cheveux, un drummer à casquette, quelques amplis, une scénographie sans flafla … Pourtant, il y a quelque chose de surnaturel dans ce jeu de guitare hargneux, à l’effet coup de poing, dont seule Barnett connaît la technique. Venue défendre les trames de l’excellent Tell Me How You Really Feel (2018), l’Australienne a lancé cette soirée par l’entremise d’Hopefulessness, ce doux crescendo se transformant peu à peu en une finale chaotique, avant d’enchaîner avec la vivante City Looks Pretty et le classique Avant Gardener, extrait d’A Sea of Split Peas (2014).

Courtney Barnett (Crédit: Philippe Ruel / FEQ)

 Insatiable sur scène, Barnett n’hésite pas à jammer entre la plateforme surélevée de son drummer et le bout de la scène, au bord du précipice, prête à se joindre à la foule. Malgré un problème sonore durant Small Talk, le spectacle défile à vive allure avec Need a Little Time, Nameless, Faceless et l’abrasive trame punk sur fond de féminisme I’m Not Your Mother, I’m Not Your Bitch.

Heureusement, la chanteuse nous donne la chance de reprendre notre souffle en interprétant Depreston et Are You Looking After Yourself, pétillantes ballades rock qui permettent de valoriser cette voix tant unique de Barnett, à mi-chemin entre le chanter et le parler.

Sans ménager sa fougue contagieuse, la charismatique rockeuse a mis fin aux hostilités avec la bombe Pedestrian At Best (quoi d’autre!), de son deuxième opus Sometimes I Sit and Think, and Sometimes I Just Sit sorti en 2015, devant un parterre gonflé à bloc, avant un dernier appel (Let it Go et History Eraser), malheureusement un peu moins mémorable que le reste de la soirée. Si seulement elle n’avait pas mis la barre aussi haute … 

 

Anemone : Retour en arrière

Très séducteur, ce son rétro à la touche psychédélique que la formation montréalaise Anemone nous a offert en ouverture des festivités. Chloé Soldevila, plantée derrière son double synthétiseur, et sa bande nous ont replongés dans la Californie des années 60 avec ces arrangements disco-funk destinés aux pas de dance. Visiblement ravie de sa présence, Soldevila sait comment s’approprier une foule au moyen cette voix planante, à l’écho omniprésent, qui laisse place aux envolées aériennes et transcendantes de ces musiciens. 

Chloé Soldevila du groupe Anemone (Crédit: Philippe Ruel / FEQ)

S’inscrivant dans la veine des King Gizzard & The Lizzard et de U.S Girls, le quartet a livré les On Your Own, Memory Lane et Only You (tous trois tirés du dernier album Beat My Distance) dans un enthousiasme épidémique, du moins si on se fie à la réception du parterre, qui a même scandé un rappel, en vain. Après des passages à SXSW et au Festival Avant-Garde de Pitchfork dans les derniers mois, Anemone est en train de se forger une véritable réputation hors Québec et on comprend pourquoi.

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