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Mathieu Bérubé raconte son album Roman-savon
Musique

Mathieu Bérubé raconte son album Roman-savon

Mathieu Bérubé a sorti récemment l’un des meilleurs albums de la saison, Roman-savon, son deuxième en carrière «où les thèmes principaux sont axés sur les relations interpersonnelles à rebondissements démesurés». L’autodérision est donc de mise.

Suite à une collaboration fructueuse entre Mathieu Bérubé et le chanteur et musicien Antoine Corriveau dont le résultat a été la chanson L’Âge d’or, ce dernier a assuré la réalisation de l’album de l’Eustachois d’origine. Maintenant installé à Natashquan pour concocter (déjà!) son troisième disque, il a bien voulu répondre à quelques questions sur cet album riche et sensuel.

VOIR: Explique-nous la genèse de cet album et ce qui t’a mené vers cette thématique d’autodérision autour de l’amour.

Mathieu Bérubé: «L’idée de base était d’aborder la sensualité, l’érotisme et l’amour, en évitant la vulgarité et l’anecdote qu’on voit et qu’on entend souvent. Je me suis servi de mes expériences personnelles et j’ai romancé ces histoires. Comme j’ai développé une écriture assez ludique, le propos dramatique des textes devenait plus nuancé. Les sentiments pourtant honnêtes qui étaient à la genèse du disque m’apparaissaient absurdes; comme un comédien qui aurait surjoué. J’étais donc à la recherche d’un titre qui jouerait sur l’ironie du disque. Le concept du roman-savon et la culture télévisuelle qui s’y rattache cadraient parfaitement avec la nature outrancière des différents textes. J’aimerais prétendre que ça faisait partie d’un grand plan de travail, mais le résultat est somme toute un accident.»

Les arrangements sont riches et beaux. Tu t’entoures de nombreux collaborateurs (Stéphane Bergeron, Cédric Martel, Martin Lizotte, Mélanie Venditti et plus). Quand tu t’imaginais cet album au départ, était-il aussi faste?

«L’important pour moi a toujours été la chanson, dans sa définition la plus primaire; un texte, une mélodie et une harmonie. Après avoir posé les bases, on s’est donné le temps de broder autour de la fondation et on a eu la chance de recevoir des musiciens particulièrement généreux. Je faisais affaire avec Antoine Corriveau, qui a fait une psychose sur les écrasements d’avion pendant son dernier disque; on ne peut plus pertinent puisque j’ai compris qu’on doit provoquer des accidents et que le plus difficile est de faire le tri.»

Que représente pour toi Dépression au-dessus du jardin de Serge Gainsbourg, que tu reprends magnifiquement sur Roman-savon, et quelles couleurs as-tu voulu lui donner sur disque?

«J’admire la version originale que chante, du bout des orteils, Jane Birkin. Il y a quelque chose de plus grand que soi dans cette chanson. La mélodie est très complexe à chanter pour un pauvre chanteur comme moi. La forme est assez singulière aussi; couplet en mineur, reprise instrumentale en majeur, retour au couplet et fin. C’est en explorant ce genre de forme qu’on remarque le cadre qu’impose la chanson populaire à la création; cadre que j’aime bien d’ailleurs. Elle aidait à briser le rythme tout en offrant une pierre angulaire à la thématique qui se construisait. Stéphane Bergeron (à la batterie) et Cédric Martel (à la basse) ont accompagné la simple mélodie vocale lors de la préproduction et on savait déjà que le dossier était rangé avec ce qu’ils nous ont offert à ce moment-là. J’ai voulu respecter l’esprit gainsbouresque – si on me permet l’expression.»

On nous dit que tu viens d’emménager à Natashquan. C’est la création qui t’attend là-bas?

«Dans le meilleur des mondes, j’aimerais enregistrer mon prochain disque ici, à Natashquan, du moins en partie. J’ai physiquement tout ce qu’il me faut. J’ai travaillé avec plusieurs musiciens et techniciens différents qui m’ont tous appris beaucoup, alors j’en suis à essayer de me débrouiller seul. Les institutions culturelles n’ont pas été particulièrement clémentes avec moi en terme de financement dans la dernière année, c’est pourquoi j’ai aussi un travail qui me permet de rencontrer les gens et de rester actif. J’ai une tendance à l’oisiveté et la contemplation qui est parfois nuisible.»

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