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Mike Paul Kuekuatsheu
Musique

Mike Paul Kuekuatsheu

Originaire du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Mike Paul a plus de 25 ans de métier derrière la cravate. Depuis l’adolescence, il joue de la guitare, compose ses chansons et propose des spectacles un peu partout. Artiste indépendant qui s’autoproduit, Mike oeuvre dans le folk et chante en innu, en français et en anglais. Son deuxième album, Origine, est nommé dans la catégorie meilleur album inuit en langue autochtone ou francophone aux Indigenous Music Awards et il dit avoir déjà plusieurs chansons pour un troisième album.

Il sera en tournée tout l’été et l’automne, dans divers festivals et événements. Mike Paul fait également des conférences, des contes et des ateliers sur la culture innue dans les écoles et les bibliothèques. Visitez son site web pour tous les détails.

Nation: Innu / Communauté: Mashteuiatsh / Genre musical: Folk

Vous dites que c’est la terre-mère qui vous inspire avant tout. Comment se déroule le processus de création de chansons et dans quel environnement préférez-vous créer?

La passion de la musique s’est développée en écoutant des longs-jeu vinyles dans le sous-sol de mon beau-père. J’ai eu ma première guitare à 14 ans. J’ai appris à en jouer avec mon cousin, mon oncle et quelques amis de Roberval. Composer m’est alors venu naturellement. À 15 ans nous avons présenté notre premier spectacle à la maison de jeunes de Roberval. À 17 ans, avec mon groupe, nous avons remporté Secondaire en spectacle à Roberval. Depuis ce temps je n’ai jamais cessé de jouer et de composer.

Le processus de création des chansons s’étend sur une longue période. Étant un artiste indépendant, j’ai attendu le bon moment. J’ai parcouru un chemin très long et souvent difficile. 

Les thèmes de mes chansons sont la nature, la terre-mère et la culture millénaire de mon peuple de nomade de chasseurs-cueilleurs. Le monde contemporain et les réalités actuelles de nos peuples font également partie de mes inspirations. La plupart du temps, je compose d’abord la musique, ensuite j’intègre une mélodie en onomatopées et j’intègre le texte par après. Pour composer, je dois me retrouver dans des endroits calmes, au bord d’un lac, d’une rivière ou en voyage. Parfois, j’entends un son dans la nature, la rivière, le chant des oiseaux, le vent et je me mets à fredonner et à composer avec ces bruits de la nature. C’est ainsi que m’est venue la première chanson de mon album Ishpitelitamun (respect). 

Je tiens à remercier mon agente Marie Chevrier et les collaborateurs de mon album Frédéric Désautels, Justin Lambert et Francis Perron du studio Radicart et je vous invite à découvrir le merveilleux vidéoclip Tshiuetin (vent du nord).

Pouvez-vous nous parler du territoire dans lequel vous avez grandi et partager une chose spéciale ou une anecdote qui implique la communauté?

J’ai grandi dans la communauté innue de Mashteuiatsh au Pakuakamit (Lac-Saint-Jean), un très beau village tout près de la plage Robertson, entre le chemin de fer et le domaine Philippe.  Ma famille possédait la seule maison bâtie très loin du village et était entourée de forêt. J’ai donc passé mon enfance à m’amuser avec ma sœur, mes cousins et cousines à faire du vélo dans les sentiers forestiers de la plage, à pêcher le doré ouananiche. Nous construisions des cabanes dans la forêt et chassions, le (uapush) lièvre. J’ai eu la chance de grandir dans une famille qui montait souvent sur Nitassinan, qui signifie notre immense territoire traditionnel. Notre famille pratiquait beaucoup les Innu Aitun, des activités traditionnelles innues. Dans le temps de la chasse et des bleuets, nous montions des tentes dans le parc de Chibougamau. Des branches de sapin faisaient office de tapis dans les tentes et parfumaient l’habitation de leur agréable odeur. Le matin, nous mangions de la bonne truite avec des œufs et les midis, la délicieuse soupe à la perdrix de ma mère. Nous étions libres, nous nous amusions et nous étions heureux. Pas d’Internet, pas de cellulaire, ni de jeux vidéo, nous jouions dehors toute la journée.

Au lac Chigoubiche où mon grand-père m’avait appris à ramer dans le bois, je me souviens d’un doux sentiment de bien-être. Mon grand-père me racontait ses années comme guide de pêche au lac Albanel, chez les Cris et de draveur au lac Chigoubiche, J’ai eu la chance moi-même d’être guide dans le Grand Nord, à la rivière La Grande. J’ai toujours été passionné du plein air.

Lorsque la famille m’a nommé gestionnaire du territoire, mon grand-oncle m’a dit de ne jamais refuser qu’un Innu se tente sur le territoire. L’entraide et le partage est l’un des piliers de notre culture.

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