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Shauit
Musique

Shauit

L’artiste Shauit, qui a grandi près de Sept-Îles, est arrivé sur les scènes québécoises il y a quelques années avec un heureux mélange unique de pièces originales reggae et dancehall chantées en innu-aimun, sa langue natale, mais aussi en français, en anglais et même en créole.

Shauit lançait en 2017 son premier album complet aux touches folk et soul, Apu Peikussiakqui signifie Nous ne sommes pas seuls. Depuis, il fait voyager sa musique et sa culture.

NationInnuCommunauté: Uashat mak Mani-Utenam / Genre musical: Dancehall-soul-reggae

Peux-tu nous faire une mise à jour de ta carrière? Est-ce qu’un nouvel album est en chemin? Qu’as-tu à ton agenda cet automne? 

Aujourd’hui, je suis dans un moment de collaborations et d’échanges avec plein d’autres artistes d’ici et d’ailleurs. J’ai eu la chance de connaître et fraterniser avec les membres du groupe reggae chilien Culto Reggae lors de notre première tournée internationale au Chili l’an dernier. Nous avons eu le temps d’enregistrer une chanson ensemble, Unity, qui se retrouve sur le nouvel album de Culto Reggae, Rock, Reggae, Love, lancé cet été. 

Nous sortons tout juste d’une résidence en deux parties avec le groupe marocain Wachmn’hit, ayant comme objectif de créer des chansons communes et de monter un spectacle pour le présenter au public. La première partie s’est déroulée à Rabat, au Maroc, et la deuxième à Mashteuiatsh, au Lac-Saint-Jean. J’ai deux autres résidences en août en Gaspésie pour d’autres créations, dont l’une avec le bassiste de l’ancien groupe Les Colocs, André « Vander ». Ces nouvelles créations sont en vue d’un nouvel album, qui sortira l’an prochain si tout va bien. Cet automne je voyagerai beaucoup, notamment en Allemagne et au Maroc, pour participer à des vitrines internationales, ainsi qu’en France pour un atelier/spectacle. Je me produirai aussi à quelques endroits au Canada. J’aurai plus de temps libre cet automne, alors je compte bien en profiter pour travailler sur de nouvelles compositions. 

Peux-tu nous parler du territoire dans lequel tu as grandi et partager une chose spéciale ou une anecdote qui implique la communauté? 

J’ai grandi pendant mes premières années à Mani-Utenam. Ce que je me souviens, c’est d’avoir connu un peu de vie paradisiaque sur le territoire. Pendant l’été de mes 2 ans, je suis allé avec mes parents, mon oncle et ma tante, camper sur le bord de la Mishta-Shipu, la «Grande-rivière», connue sous le nom de Moisie, dans le but, j’imagine, de pratiquer la pêche au utshashumek, au saumon. Nous dormions dans une tente en toile de style prospecteur, le sol tapissé de sapinage qui emplit le gîte de la fraîche odeur du sapin, et le poêle à bois en tôle qui crépitait d’un feu réjouissant. Le matin on y faisait nos «toasts» en collant les tranches de pain directement sur ce poêle, sur le dessus et même sur les côtés, ce qui m’avait étonné et amusé. J’ai aussi quelques souvenirs du voyage en canot pour s’y rendre. Les vagues qui frappaient le bord de l’embarcation, le bruit du moteur qui nous propulsait. C’est un endroit où le conifère est roi. Un pays de montagnes, de belles rivières, de lacs… de temps froid aussi, et de neige. Un autre souvenir que j’ai concerne une tradition perdue de ma communauté de Mani-Utenam: au matin du jour de l’An, les enfants mettaient leur vêtements d’hiver, attrapaient un sac et, comme à l’Halloween, faisaient du porte-à-porte pour recueillir des friandises. La plupart de ces dernières étaient des cannes de Noël et bonbons du genre, bien sûr. Mais à notre âge on était bien contents, même s’il fallait parfois traverser des monts de neige.  

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