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Quantum Tangle + Lydia Képinski
Musique

Quantum Tangle + Lydia Képinski

Chaque semaine, en partenariat avec la très cool et pertinente plateforme numérique Nikamowin (une initiative de Musique Nomade), nous vous présentons le profil d’un ou d’une artiste autochtone à découvrir immédiatement. Aujourd’hui, nous vous parlons d’une riche collaboration. 

Chaque année, Musique Nomade provoque des rencontres entre artistes autochtones et allochtones avec son grand concert Nikamotan MTL dans le cadre de Présence autochtone. L’été dernier, l’univers du trio folk-blues Quantum Tangle et celui de la chanteuse pop alternative Lydia Képinski se sont mariés. Une chanson, aux accents funk et new wave avec des chants de gorge, est née de cette collaboration. Signal voit maintenant le jour.

Nous vous la présentons en exclusivité ici avant qu’elle soit disponible partout le vendredi 8 novembre. Afin d’en savoir plus sur la confection de la pièce, nous avons posé quelques questions aux artistes.

Quantum Tangle

Quelles sont les qualités dans la musique de Lydia qui vous ont accroché et quels sont les éléments qui se rejoignent dans vos projets?
Greyson: J’aime les tournures inattendues dans la musique de Lydia. J’étais donc impatient de voir comment son influence nous pousserait à sortir de notre zone de confort en terme de composition. J’adore ses côtés indie rock et électroniques, et je pense que son style et sa vibe correspondent bien à ceux de Quantum Tangle.

Quel message souhaitez-vous communiquer avec la chanson, en paroles et en musique?

Greyson: La chanson parle de communication et de l’impact de la colonisation sur la façon dont nous utilisons ou sommes incapables d’utiliser le langage. C’est une chanson sur l’espoir qu’il y a quelqu’un quelque part qui nous comprend et nous entend! Il y a des clins d’oeil aux fréquences de la musique, et j’adore le nombre de couches de métaphore qui sont présentes dans cette chanson!

Lydia Képinski

Quelles sont les qualités dans la musique de Quantum Tangle qui t’ont accroché et quels sont les éléments qui se rejoignent dans vos projets?

J’ai trippé sur le mix électro-chants de gorge, qui me rappelle un genre de beatbox. Je connaissais Tanya Tagaq, mais c’est crissement plus expérimental. Quantum Tangle avait cette ambition de faire se rencontrer la tradition et la culture pop.

Comment s’est passé la production de la chanson? Est-ce que tu as dû te sortir de ta zone de confort?
J’avais d’énormes inquiétudes face à la chanson. Normalement, ça me prends environ six mois boucler un texte alors je me demandais comment on allait réussir à co-écrire un morceau en trois jours. On a passé la première journée à parler, à raconter nos vies et à échanger sur nos visions politiques et culturelles. La deuxième journée on avait des textes.

En premier, on a bitché contre l’empire britannique d’un point de vue historique, et la question de la langue s’est vite posée. Perso, politiquement et artistiquement, je ressens pas le besoin de chanter an anglais. Je leur ai demandé s’ils voulaient chanter dans leurs langues autochtones respectives. Ils m’ont expliqué que leurs langues étaient littéralement en voie de disparition et en plus qu’il y avait tellement de variations dans les dialectes d’une communauté à l’autre que c’était virtuellement impossible pour eux ou du moins pas idéal dans ce contexte. J’étais au bord des larmes.

J’ai vu alors les chants de gorge de manière imagée comme le substrat d’un ensemble de langues perdues, une forme d’expression artistique qui aurait survécu au génocide culturel. Pour moi, c’était important que ce soit la base de la chanson. Comme de fait, c’est la première chose que nous avons enregistré. Le génie dans cette discipline c’est qu’elle est à la fois rythmique et harmonique.

Après, Blaise (Borboën-Léonard) est arrivé avec le beat, j’ai tracké la ligne de basse et on a enregistré les voix. Un thème récurrent dans nos conversation était celui de la communication. Comment faire face aux défis du post-impéralisme britannique, le morcellement des communautés, le bris du tissu social? Comment une génération peut-elle s’adresser à une autre si le sceau de la langue est brisé?

Je pense qu’une langue est bien plus qu’un code de communication, car en elle s’inscrit une vision du monde. De ce fait, quand une langue meurt c’est une conception du monde qui disparaît avec elle. 

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