

Retour sur: Espaces ÉmergentsSex’n’Roll à L’Axe!2 Tongue, vol. 3: spectacle-bénéfice
Parazelli Éric
Photo : Cathy Duchesne
Retour sur: Espaces Émergents
Samedi dernier, j’ai fait mon petit festivalier modèle en effectuant quelques allers-retours entre Le Zest et La Caserne (ancienne caserne de pompiers de la rue Ontario qui remplacera Le Zest en 2002), au coeur du quartier Hochelaga-Maisonneuve, qui s’était transformé pour l’occasion en zone de tremplin pour les artistes émergents de tous les horizons créatifs. Premier constat: l’événement Espaces Émergents, qui en est à sa première année d’existence, a visiblement souffert du peu d’intérêt médiatique pour cette manifestation pourtant assez fertile en découvertes et en expériences audacieuses. Toute la soirée, je n’ai pu que constater le peu d’achalandage aux événements musicaux, mais j’ai tout de même fait quelques belles découvertes. La première fut Eden 106, nouveau projet de Guy Pelletier, qui tenait les rênes du Quartier des papillons souterrains, finaliste des Francouvertes, édition 1999. Entouré d’une nouvelle chanteuse (Emmanuelle Orange-Parent) et de nouveaux compères musicaux (Benoît Touchette, contrebasse et Jean-Philippe Savard, percussions), Pelletier, toujours aussi rigoureux dans sa démarche d’intégration de l’électronique, de l’acoustique et de la poésie, s’éloigne cependant du carcan chanson qui était davantage l’apanage de QPS, pour se laisser aller à une plus grande exploration des possibilités musicales que lui offre sa nouvelle formation. J’aurais cependant préféré que l’interprète attitrée s’éloigne de la perfection technique pour se rapprocher du public, question qu’on ressente davantage la générosité de cette proposition hors norme, mais néanmoins passablement accessible. Mais cette froideur apparente ne devrait pas vous décourager de rester à l’affût de leur prochain concert.
Puis, petit saut au Zest pour y voir Volume 10 entouré de peintres s’exécutant sur la scène pendant que le trio offrait, encore une fois, une prestation totalement relâchée, donnant l’agréable impression d’être dans leur salon. Pas le temps de voir la fin du spectacle car à La Caserne se déroulait une expérience d’"improvisations superposées" offerte par Kiéko. L’idée était simple: le trio instrumental improvisait durant la première moitié du spectacle, puis diffusait par la suite images et sons de cette première prestation pour de nouveau improviser par-dessus. Le résultat fut étonnant et les gars de Kiéko y ont visiblement pris autant de plaisir que les quelques spectateurs présents. Un disque devrait d’ailleurs naître de cette expérience. Plus tard, au Zest, la formation acoustique Mort de rire remplaçait au pied levé le Troupo Folklorik qui ne pouvait se présenter, faute de batteur. Une performance très intime devant à peine 20 personnes. Ma soirée s’est terminée au Café Mix_Émergent, où se déroulait une compétition de V.J.-ing live animée par Patrick Masbourian, dans une ambiance décontractée et plus représentative de ce qu’aurait dû être l’esprit de ce festival si sa promotion avait été adéquate. Alors, à l’an prochain? Espérons-le…
Sex’n’Roll à L’Axe!
Vous croyez avoir tout vu sur la scène locale? Attendez d’assister à la soirée Sex’n’Roll que le Karlof Orchestra a organisée à L’Axe, légendaire bar de danseuses de la rue Saint-Denis, le 14 octobre. Ainsi, au beau milieu de quelques effeuilleuses expérimentées de l’endroit, Karlof Galvosky et ses compères tenteront de s’exécuter sans se laisser distraire par tant de déhanchements lascifs. Mais où diable ont-ils trouvé pareil concept? "On cherche à faire ce qu’on appelle du terrorisme publicitaire. Comme ils réussissent à vendre n’importe quoi avec le sexe, on s’est dit que ça pourrait sûrement marcher avec nous aussi. Mais ce n’est pas nouveau: les Sex Pistols l’avaient fait et même Carl Tremblay a déjà joué à L’Axe! Faut dire que j’aime bien déstabiliser les spectateurs, autant par mes chansons que par les spectacles; alors j’espère que l’atmosphère de L’Axe arrivera à créer une ambiance particulière. Et pour que les spectatrices ne se sentent pas en reste, on a aussi invité une espèce de bête de sexe qui exhibera son pénis pour le plus grand plaisir des dames qui seront présentes! Après ça, il ne nous restera plus grand-chose à essayer pour se faire remarquer, sauf participer aux Francouvertes!" Il semble que l’opération ait déjà porté fruit puisque dans son édition d’octobre, le magazine Québec Érotique consacre quelques lignes au Karlof Orchestra! Espérons qu’ils sortent vivants de cette expérience car on attend toujours avec impatience la parution imminente de leur premier album complet.
2 Tongue, vol. 3: spectacle-bénéfice
Le lancement de la compilation ska-francophone 2 Tongue: le Québec en montre une, vol. 3, est prévu pour le 10 novembre, au Cabaret, dans le cadre de Coup de coeur francophone, en compagnie des formations Tryo, Colectivo et Alaska. Et, selon la liste des artistes présents sur cette compil, il semble qu’on ait décidé d’élargir le concept pour permettre à des formations non ska de se joindre à la grande famille 2 Tongue. Ainsi, des artistes comme Les Batinses, Overbass, Urbain Desbois ou Les Abdigradationnistes ont fourni chacun une pièce qui se retrouvera aux côtés de celles d’Arseniq 33, Alaska, Cynical Czardas, Spleen!?, General Rudie, The Gamblers, Trip the Off, Funny Brasska et d’autres qui ont à coeur de faire skanker un maximum de jeunes énergiques. Mais, malgré l’association de plusieurs intervenants de la scène musicale indépendante (Local Distribution, Disques Sapristi, Eskimo, Sub Rebellion et Cactus Ultra), il semble qu’il manque encore quelques dollars pour mener ce troisième épisode à bon port. C’est donc pour cette raison qu’aura lieu un spectacle-bénéfice, le 13 octobre, à la Salle Salaberry (1710, rue Beaudry), mettant en vedette The Gamblers, Spleen!?, Cynical Czardas et Les Skalcooliques. Les billets, au coût de 6 $, sont en prévente chez Underworld, Sound Central, Stomp, et à la SOPREF.
À souligner
– Cette semaine, deux formations locales auront l’honneur d’ouvrir la soirée pour des légendes du rock: le 13 octobre, Chino (formation de l’ex-Nils Alex Soria) performera en première partie de Joe Strummer (ex-Clash), au Spectrum; et le 17, au Club Soda, Caféïne (qui vient de terminer un vidéoclip pour la pièce Cigarette) fera de même pour The Damned.
– Funny Brasska, Gwenwed, Eyeinside et Tomas Jensen se produiront au Café Campus, le 15 octobre, au bénéfice de l’Association étudiante du Cégep du Vieux Montréal.
– Le samedi 13 octobre, la formation pop-rock montréalaise LiMPiD se produira à l’Alizé. Le spectacle sera enregistré et servira à un prochain album live du groupe. Des billets gratuits pour cette soirée sont offerts chez Archambault dans la section musique indépendante.
– La chanteuse d’origine arménienne Lousnak sera au Lion d’or le 12 octobre, dans ce qui risque d’être son dernier spectacle avant qu’elle ne s’enferme en studio pour concocter son premier album.