Cannabistro / Offrancofolies 2004
Musique

Cannabistro / Offrancofolies 2004

Après avoir touché au punk avec Danger dans les années 80, frôlé la gloire avec le rapcore de Té qui toé au début des années 90 et passé quasi inaperçu avec son album rock métal lancé en 2001, l’insaisissable Dédé Traké poursuit son exploration musicale, s’éloignant considérablement des riffs pesants. Fin 2003, Dédé nous revenait avec Cannabistro, un projet inspiré des tendances festives françaises empreintes des sonorités d’Europe de l’Est.

"J’ai 25 ans de musique dans le cul, lance Dédé. Mon bagage musical ratisse extrêmement large et il ne faut pas oublier que j’ai vécu une partie des années 90 à parcourir l’Europe. Je ne pouvais pas écrire un autre album de gros rock. Je me serais senti bien trop aigri. Mais la rage bout encore en moi. Je me suis rendu compte à 14 ans qu’on vivait dans un monde de nazis où des gens crèvent de faim pour alors que d’autres reçoivent du B.S. à rien faire. Ça, je vais le chanter sur toutes les maudites musiques du monde pour être entendu. Je n’ai pas 350 000 fans qui attendent un autre album rock. Pourquoi me limiter?"

Si certains trouvent la démarche opportuniste, Dédé Traké se défend très bien de vouloir faire de la musique pour le blé. "Je n’ai jamais vécu de ma musique. J’ai maintenant plus de 40 ans! J’ai appris à vivre avec le moins possible et je n’attends pas mon chèque de musicien pour vivre. À l’époque de Té qui toé, on m’avait demandé de faire le bouffon devant la caméra pour gagner un peu de sous et j’ai refusé. C’est comme ça que ça fonctionne au Québec. Pour vivre de ton art, il faut que tu fasses 56 niaiseries qui n’ont pas de lien avec la musique, dans le seul but que le monde te voie."

Au lieu de prendre racine dans un courant en vogue, les compositions de Cannabistro découlent entre autres de la dernière décennie. "En 94, je suis parti en France vivre avec les musiciens de la Mano Negra, de Lofofora et des Négresses Vertes. Nous pratiquions tous ensemble et il y a même des idées de Cannabistro qui émergent de ces sessions."

En concert le 3 août à la Zone Bleue des FrancoFolies. Attention, on nous promet une version soleil de Té qui toé!

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Les 400 Lapins s’exécuteront le 6 août au Café Chaos dans le cadre des Offrancofolies.

Offrancofolies 2004
Avec nos troupes locales fortement occupées par les FrancoFolies qui n’ont jamais autant intégré d’artistes émergents à leur programmation, les Offrancofolies n’ont d’autres choix que de se concentrer sur la découverte en proposant des groupes relativement jeunes. Le coup d’envoi de ces Off 2004 se déroulera le jeudi 5 août au Café Chaos (lieu des trois soirées du festival) avec un concert en lien avec la compilation Dernier Akt présente One Way. Dramatik (Muzion), Vice Verset, Buzzy Bwoy, 2e Monde, Sir Pathétik et quelques invités-surprises s’échangeront le mic. Le vendredi 6 fera place aux groupes pop 400 Lapins, (N=1) et Bleu, alors que le punk-rock de Saveur Marmelade, Final Bâton et Stop (lancement du nouvel album) prendra le plancher le 7. Léger bémol: dommage que la SOPREF, qui organise l’événement, n’ait sélectionné que des artistes associés d’une façon ou d’une autre à Local Distribution (à l’exception de Bleu). Elle représente pourtant bon nombre de groupes qui ne font pas affaire avec cette étiquette de distribution qu’elle dirige. Reste que les Off proposent une programmation alléchante, compte tenu de la forte compétition concentrée aux abords de la Place des Arts.

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En vrac
– Dans le cadre du Festival Divers/Cité, les formations électro-glam Duchess Says et Echo Kitty se produisent gratuitement le 1er avril sur la scène Trojan située au coin De Maisonneuve et Saint-Denis. The Jane Waynes (Toronto), Kids on TV (Toronto), DJ Frigid, Pat Lipstick et DJ Tök seront aussi sur place.

– Soirée hardcore le 1er août aux Foufounes électriques avec Hands of Death, Goat Horn, Rammer et Lick Ass, un groupe hommage au plus scatophile des rockeurs, G.G. Allin, formé entre autres de membres de Mesrine.

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Disque local
Just Married
L’Homme de 6 billions $
(Indépendant)
L’Homme de 6 billions $ livre le meilleur comme le pire du trio Just Married. Le pire: le funk-rock sans profondeur de Mary qui, en plus de s’appuyer sur un riff simpliste, se noie parfois dans une réverbération discordante. Même problème avec Imperméablement vôtre qui, malgré des couplets inventifs, enchaîne avec un refrain complètement déconnecté: "Devant un A, O, U on met une cédille sous le C"??? Puis vient le meilleur, un agréable blues lo-fi tranchant drastiquement, suivi de St-Viateur, un blues teinté de rythmes latins et agrémenté de violon. Bottes de cowboy conclut le six titres sur une autre note blues dynamique. Verdict: pour le côté funk, on repassera, mais pour son blues éclectique, le concert de Just Married le 30 juillet à La Place à côté vaut résolument le détour. 3/5