Que faire quand l'album qu'on a lancé quelques mois auparavant passe plus ou moins inaperçu? On lance un EP. Deux recrues anglo de la promotion 2008 ont récemment eu recours à ce stratagème et s'en tirent avec des résultats supérieurs à leurs albums dits "officiels". Dans le coin gauche, Land of Talk. Son album Some Are Lakes s'est perdu dans la brume quand le groupe a dû cesser de tourner en raison des problèmes vocaux de la chanteuse Elizabeth Powell. Aux prises avec des nodules et des polypes dont l'éclatement a provoqué la paralysie de ses cordes vocales, Powell a dû garder le silence et réapprendre à se servir de son organe. "Ça a presque été une bénédiction déguisée. J'ai reçu des conseils de Feist, de Lisa de Creature et de Basia Bulat et maintenant, ma voix est plus saine et forte qu'avant", résume-t-elle. Le EP Fun and Laughter rassemble trois extraits de Some Are Lakes en version vidéo ainsi que quatre nouveaux morceaux, lesquels voient le trio emprunter des sentiers plus directs qui lui vont bien. "J'ai tendance à vouloir empiler, rajouter de la distorsion, mais Jace Lasek des Besnard Lakes nous a aidés à isoler l'essence des chansons. Ça va sûrement changer la façon dont nous procéderons à l'avenir", d'indiquer la chanteuse. Le groupe s'arrête au Centre Segal ce soir, 12 novembre.
Dans le coin droit, le combo Black Diamond Bay, des ex-Dears Patrick Krief et George Donoso III. Bien qu'en concert le groupe soit une machine de guerre, on a peine à retrouver cette vigueur dans Calm Awaits, son premier album. Le quatuor (qui vient d'accueillir dans ses rangs le bassiste Alex Lapointe) rectifie le tir avec Marching Backwards, un trois-titres numérique qui capte enfin l'aplomb rock dont le groupe fait preuve sur scène. "On y retrouve pas mal les moments les plus mémorables du show", témoigne Patrick Krief. Contrairement au EP de Land of Talk, toutefois, l'en-cas n'est pas nécessairement un aperçu des choses à venir. "Je vais toujours approcher la scène et le studio différemment. Quand j'écoute un disque, je préfère quand c'est mellow et ambiant. Quand je vois un show, je préfère voir quelque chose de kickass!" Ah, bon. Profitons de l'alignement des deux constellations le 13 novembre à la Sala Rossa, avec Maken Kozapo.
photo: Marieve Petit
À SOULIGNER /
– Les Silly Kissers, Mixylodian et les Witchies se retrouvent pris au Milieu avec toi le 13 novembre.
– WD-40 se produit au Café Chaos le 18 novembre pour souligner la sortie sur DVD de Né pour être sauvage, le documentaire dont il fait l'objet.
– Party Bollywood avec les excellents Elephant Stone et Freelove Fenner le 13 novembre à la Casa del Popolo.
DISQUE LOCAL /
Red Mass
Red Mass
(Semprini)
Après avoir lancé, plus tôt cette année, un 12 po célébrant son côté plus expérimental, la troupe de l'ex-CPC Gangbangs Roy Vucino enchaîne avec ce EP sept-titres plus direct (et mieux réalisé), aux tons plus festifs et rock'n'roll, tirant sur le danger. La préséance de riffs et refrains simplets (Party 'Til I Die, I'm on Fire) n'exclut pas quelques touches de boîtes à rythmes, de claviers et de noise. Le party prend et aucun des brûlots ne rate sa cible, malgré des longueurs. Red Mass donne assurément plus que le groupe garage moyen. Cela dit, on ne peut s'empêcher de penser qu'avec environ 17 membres dans ses rangs, il devrait pouvoir sortir davantage des sentiers battus. Le 18 novembre à la Sala Rossa. 3/5