01ek: nom d'un synthé, Batman!
Musique

01ek: nom d’un synthé, Batman!

01ek à la Sala Rossa, le 5 août: loin des lignes de synthé d'apprêt et des prestations largement pré-enregistrées, Alexander Wilson va chercher dans ses machines une vie et des teintes peu communes. Photo: Olivier Lalande La première surprise a été d'entendre Alexander Wilson (K.A.N.T.N.A.G.A.N.O., Parabolik Guerilla Théâtre), un musicien issu de la scène expérimentale, accoucher d'un album comme Imposture & Vacuity. Paru il y a quelques semaines chez Les Encodages de l'oubli, le second opus de son projet solo 01ek (prononcer "olek") est fait d'un électro-pop dense et texturé, mais orné de mélodies ténébreuses qui ne sont pas sans rappeler celles de The Knife ou même Jónsi. Vraiment une des belles découvertes locales de l'été. La seconde surprise a été de constater l'aise avec laquelle l'expérience pouvait être transposée live. Lors d'un programme pas banal, qui comprenait également des sets de musique actuelle du tandem Le Rossignol et Lafrance et d'Alexandre St-Onge, ainsi que l'ambient efficace à souhait de thisquietarmy, le musicien a pleinement fait honneur à son dernier-né, le 5 août à la Sala Rossa. Entouré d'Owain Lawson (Black Feelings) à la batterie hybride, de Félix Antoine Morin (ttttttttttttttttttttt) à la basse et d'une quincaillerie pas possible de bidules non identifiés, Wilson a présenté un bref aperçu d'Imposture & Vacuity, sobre sur le plan visuel (sur le parterre de la salle, petitement éclairé), mais riche au plan musical. Loin des lignes de synthé d'apprêt et des prestations largement pré-enregistrées, Wilson va chercher dans ses machines une vie et des teintes peu communes. Dommage qu'il parte en Europe pour l'automne. Il compte cependant reprendre le flambeau à son retour, à l'hiver. En attendant: bit.ly/aQ3FT0.

À souligner /

– Les trop rares Filly & The Flops astiquent leur rockabilly de luxe le 18 août à L'Esco en compagnie des Honky Tonk Heartbreakers.

Disque local /

O Linea

La Bête de l'homme

(Slam Disques)

En 2007, le quatuor de Saint-Jean-sur-Richelieu signait, avec son premier album en français (L'Ordre des choses, après des débuts en anglais), une vraie petite bombe punk, qui avait pour seul défaut sa réalisation approximative. La situation est enfin corrigée sur ce troisième chapitre, mais malheureusement dans l'excès contraire: La Bête de l'homme est trop propret et lustré pour vraiment faire honneur à la force de frappe du groupe. Qui est bel et bien présente, malgré la voix trop en avant de Julien Vézina (chanteur et parolier hors pair) et les guitares étouffées, mais hélas diluée dans une réalisation trop radio-friendly. Va pour la substance, mais le rock québécois va-t-il enfin se sortir de ce son "entre deux chaises" qui le mine?