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Un baume sur le coeur avec le compte Instagram Corona_culture
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Un baume sur le coeur avec le compte Instagram Corona_culture

Une résidence artistique virtuelle qui promet «Culture poétique, numérique et solidaire au temps du Coronavirus».

Les initiatives artistiques pleuvent de partout en ce moment. Et certaines se déploient à la manière de manifestes qui ont tout à voir avec une forme de survivalisme artistique:

«Nous refusons nous aussi de laisser le récent bouillonnement du milieu culturel

québécois se refroidir. Nous refusons de nous enfermer dans le silence et la solitude,

l’inaction et l’isolement total. Pour déjouer ce virulent sentiment d’étrangeté, il nous

semble pressant de réhabiliter les espaces communs, notamment par la mise en place

de systèmes de diffusion alternatifs et accessibles: le bon vieux web.»

 

Sous l’impulsion de la quarantaine forcée par la crise du coronavirus, Hélène Bughin, Ève Landry et Olivia Tapiero ont mis sur pieds le compte Instagram @Corona_culture. Et déjà, près de 900 personnes se sont abonnées. 

«Quand j’ai lancé l’idée à Hélène, elle m’a dit qu’Olivia travaillait sur quelque chose de similaire. On s’est connectées sur un Google Doc à quatre, avec Julie Delporte qui a signé les plus beaux visuels que j’ai vus de ma vie, et la magie a opéré. En 72 heures, on lançait le compte», explique Ève, autrice et productrice d’événements en arts littéraires. «Plutôt que de se faire compétition, nous avons choisi d’allier nos forces, nos idées, nos expériences et nos compétences pour mettre sur pied le projet», ajoute Olivia, traductrice et musicienne à ses heures.

Les trois filles se connaissent du milieu littéraire et c’est Hélène, poète et autrice du blogue Lis-Moi qui a fait le lien. «J’ai une nature de coordinatrice qui a pris le dessus. Comme un réflexe!», dit-elle. 

Comme le compte se veut un espace de création libre, dur de savoir ce qu’on y trouvera dans les prochains jours. «Beaucoup d’artistes vont se relayer pour créer du contenu sous plein de formes. On travaille pour organiser des sessions lives et des rencontres entre créateurs et créatrices pour que le milieu continue de fleurir comme il le faisait avant la ‘’crise’’. De la vidéo, des posts, des poèmes, des lectures. Ben des trucs flyés, aussi», précise Ève . 

La réaction du milieu littéraire, qui a vu ses événements et ses festivals s’annuler les uns après les autres, les encourage. On revient à la fonction communautaire de la littérature et de l’art. «Beaucoup d’autrices que je connais, sur Facebook ou d’autres plateformes, lisent en live des romans et des recueils de poésie. Laurie Bédard, par exemple, offre d’appeler les gens, directement, pour qu’ils ou elles choisissent ensemble des livres à lire, et elle leur lit», souligne Hélène, qui y voit un moyen de briser l’isolement.

Dans ces moments de crise, on voit à quel point l’art est crucial pour la société. «Les gens ont besoin de beau, de doux, de pouvoir se nourrir de création et je suis très fière que ma communauté se rassemble (virtuellement) pour continuer d’offrir ce qu’elle fait de mieux», affirme Ève. 

On surveille donc les créations qui peupleront le compte de Corona_culture et qui serviront de mémoire artistique, comme des témoignages du beau qui survient dans les périodes plus sombres. 

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