Cinéma

Rouyn 2010, prise deux

Mon aventure au pays des sapins géants se poursuit, avec cinq autres films vus depuis la dernière fois où j'ai eu le temps de bloguer, de belles rencontres et une expédition à 3000 pieds sous terre avec, entre autres, les courtmétragistes français Fanny Jean-Noël (Julie et ses jules) et Philippe Étienne (Amsterdam).

Sound of Noise: énorme coup de coeur pour ce premier long métrage de Ola Simonsson et Johannes Stjärne Nilsson original, surprenant et drôlement inspiré, dans lequel des terroristes percussionnistes (!) utilisent tout ce qui leur tombe sous la main pour faire un maximum de bruit. La demi-douzaine de scènes d'action musicales sont tout autant de moments d'anthologie.

Fous de leur village: un documentaire plutôt intéressant de Vincent Audet-Nadeau à propos de la situation précaire des villages industriels et des régions rurales du Québec, qui vous plaira plus ou moins dépendant de ce que vous pensez du maire de Huntingdon Stéphane Gendron, le protagoniste Michael Moore-esque qui se rend à la rencontre des divers intervenants du film au volant de sa Mustang noire décapotable.

Adem (Oxygène): lauréat du Grand Prix des Amériques au plus récent FFM, cette comédie dramatique de Hans van Nuffel se déroule presque entièrement dans un hôpital, où des personnages souffrant de fibrose kystique vivent des histoires d'amitié et d'amour pendant qu'ils le peuvent encore. Joliment réalisé et bien joué, le film n'évite pas certains clichés et manque curieusement d'urgence, mais demeure généralement prenant. La finale, au son de la chanson Videotape de Radiohead, est parfaite.

Le nom des gens: j'ai quelques réserves concernant cette comédie délurée de Michel Leclerc, qui s'acquitte de la difficile tâche de nous faire rire en abordant notamment l'Holocauste, les tensions raciales en France et l'intégrisme musulman. Ce film est néanmoins à voir absolument pour la performance irrésistible de Sara Forestier, et pas seulement parce que son personnage, une jeune femme qui baise ses ennemis politiques pour les convertir, se fout joyeusement à poil constamment!

Curling: on a dit de ce film de Denis Côté que c'était son plus accessible, voire son plus commercial, mais à en juger par les réactions perplexes du public abitibien face à ce récit père-fille (l'extraordinaire Emmanuel Bilodeau donne la réplique à sa propre fille, Philomène) ponctué de manifestations inexpliquées (une chambre de motel couverte de sang, des cadavres dans un boisé, un tigre dans un champ, etc.), je ne suis pas sûr que c'est vraiment le cas. Ceci étant dit, je considère que c'est de loin le meilleur film du cinéaste à ce jour. Visuellement saisissant et rempli de scènes mémorables, Curling est aussi souvent étonnamment drôle, grâce entre autres à la performance hilarante de Roc Lafortune en propriétaire de salle de bowling, un rôle que j'aurais bien vu Donald Pilon jouer dans les années 1970.