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FIFEQ 2018: voix de femmes
Cinéma

FIFEQ 2018: voix de femmes

Les femmes donnent de la voix dans cette nouvelle édition du Festival international du film ethnographique du Québec, du 29 mars au 1er avril (et du 5 au 13 avril à Montréal). Au programme: une série de documentaires dont un volet consacré aux femmes réalisatrices autochtones qui ont choisi le vecteur cinématographique pour exprimer toutes les facettes de leur identité. Ces incursions féminines sont teintées d’un passé fait d’injustices et de discrimination envers les différentes communautés autochtones, mais aussi d’un présent plein d’espoir.

De face ou de profil de Sharon Fontaine (2015)

D’abord, on rit avec Sharon Fontaine, issue de la communauté innue de Uashat mak Mani-Utenam située à Sept-îles. Elle est jeune. Elle est drôle. Elle nous interpelle. Devant son écran d’ordinateur, la jeune fille âgée de 16 ans à l’époque réalise une courte vidéo: De face ou de profil. Elle tourne avec une dérision non dissimulée nos interactions virtuelles sur l’internet, un monde fait d’apparence et de faux-semblants. Elle admet aussi que ça demande « ben du courage » de s’accepter tel que l’on est, sans vivre perpétuellement avec le reflet que nous renvoie les réseaux sociaux, les magazines, bref notre société actuelle. C’est léger, rythmé et on en demande encore.

Le samedi 31 mars au Musée de la civilisation à Québec 

L’or des femmes de Cherilyn Papatie (2016)

Rendez-vous ensuite dans les rues de Val-d’Or, en Abitibi-Témiscamingue. La réalisatrice Cherilyn Papatie offre six minutes d’immersion auprès de femmes autochtones forcées de se prostituer pour survivre. La bande-annonce ne dévoile presque rien et pourtant elle présage déjà une réalité crue, dépourvue du moindre filtre. Dans cette ville industrielle et minière, la prostitution des femmes autochtones est une plaie béante qui semble ne jamais cicatriser. Une question s’impose alors: les femmes vont-elles devoir toujours payer le prix de leur soi-disant infériorité en se dénuant de leur dignité et leur identité?

Le samedi 31 mars au Musée de la civilisation à Québec 

Porter notre dignité de Clarissa Rebouça (2017)

On pense croire qu’une femme est une femme, point final. Mais le court-métrage de la réalisatrice Clarissa Rebouças, nous prouve le contraire. Une femme porte ses origines, sa culture, et ses pratiques. Dans la bande-annonce, on voit toutes ces femmes se réunir autour d’un repas, puis danser au rythme de musiques du monde. La réalisatrice a voulu sensibiliser le spectateur à la diversité et surtout à l’intégration au coeur de nos sociétés. Sûrement pas une intégration pour la bonne conscience où rien n’est finalement fait pour ouvrir un peu plus grandes les portes mais plutôt pour se comprendre mutuellement, sans préjugé ni barrière. La réalisatrice brésilienne dresse donc un portrait de femmes à multiples facettes.

Le samedi 31 mars au Musée de la civilisation à Québec

Cette projection de documentaires sera précédée d’une table ronde intitulée Les femmes autochtones et le documentaires, toujours au Musée de la civilisation de 13h30 à 15h.

Bien sûr, ce n’est qu’une sélection partielle dans une programmation riche et dense qui déverrouille davantage notre perception des autres. Les films nous incitent à ne plus rester passifs.


Ainsi, dans le film de Adres Livov, Lettres au Premier Ministre, les habitants du quartier de Parc-Extension à Montréal usent de leurs plumes pour envoyer leurs requêtes, leurs attentes ou tout simplement leurs rêves au 23ème Premier Ministre du Canada. La mort, elle, se déshabille du tabou qui l’entoure pour livrer des portraits humains, doux et sages, à l’instar du film Le dernier souffle de Grace Singh. On fait également une escale frappante au coeur d’un pays caribéen grâce au film 9 jours à HaÏti de Juan Antonio Bayona. On remarque aussi la présence du film Bonfires (Martin Bureau), acclamé au Festival de court métrage Regard, qui illustre la lutte entre protestants et catholiques, toujours aussi vive en Irlande du Nord.

Bref, on se sent triste de ne pouvoir tous les évoquer car ces films représentent chacun une pièce d’un puzzle géant appelé l’humanité. Pour retrouver toute la programmation, les horaires et toute autre information utile, rendez-vous sur fifeq.ca.

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