Le 34e festival Vues d'Afrique ouvre la voix des femmes
Cinéma

Le 34e festival Vues d’Afrique ouvre la voix des femmes

Pour cette année 2018, la programmation compte dans ses rangs 35 films réalisés par des femmes. Elles font le portrait d’anciennes ou de nouvelles générations, au féminin. Elles démontrent qu’il y a encore du travail à mener mais que le chemin vers l’égalité et l’évolution des mentalités s’élargit.

«En tant que programmatrices, c’était une évidence pour nous de mettre de l’avant des productions cinématographiques réalisées par des femmes mais aussi de diffuser les différentes réalités qu’elles vivent de par le monde. C’est très encourageant de voir l’augmentation de réalisations cinématographiques féminines, ce qui nous fait espérer l’émergence d’une nouvelle génération de grandes réalisatrices», précisent Laura Amelio et Kathleen Barbeau pour L’Initiative.

En fiction, une large sélection vient remplir les lignes de la programmation:

D’abord un film franco-gréco-algérien sorti en 2017 de la réalisatrice franco-algérienne Rayhana Obermeyer, À mon âge je me cache encore pour fumer. On se retrouve plongé dans l’Alger des années 90 où les femmes se réunissent dans un hammam, un des rares espaces libre et tranquille pour les femmes. Elles qui ne peuvent s’exprimer librement se retrouvent là sans crainte, superbes dans toute leur diversité que la société voudrait tant cacher. Elles parlent politique, sexe, amour, ou encore amitié, sans tabou et surtout à l’abri du regard masculin.

Ensuite, on ne s’éloigne pas trop puisqu’on part pour la Tunisie où la réalisatrice et plasticienne Moufida Fedhila a façonné le court-métrage Aya (2017). Il évoque l’emprise patriarcale à travers l’histoire d’une famille déchirée entre un père salafiste conservateur et d’une mère forcée de se plier aux dictats. Lors de la soirée d’ouverture du Festival, Moufida Fedhila se verra remettre le trophée du Conseil international des radios et télévisions d’expression française pour l’ensemble de son œuvre. Elle incarne véritablement la renaissance de la Tunisie après la chute du régime de Ben Ali en 2011.

Place désormais aux documentaires avec Comme un caillou dans la botte (2017) d’Hélene Choquette. Elle s’est rendue dans les rues de Florence pour mettre le doigt sur l’enfer que vivent les marchands ambulants sénégalais, très présents en Toscane. Elle montre sans filtre la communication inexistante et difficile entre les locaux et les Sénégalais qui passent leur temps à courir pour fuir la police. On parle ici d’un sujet plus qu’actuel mais bien loin des images qu’on a l’habitude de voir. Ici, la réalisatrice ose approcher et adopte la vision de ces marchands pour mieux comprendre ce qu’ils traversent.

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La Française Annick N’Guessan et son film Être Juif et Noir en France (2014) viennent compléter la programmation. Elle y met en lumière la difficulté que peut ressentir une population minoritaire à s’intégrer mais aussi la difficulté qu’a la population française à l’intégration. Un processus qui va dans les deux sens et un sujet brûlant dans la société française d’aujourd’hui.

Pour compléter les projections de ces films, Vues d’Afrique organise la Rencontre images de femmes et diversité qui mettra en lumière les institutions telles que le Fonds des médias du Canada, Téléfilm Canada ou encore l’ONF pour explorer le pistes menant à une meilleure représentation de la diversité au cinéma ainsi qu’une parité de meilleure qualité.

Bien sûr, des femmes et des hommes réalisent, jouent et travaillent dans les films et le Festival Vues d’Afrique les représente à travers une programmation riche et variée qu’on retrouve au complet juste ici. Durant 10 jours, ce ne sont pas moins de 88 films qui seront projetés, provenant de 33 pays.

Du 13 au 22 avril à la Cinémathèque québécoise.

vuesdafrique.com

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