Scène

1er Gala des Cochons d’Or : drôle, émouvant et engagé

Hier soir, aux Écuries, se tenait le premier Gala des Cochons d'or. Plus de 200 artistes, travailleurs culturels et journalistes étaient présents. Sous la coordination artistique de Marcelle Dubois, la nouvelle cérémonie de remise de prix du théâtre émergent a souligné – avec humour, émotion et engagement, autrement dit avec cœur et intelligence -, la qualité du travail des compagnies et artistes qui ont adhéré en 2008-2009 à la saison Carte Premières, des créateurs qui, rappelons-le, évoluent en marge des théâtres institutionnels de Montréal.

Dix récompenses ont été attribuées à treize récipiendaires. À chaque gagnant, Louisette Dusseault a livré un message écrit par un proche. Quelle belle idée! Tellement plus concluante que le traditionnel discours, souvent barbant il faut en convenir. Il y avait là du talent à revendre, de la vitalité et de la conviction. François Bernier et Guillaume Girard animait la soirée avec juste ce qu'il faut d'irrévérence. Mon collègue Philippe Couture a osé répliquer publiquement à la lettre d'Olivier Choinière à propos de l'exercice de la critique de théâtre. Benoît Labbé, directeur général de Faction Communication, a eu le courage de dire aux artistes qu'ils avaient un travail de fond à accomplir pour rejoindre un plus vaste public. Et Lise Vaillancourt, dramaturge, a donné les raisons qui la poussent à écrire, un credo réfléchi et senti.

Le Cochon d'or (meilleure production théâtrale) a été remis au Groupe Bec-de-lièvre pour Le Grand Cahier. Le Noble cochon (prix de la pertinence sociale) a été remis au Théâtre populaire d'Acadie pour Le Filet. Le Cochon dramatique (meilleure texte de création) a été remis à Serge Mandeville pour Ailleurs. Le prix Direction de Cochons (meilleure mise en scène) a été remis à Catherine Vidal pour Le Grand Cahier, une production du Groupe Bec-de-lièvre. Le prix Cochon de la coopération (meilleure équipe de scène) a été remis aux comédiens de Je voudrais crever, une production de la compagnie DuBunker: Francesca Barcenas, Christian Baril, François Bernier, Sabrina Bisson, Monia Chokri, Charles Deauphinais, Hubert Lemire et Véronique Pascal. Le Cochon vedette (meilleure interprète) a été remis à Fabien Cloutier, pour Scotstown, une production de Bavota Communications, ex æquo avec Olivier Morin et Renaud Lacelle-Bourdon, pour Le Grand Cahier, une production du Groupe Bec-de-lièvre.

Le Cochon plastique (meilleure conception tangible) a été remis à Romain Fabre, pour la scénographie de Je voudrais crever, une production de la compagnie DuBunker. Le Cochon intouchable (meilleure conception intangible) a été remis à Éric Aubertin, Jean-Sébastien Durocher et Éric Forget, pour la conception sonore de ParadiXXX, une production de L'Activité et Erwann Bernard, pour les éclairages du Nid, une production du Théâtre Qui Va Là, ex æquo avec Frédéric St-Hilaire, pour le dessin et la vidéo de Gros-Câlin, une production du CIRAAM. Le Néo Cochon (prix de l'innovation théâtrale) a été remis à l'équipe de ParadiXXX, une production de L'Activité. Finalement, le Cochon Lumineux (inspiration de la communauté théâtrale) a été remis à Martin Faucher «pour son engagement politique passionné à l'égard de la communauté théâtrale et pour son excellence et son exigence artistique en tant que conseiller, metteur en scène et auteur».

Photo Le Grand Cahier / Catherine Vidal