Éric Normand: chanson spontanée
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Éric Normand: chanson spontanée

Membre fondateur du Grand Groupe Régional d’Improvisation Libérée et de Tour de BrasÉric Normand a lancé le mois dernier un disque le sortant de la musique nouvelle et improvisée pour plutôt le placer dans un contexte de chanson « traditionnelle », mais à sa sauce. En effet, avec Avant-garde-robe, Normand explore la chanson sans toutefois écarter des éléments plus innovateurs trop souvent absents de cette étiquette. Changements de tempo incongrus, timbres distordus et instruments très variés viennent ponctuer les textes hétéroclites tout au long de l’album. Mais comment passe-t-on de la musique improvisée à la chanson? «J’ai toujours fait ça un peu par la bande, en fait. Je suis un gros fan de chanson, en fait! J’avais depuis longtemps le goût de faire un album plus étoffé dans ce style-là, de mettre la musique dans un cadre.»

Polyvalent, c’est lui qui signe à la fois les textes et la musique sur le 9 titres. «Souvent, j’arrive avec une idée toute faite à mon trio de base. Ensuite on travaille parfois la forme pour la raffiner mais en général c’est pas mal de moi que ça vient. Ensuite on greffe les autres instruments. » Mais l’improvisation n’est pas totalement écartée de la création. «Sur l’album il y a des pièces pour lesquelles j’avais une idée de musique, pis un coup enregistré en studio j’ai fait des textes largement improvisés et recollés en studio.»

C’est toutefois une part minime de son implication au GGRIL qui déteint sur son travail en chanson. Effectivement, de son propre aveu, il y a une dissociation claire entre les deux idées: «Je te dirais qu’il n’y a pas tant de ce que je fais en improvisation qui se retrouve là-dedans… Peut-être dans le travail de recherche des textures et des timbres, et peut-être que ça prendra plus de place éventuellement. Pour l’instant, je ne vois pas vraiment le moyen de combiner les deux. À la base, les structures des chansons sont très rigides donc ça laisse moins de place pour ça.»

Pour ce qui est de ses textes, Normand puise dans un genre de marasme politique ambiant, mais sans tomber dans le fatalisme. «Les idées sont venus d’un genre de désillusion politique qui m’est venu récemment. J’ai déjà été super politisé mais en ce moment, avec la montée de la droite et tout ça… je sais pas. On dirait que j’avais envie d’en parler. Mais j’essaie de garder une pointe d’humour dans la matériel, tout de même.

Du côté de l’impro, Normand et ses comparses du GGRIL seront de passage à Montréal plusieurs fois dans les prochaines semaines:

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Ne manquez pas ces occasions de découvrir la musique faite autrement! Pour vous procurer Avant-garde-robe, c’est par ici. Pour plus d’infos sur les activités du GGRIL, dirigez-vous sur son site Web.