SAENS : chasser les démons
Musique

SAENS : chasser les démons

Après le succès de son single Wind Turns Cold, l’auteur-compositeur-interprète montréalais Jay Lavigne (alias SAENS) dévoile le premier extrait d’un EP prévu pour l’automne.

Il s’est d’abord fait connaître sur la scène de La Voix 5, puis grâce au succès de son single Wind Turns Cold. Aujourd’hui, SAENS nous partage en primeur Dazed, extrait de son prochain album Drugs That Don’t Wear Off prévu pour l’automne.

Cette chanson, Saens l’a écrite en référence à sa plus récente rupture amoureuse, ajoutant ainsi son nom à la longue liste d’artistes qui puisent leur inspiration dans ce thème universel qu’est l’amour déchu.

J’étais dans une relation plutôt toxique mais très passionnelle. Dazed représente le paradoxe entre le fait de se sentir libéré d’y avoir mis un terme et le sentiment de honte d’avoir fait perdurer un amour longtemps passé sa date d’expiration.

Aux dires de l’artiste, l’album sera un combat qu’il aura à livrer face à ses démons intérieurs et ses relations de dépendance envers les femmes, d’où le choix du lexique associé aux stupéfiants dans son titre. Il a l’intention de s’exposer de manière plus vulnérable et non filtrée, autant dans ses textes que dans ses mélodies, espérant ainsi se tailler une place dans l’impitoyable industrie musicale.

Le premier album sera pour moi une façon de me faire une place dans ce monde. Chaque chanson est très intime mais à la fois grandiose et représente une pièce d’un tableau, un peu comme un casse-tête que l’on assemble au fur et à mesure. Dans Dazed, je me permets davantage d’assumer la noirceur qui m’habite depuis longtemps et de la partager, ce qui m’a permis de trouver une certaine forme de paix intérieure. Les sons sont plus excentriques, ma voix plus assumée et tout est amplifié, autant dans le côté sombre que dans l’énergie et la lumière.

Chose certaine, le petit nouveau sur la scène électro a su bien s’entourer dans le cadre de ce projet. Les producers Max-Antoine Gendron (Milk & Bone) et Gab Gagnon (Geoffroy, Alex Nevsky) s’occupent de ce premier opus avec l’aide du directeur artistique Scott Pilgrim (Black Atlass, Solitary Dancer).

Un vent de succès

Ce qui aura véritablement propulsé SAENS vers un début de reconnaissance, c’est le succès de sa chanson Wind Turns Cold. S’attendait-il à ce qu’elle connaisse autant de succès?

Non, jamais. On espérait tous, mon équipe et moi, que cela trouverait sa place auprès d’un certain public mais c’est toujours tellement imprévisible que nos attentes étaient très modestes.

À ce jour, la chanson a été écoutée plus de 500 000 fois sur Spotify, ce qui représente une très belle leçon d’humilité selon le principal intéressé.

Je vois cette chanson comme une leçon d’humilité et de gratitude, puisque le succès de la chanson est arrivé subitement, grâce à une combinaison de facteurs hors de notre contrôle, dont l’appui de publications, des plateformes de streaming ainsi que du public. Ça me donne espoir que tout est possible, si on y investi cœur et âme.

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Trouver sa Voix

On pourrait croire à tort qu’une participation à l’émission La Voix facilite l’accès à une carrière dans l’industrie musicale. Bien que cela offre une vitrine intéressante, l’expérience est loin de toujours être concluante.

Quand tu finis la Voix, les gens pensent que toutes les portes s’ouvrent à toi, mais en réalité, il faut tout recommencer à zéro.

Et c’est ce qu’il a fait.

La Voix m’a donné un aperçu du monde de la musique en vitesse grand V. Ça m’a montré que ce monde était pour moi, mais cela m’a aussi montré ce que je voulais et ne voulais pas être en tant qu’artiste. C’était très formateur en ce sens. Ça m’a poussé à suivre mon propre chemin, à innover musicalement et à ne pas suivre la tendance déjà existante.

le gros bon SAENS

Après son passage à La Voix, il a fait le choix logique de se trouver un nom d’artiste afin de différencier son expérience à l’émission de l’artiste qu’il voulait devenir.

C’était important de me différencier de l’émission et d’avoir le sentiment que ce que j’accomplis me revient à 100%, à moi et aux gens avec qui je travaille, pour l’effort et l’innovation que l’on fait.

Le nom SAENS vient en fait du compositeur du 19e siècle Camille Saint-Saens, dont les œuvres se retrouvent dans plusieurs films. Grand amateur du 7e art, il incorpore plusieurs clins d’œils intéressants aux codes cinématographiques, autant dans sa signature visuelle que dans ses textes. «Je suis tombé sur le nom par hasard en faisant des recherches et ça m’a intrigué immédiatement. Je me suis finalement rendu compte que j’étais familier avec beaucoup de ses œuvres sans le savoir. J’aimais beaucoup la manière dont le nom s’épelle parce que ce qu’on voit et ce qu’on entend en le lisant tout haut discorde et sème la confusion. Cela me représente à la perfection.»

Le lien prend racine encore plus loin. Tout juste après voir découvert son nom d’artiste, il a été impliqué dans un accident de la route. En sortant de son véhicule, il s’est instinctivement mis à regarder autour de lui pour apercevoir un nom de rue et se situer. À tout hasard, il se trouvait sue la rue «Saint-Saens», rien de moins.

Ses projets d’avenir? Prendre la route, faire la première partie d’un artiste de renom et peut-être bien une tournée : «J’espère que l’année prochaine, je ferai ma première tournée après la sortie de l’album. »