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Naissance du monde : Oralité connectée

Un conte augmenté où la voix active des images et dont la technologie rassemble.

Loto-Québec est un grand habitué des festivals et un acteur important de la culture québécoise. Chaque année, la société d’État commandite des dizaines d’événements partout au Québec. Pour donner une forme originale à ses commandites, Loto-Québec se tourne depuis plusieurs années vers l’agence montréalaise de communication-marketing Bleublancrouge, qui doit trouver des idées qui sortent de l’ordinaire.

Durant l’été 2015, l’agence a créé des «Rendez-Vous Loto-Québec» interactifs dans des lieux publics montréalais comme le Vieux Port, le parc Lafontaine et le Mont-Royal, où des milliers de visiteurs passent. Ces rendez-vous s’articulaient autour de trois thèmes en lien avec des festivals : les feux d’artifice, la musique et les légendes. Pour les feux d’artifice, l’installation «Étincelle» permettait au public de déclencher des feux simulés sur une installation lumineuse. Pour la musique, quatre vélos stationnaires généraient ensemble une œuvre musicale, formant ainsi un «Quatuor à roues». «En plus de permettre aux gens de passer un bon moment, on voulait que ces événements soient créés en partenariat avec des artistes locaux», précise Jonathan Rouxel, vice-président et directeur de création chez Bleublancrouge.

En cherchant un artiste qui avait déjà abordé le thème des légendes, l’agence est rapidement tombée sur «Wuxia le Renard», un conte augmenté créé par le poète d’interactions Jonathan Bélisle et l’entreprise Saga. «On savait que c’était quelque chose de fort,» raconte M. Rouxel. «C’était facile de prendre cette idée et de l’appliquer au contexte de Loto-Québec.»

Ainsi est né «Naissance du monde», un conte d’inspiration amérindienne, mélange de récits fondateurs iroquois et algonquins, qui raconte l’histoire d’un lapin tombant dans un océan orageux. Une tortue géante le ramène à la surface et devient ainsi la terre ferme sur laquelle nous marchons aujourd’hui.

«Naissance du monde» est une oeuvre créée d’emblée par M. Bélisle comme une expérience tangible. Au cœur de l’installation numérique se trouve un grimoire en papier que le public doit lire à voix haute pour activer une animation à l’écran. Jonathan Bélisle veut ramener au premier plan les interfaces naturelles. «Je suis un anti-tout-numérique, explique-t-il. Je m’intéresse à la nostalgie, à ce qui a disparu mais qui est encore signifiant.»

C’est néanmoins l’aspect technologique qui lui a donné le plus de fil à retordre, admet M. Bélisle. La technologie de reconnaissance vocale de l’installation, contrairement à celle utilisée pour Wuxia, ne pouvait pas bénéficier d’une connexion internet. Il était donc difficile de reconnaître les variations dans l’intonation, ou d’éliminer le bruit ambiant.

Jonathan Bélisle rêve d’injecter de la poésie dans le monde, par l’entremise du numérique. «L’informatique peut amener l’humanisation, pas juste l’optimisation», croit-il. Pour Jonathan Rouxel, c’est important que le projet ait réussi à rassembler des familles, mais également des étrangers : «La technologie, souvent, isole. Dans ce cas-ci, elle les a vraiment liés.»

Productrice déléguée : Andrée Harvey // Hara Numérik
Directeur artistique : Daniel Mireault
Journalistes : Paul Blais et Charles Prémont
Réalisatrice vidéo : Émilie Ricard-Harvey // Mode Couleur
Directeur du projet : Michel Jolicoeur
Coordonnatrice: Geneviève Roy
Consultants : Raphaëlle Huysmans (Urbania) et Pascal Pelletier (Figure55)
Produit en collaboration avec la Ville de Montréal et L’inis.