Pour être honnête, le festival Pop Montréal a réellement démarré vendredi le 5 octobre. C'est ce jour là qu'on retrouvait le plus de concerts intéressants à l'affiche et il fallait vraiment faire des choix déchirants. J'ai bien entendu été voir ce que donnait Patti Smith et son groupe à l'église sur Rachel près de St-Denis, là où on avait vu le concert raté de Gonzales à l'orgue un an plus tôt pour ce même festival. Cette fois-ci, c'était tout autre chose. Un concert exceptionnel, unique, dans un cadre magnifique. La grande prêtresse du punk se retrouvait entouré de fans extatiques et elle-même ne touchait plus au sol. Le set, plus acoustique qu'autre-chose, était peut-être bien un peu trop linéaire. Perso, j'ai vraiment commencé à trouver le temps long après une trentaine de minutes. Faut dire que je suis pas très fan de la dame. Donc à 22h, j'ai filé direct au Cabaret pour capter la perfo du phénoménal Patrick Wolf.
Sorte de Pierre Lapointe britannique en plus excentrique et plus pop, Patrick Wolf est tout simplement fascinant. Passant du violon à la petite guitare ou au clavier, il chante avec aisance et sa musique est loin d'être banale. Contrairement aux soupes gay-friendly à la Mika, l'univers de Patrick Wolf est plus sombre et torturé, plus proche de Depeche Mode ou Roxy Music que de Abba ou Scissor Sisters. Entouré d'un violoncelliste, d'une violoniste, d'un batteur-percussionniste et d'un bidouilleur, le chanteur a démontré qu'il avait énormément de talent. Hélas, si l'on se fie à son site, il semblerait que le type veuille cesser tout spectacles d'ici la fin de l'année, et peut-être même d'enregistrer. Il semblerait qu'une altercation sur scène à NY entre lui et le batteur, tous deux fortement intoxiqués, est à l'origine de cette rumeur. On espère qu'il changera d'avis et reviendra nous charmer très vite!
Ensuite, j'ai fait un crochet par le Club Soda où Pagliaro terminait une soirée très rock en compagnie des Mongrels et de Le Nombre. Pag était fidèle à lui-même et le public a eu droit aux hits prévisibles, ceux qu'il ne cesse de jouer d'un concert à l'autre. Il serait vivement temps que le type sorte de sa léthargie pour nous pondre un nouvel album.
Jamaica to Toronto, c'est la réunion sur disque et sur scène d'une bande de papys jamaïcains expatriés à Toronto depuis une trentaine d'années et qui ont continué à faire de la musique rendus au Canada, bifurquant davantage vers le funk et la soul sans toutefois délaisser le reggae. Et c'est exactement à ça qu'on eu droit les nombreux curieux venus remplir le Club Lambi. Ça sentait la sueur là-dedans, signe que le party était bien parti! Un concert franchement surprenant! Les vieux routiers accompagnés de quelques jeunots nous ont montré qu'ils en avaient encore là-dedans. Le métier, ça s'apprend pas du jour au lendemain, c'est des années d'expérience.
Puis un petit tour juste à côté au Club Academy pour (re)voir les Zoobombs. Ce groupe de nippons exaltés semblait un peu à côté de ses pompes ce soir là. Le show était-il trop tard? Le décalage horaire? Toujours est-il que l'exécrable sono de la place n'a guère aidé et la salle s'est progressivement vidée après une vingtaine de minutes. Dommage, surtout quand on sait que ce groupe est vraiment capable de mettre le feu avec son punk-funk-garage déjanté.
Que serait Pop Mtl sans les partys de fin de soirée? Celui de vendredi au Théâtre Ste-Catherine, offert par le festival torontois North by Northeast était parfait! Free beer, free food et Jonathan « Bionic » Cummins aux tables tournantes.
Samedi, ce fut un peu plus difficile. Presque tous les shows que j'ai été voir étaient décalés, soit plus tôt ou plus tard, sauf les vétérans ska des Toasters qui donnaient un concert au Studio Juste Pour Rire devant une horde de kids qui ne se sont pas fait prier pour se lancer dans un skank déchaîné dès les premières notes du combo de NY.
Puis, direction le National où j'ai dû me taper les Sunset Rubdown et leur pop de barbus du Mile-End au lieu des sombres Black Mountain que j'étais venu voir. Quelqu'un avait eu la brillante idée d'inverser les groupes sans trop prévenir. Résultat, les fans d'un groupe comme de l'autre ont écopé. Sympa pour le public qui paye ses billets! J'ai donc subi Sunset. Bon j'exagère, c'était pas si mal mais y'a tellement de clichés indie-pop dans ce band que ça devient fatigant. En fait, ça me laisse indie-férent. J'ai attendu Black Mountain pour me retrouver face à un groupe beaucoup plus solide et rodé que celui que j'ai vu il y a bientôt deux ans. Reste que la bande de stoners dépressifs de Vancouver a surtout joué des morceaux de son prochain album et très peu de pièce du magnifique premier effort. Pas jojo comme ambiance. Si l'on se fie à ce qu'on a entendu samedi soir au National, ce disque risque de conduire plusieurs au suicide. Noir c'est noir comme dirait Johnny. Après une trentaine de minute, la moitié du public avait déserté les lieux. J'ai suivit en pensant d'abord me rendre à la perfo de la sur-hypée Yelle au Saints mais après avoir entendu le disque (qui paraîtra ici au début de novembre), je me suis dit que je passerais mon tour. Yelle, qui semble très sympa en entrevue, est une version insignifiante des déjà insignifiants TTC et de l'encore plus insignifiant Teki Latex. Une joke quoi.
Au lieu de Yelle, je me suis dirigé à nouveau vers le Club Lambi en espérant capter la dernière demi-heure des barges de Jay Reatard. Trop tard pour Reatard. Le groupe a joué un gros 20 minutes! Déception. Maussade, j'ai opté pour la fin du set de DJ Rupture au Coda. Voilà ce que j'appelle un bon DJ : éclectique, coloré, polyvalent. rien à voir avec les ennuyants Megasoid (Sixtoo et un mec de Wolf Parade) qui officiaient derrière les tables tournantes d'un party dans le Vieux où je me suis laissé entraîner. Le même genre de beat abstract hip-hop/breakbeat pendant une bonne heure. ça devient redondant. Oui, l'équipe a fait capoter les gens sous le viaduc Rosemont l'été passé mais n'importe quels DJ auraient fait pareil. C'est pas la musique qui a vraiment fait tripper le monde, c'est le lieu, le simple fait de se retrouver sous un viaduc. Dans un loft ordinaire du Vieux, leur set de DJ devient. ordinaire.
Voilà, c'est ainsi, sur une note plutôt amère, que s'est terminé mon Pop. Pas de shows dimanche, y'avait rien qui m'intéressait. J'ai préféré allé faire du bruit avec des fous dans un local de répétition.