BloguesPatrick Ouellet

Que Calor!

Après deux tonnantes soirées de rock en salle, le goût de prendre l'air a pris le dessus. Au menu du samedi: Navet Confit au Pigeonnier, croche sur les Plaines pour voir et entendre Twisted Sister, puis retour vers Place d'Youville pour une bonne dose de Calexico et Mariachis Luz De Luna, avec en prime une funambule qui n'a pas froid aux yeux.


Navet Confit
 

Appréciant beaucoup Navet Confit sur disque, on était curieux de voir comment le tout se traduisait sur scène. Et force est d'admettre que le groupe passe le test avec succès. Visiblement détendus, Jean-Philippe Fréchette et ses acolytes ont livré de convaincante façon leur indie-pop-rock aux tendances psychédéliques, faisant preuve d'un effectif mélange de nonchalance et d'entrain. Que le ton soit au rock pesant avec guitares grinçantes ou à la chanson plus douce et planante, la fraîcheur des arrangements, la richesse mélodique et les textes colorés sont autant d'ingrédients conférant à l'ensemble tout ce qu'il faut de cachet.

 
Twisted Sister

Délaissant un Pigeonnier se densifiant en prévision du concert de Pierre Lapointe, on s'est ensuite dirigé vers les Plaines d'Abraham, où étaient attendus, 21 ans après leur dernier passage en ville, l'ineffable Dee Snider et ses compères originaux de Twisted Sister. À l'approche du Manège Militaire, l'on devine qu'un impressionnant bain de foule est à prévoir, et c'est sans grande surprise qu'on lira dans les journaux du lendemain le chiffre de 80 000 spectateurs. Accoutré et maquillé comme à la belle époque, c'est un Snider gonflé à bloc et bien en voix qui a pris les commandes du spectacle, soulevant une foule qui n'en demandait pas moins, se payant aussi au passage la tête des gens tranquillement assis à souper dans la loge-resto côté sud. L'auditoire compact, comblé et des plus hétéroclites a eu droit à l'essentiel des grands succès des rockeurs, n'ayant vraisemblablement rien perdu de leur fougue d'antan. Inutile de dire que We're Not Gonna Take It et I Wanna Rock (en grande finale) auront été les moments forts d'une délirante prestation.


Calexico et Mariachis Luz de Luna
 

Descente en marche olympique vers Place d'Youville afin de ne pas manquer Calexico et leurs amis Mariachis Luz de Luna. Pour la première moitié du spectacle, Calexico s'est essentiellement penché sur les pièces de son dernier album Garden Ruin, versant plus pop rock de l'ensemble, qui malgré plusieurs jolis morceaux ne semble pas faire l'unanimité. C'est avec l'entrée en scène de la troupe de Mariachis que la soirée a véritablement pris son envol, la bande de Ruben Moreno s'avérant encore plus efficace qu'un bon cul sec de téquila en plein soleil du midi mexicain. Malgré quelques troubles de sonorisation, l'amalgame des deux formations atteignant 13 musiciens a soulevé les nombreux festivaliers présents avec son rock tex-mex des plus relevés, déclancheant une supra-fiesta qui aurait aisément pu se poursuivre toute la nuit.

 
Catherine Léger à mi-parcours

Mais il fallait faire place à la funambuliste originaire de Québec, Catherine Léger, qui vers les minuit moins quart a entamé sa traversée de Place d'Youville sur un mince câble tendu entre la porte Saint-Jean et le toit de l'hotel Palace Royal. Sans être un grand fervent d'arts du cirque, il a néanmoins fallu s'avouer incapable de quitter des yeux la jeune femme de 25 ans, qui progressait à une cadence tout de même étonnante, aux airs du Boléro de Ravel, à 35 mètres dans les airs. La petite brise ayant fait danser sa robe en fin de parcours ne fut pas sans amplifier les émotions fortes. Chapeau!