Notre première rencontre avec la musique de Patrick Watson remontait à l'hiver 2004, alors que l'artiste montréalais était de passage au Palais Montcalm dans le cadre de la bourse Rideau. On a avait alors été séduit par ses compositions aventureuses, sa voix bouleversante, son fin jeu de piano et ses musiciens exceptionnels. Proposant des morceaux de son prochain album à paraître en septembre, le pianiste et chanteur a de nouveau fait mouche en ouverture de Gonzales, déballant de poignantes chansons évoquant un piano-bar aux reluisants décors post-rock et jazzés, toujours épaulé par des instrumentistes parfaitement dans le coup (batterie, basse, guitare). S'il est vrai, comme le signalait une collègue, que ses musiques tirent parfois un peu dans tous les sens, Watson parvient à émouvoir, surprendre et ravir, demeurant sans doute un des secrets les mieux gardés de Montréal. Puis vint Gonzales. Vêtu d'un sarrau blanc, l'éminent pianiste a démontré tout son savoir-faire avec tact, humour et un bel esprit de mise en scène, s'amusant autant avec les notes qu'avec le public, aidé notamment d'une caméra fixée au dessus de son clavier, retransmettant en direct ses moindres mouvements de touches. Qu'elles se fassent toutes délicates ou tonnantes à souhaits, les musiques de Gonzales étonnent presque autant que son jeu acrobatique, se révélant complexes mais simples à la fois. Particulièrement savoureux d'entendre ses théories sur les accords mineurs (son affection profonde pour ceux-ci serait venue en réponse à la déformation de la réalité causée par la prépondérance des accords majeurs joyeux!), ses versions tristounettes de Frère Jacques ou Bonne Fête et son truculent medley du rappel, incluant des passages d'Hello (Lionel Ritchie), Maniac (Michael Sembello, B.O. de Flashdance) et l'incontournable Chariots Of Fire de Vangelis. Et quelle jolie surprise de constater que la jeune femme, soi-disant apprenti-pianiste, sélectionnée parmi l'auditoire pour une autre expérimentation (d'où le sarrau blanc) était nul autre que Feist, qui a interprété avec lui au piano une version instrumentale de One Evening, avant de chanter Now At Last. Divin.
Monsieur Ouellet,
on sent dans vos critiques toute votre passion pour la musique, mais faites attention aux bières gratuites de fin de soirée…
au plaisir,