BloguesPatrick Ouellet

Partie de groupe

Le ciel se faisait grisonnant et le brise menaçante, mais dame nature se sera montrée conciliante envers les mélomanes pour cette soirée fort attendue à Place d'Youville, en compagnie de Feist et ses compères de Broken Social Scene.


Feist
 

La chanteuse à la voix de velours a lancé le bal de belle façon, livrant avec émotion et plein abandon ses jolis morceaux folk-rock aux multiples coloris. Charmante, sympathique et francophile, la native de Calgary a présenté l'essentiel de son poignant Let It Die, déployant généreusement son timbre clair et brûlant. Inutile de tenter d'expliquer scientifiquement le phénomène, mais cette voix possède des propriétés curatives et apaisantes inégalables. Rien de tel contre le mal de bloc. En plus des Gatekeeper, Mushaboom, When I Was a Young Girl et autres Secret Heart, elle a servi en rappel un bel avant-goût de ce qui s'en venait, y allant d'une chouette version de Lover's Spit, de Broken Social Scene. Merci, Leslie.

Après une trentaine de minutes d'entracte ayant permis un bon rapprochement vers l'avant, on était prêts à recevoir les apôtres de la scène sociale brisée. Suite à une ravissante et crescendesque introduction à base de cuivres, le collectif torontois s'est rapidement lancé dans le vif du sujet, débutant avec les principales pièces de son plus récent album éponyme, avant d'insérer plusieurs tubes du délectable You Forgot It In People. Si la bande semblait, malgré quelques évidents troubles de moniteurs, livrer une performance endiablée, le son de la basse étouffait la voix et tout les autres instruments à proximité de la scène alors un retrait vers l'arrière s'est vite imposé. Heureusement avec succès, car s'il y a un attrait dans la musique du groupe, c'est bien les nuances et les enchevêtrements mélodiques entre les divers instruments.

 
Broken Social Scene

C'est donc en retrait du côté de la régie qu'on a pu profiter pleinement des Almost Crimes (avec Feist), Seventeen Year Old Girl Anthem (avec une Amy Millan (Stars) assurant merveilleusement la partition vocale originalement d'Emily Haines (Metric)) et de la foudroyante KC Accidental, entre autres.

Un succulent bonus pour terminer la soirée; l'interruption après quelques secondes de l'intenable thème du festival signalant la fin des spectacles -une grande permière en ce qui me concerne!- pour un dernier petit morceau, apparemment toujours en chantier, par un groupe qu'on espère bien revoir en salle bientôt. Brendan Canning parlait en entrevue d'un retour possible à l'automne. On aurait vraiment rien contre.