Halte au Pub St-Alexandre, où étaient à l'affiche le Iwayan Balawan Trio et le bluesman américain Kelly Joe Phelps.
Iwayan Balawan Trio |
Arrivé sur place avec un brin de retard, on est immédiatement quelque peu étonné d'entendre des sons de xylophone s'échapper de la guitare électrique à deux manches du guitariste, chanteur et meneur d'Iwayan Balawan Trio. Aussi maîtrisée soit sa technique de "tapping" (ou pianotage) de manche, on a plutôt l'impression d'assister à un exercice de gymnastique digitale, combiné à une surexploitation de gadgets fraîchement découverts. "Je ne me sens pas vraiment en Indonésie", confie une amie. "Peut-être dans un piano-bar ou un ascenseur de Holiday Inn, rétorquais-je non sans humour. Car si le trio fait preuve d'une grande cohésion et d'un groove enflammé sur certains morceaux, les inteprétations de tubes classiques tels Waiting In Vain de Bob Marley ou What A Wonderful World de Louis Armstrong semblent tirées tout droit d'une compilation de station radio rock détente. Certes impressionnant de voir Iwayan se faire un accompagnement de piano sur un manche et d'enfiler simultanément les solis de guitare sur l'autre. Mais les sons de trompette et de cithare synthétiques font prendre un sérieux coup au cachet.
Kelly Joe Phelps |
Vient ensuite le tour de Kelly Joe Phelps. Seul avec sa guitare acoustique, le bluesman originaire de Portland (Oregon) démontre illico qu'il possède merveilleusement la technique de finger-picking, délivrant ses blues folkés d'une voix chaude et profonde. On tombe aisément sous le charme au cours des premières pièces, mais on en vient vite à trouver le tout un tantinet propret, gentil et redondant; ça manque de boue de bayou, d'âme qui gicle et d'effluves de whiskey. Et surtout, la sensation de réentendre les mêmes chansons se fera pesante dans le dernier tiers des 90 minutes de prestation, néanmoins plutôt impeccable. On en déduit toutefois par le crescendo de conversations en fin de parcours que nous ne fûmes pas les seuls à décrocher. Trop c'est comme pas assez.