Les Goules |
Au deuxième rappel fort mérité de Galaxie 500, on s'est mis en route vers l'Impérial pour s'assurer de ne rien manquer des ineffables Goules et de leur délirant rock fourre-tout. Avec la quantité impressionnante de t-shirts à l'effigie du groupe aperçus au Pigeonnier et dans les rues en cours de descente, puis l'atmosphère électrisante sur la rue St-Joseph en attendant d'entrer, il était clair qu'une soirée hors de l'ordinaire se tramait. Après une heure d'attente, ayant permis d'apprécier quelques bonnes pièces de l'ensemble blue-grass montréalais Notre Dame De Grass, en concert à la Casbah voisine dans le cadre du Off, les Goules ont pris d'assaut les planches devant un auditoire dense et complètement
Grande finale goulesque |
déchainé, entonnant avec entrain les Crabe, Baleine, Vendeur et autres grands succès tels Dynamite. Affublés de leurs déguisements toujours aussi épouvantables, les Goules ont probablement offert une des plus mémorables performances de leur histoire, déjà passablement mouvementée, comptant sur une armada de figurants, une mise en scène complètement déjantée puis un heureux cocktail de talent, d'humour et de folie à l'état pur. Chapeau bien bas, savoureuse gang de fêlés!
André |
Après l'effroyable déflagration goulesque et le profond nettoyage de scène s'étant subséquemment imposé, le groupe spécialisé en pop brune André a fait son entrée. Malheureusement pour lui, la très grande majorité des gens s'était déplacée exclusivement pour voir et entendre les disciples de feu Sir Goulus, désertant la salle dès leur sortie de scène. Mais à bien y penser, ce fut probablement une bonne chose pour les quatre musiciens d'André de ne pas ouvrir pour Les Goules; ils auraient pu souffrir le martyr advenant quelques élans d'impatience et de désapprobation de la part d'une secte goulienne survoltée en mal de sensation fortes. Car si sur disque certaines pièces d'André se montrent intéressantes au niveau des textures et des mélodies, elles se traduisent malencontreusement de manière plutôt flasque sur scène, se faisant bien proprettes, quelque peu répétitives et délivrées sans grand entrain, quoique la réception quasi-inexistante y ait sûrement été pour quelque chose. Peut-être une prochaine fois.
Avec pas d'casque |
On craignait beaucoup pour la prestation d'Avec Pas d'Casque, qui fort heureusement, sera parvenu à remettre de l'ambiance dans la place, malgré l'heure tardive (ou hâtive, c'est selon) et un auditoire maigrichon. Invitant les gens à venir s'asseoir en indien à l'avant, le sympathique duo-fait-trio s'est lancé dans un chouette récital de style feu de camp, livrant chaleureusement et à la bien bonne franquette son ravissant country-folk minimaliste, avec en primes grillons en boîte et projection de diapositives. Se démarquant surtout par ses textes sentis, poignants et colorés, l'ensemble, formé de Stéphane (guitare, voix), Joël (batterie, voix) et d'un multi-instrumentiste discret mais efficace (basse, lap steel, flûte, orgue), a proposé quelques nouvelles pièces et plusieurs titres de son album Trois Chaudières de Sang (charmantes Débouler Ensemble, Trois Poches de Sucre et Aloès, notamment), sans manquer de rendre hommage (en français s'il vous plaît!) à Johnny Cash et au tout récemment disparu Syd Barrett. Ne manquait vraiment qu'un léger feu de bois au centre du parterre et pourquoi pas, un petit ruisseau chantonnant et s'écoulant depuis la scène pour taquiner la truite, peinards. Fichu de beau moment.